« Koh-Lanta » : « Comme une andouille, j’ai donné ma confiance à Claude », regrette Régis, éliminé

INTERVIEW Pour « 20 Minutes », Régis revient sur son parcours dans le jeu de TF1 et sur les messages haineux dont il est la cible

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Régis, candidat de Koh-Lanta, l'île des héros.
Régis, candidat de Koh-Lanta, l'île des héros. — Philippe LEROUX/ALP/TF1
  • Régis, 40 ans, a été éliminé de Koh-Lanta, l’île des héros, aux portes de la finale.
  • « Je suis le seul responsable de mon élimination », analyse-t-il à froid.
  • Visé par des messages haineux d’une partie du public, il affirme parvenir à prendre du recul. En revanche, il est dérangé par « les insultes envers [ses] proches qui, eux, n’ont strictement rien demandé ».

Pas de finale de Koh-Lanta pour Régis. Dans l’épisode diffusé ce vendredi sur TF1 le quadragénaire de l’Yonne a été éliminé par ses acolytes lors de l’ultime conseil avant l’orientation. Mais ces dernières semaines, c’est hélas dans sa vie quotidienne qu’il a traversé la pire épreuve. Une partie du public l’a pris en grippe par rapport à ses choix et attitudes dans le jeu et le lui a fait savoir, notamment à travers les réseaux sociaux. Régis a été la cible de messages haineux, allant jusqu’à des menaces de mort, si bien que la production a dû intervenir et envisager des poursuites judiciaires. 20 Minutes a recueilli ses confidences.

Comment allez-vous ? Ces dernières semaines ont été éprouvantes pour vous…

Cela va très bien, merci. Il faut savoir faire abstraction de tout ça, tout simplement. Cela reste plus dur à vivre pour ma famille que pour moi mais, malheureusement, on n’a pas le choix.

Vous avez fini par vous « habituer », façon de parler, à ces messages haineux ?

En tant que candidat, avec l’image qui est renvoyée au public et l’interprétation que les gens peuvent en faire, il y a des insultes envers ma personne, qui ne me touchent absolument pas. Elles font hélas partie du jeu. Et puis il y a les insultes envers mes proches qui, eux, n’ont strictement rien demandé. Là, on sort du jeu. En admettant que des insultes envers un candidat fassent partie du jeu.

De nombreux autres candidats vous ont témoigné leur soutien…

Oui et c’est tout le paradoxe du truc : les gens ont énormément de haine suite à l’élimination d’untel ou untel alors qu’entre nous, tout se passe très bien. Il n’y a aucune rancœur parmi les candidats de cette saison. On discute beaucoup par WhatsApp ou téléphone, il y a beaucoup de respect et d’amitié. J’ai reçu énormément de soutien de participants de cette année ou d’autres saisons. Il y a une vraie solidarité autour de ça.

Est-ce vrai que vous êtes sous protection des gendarmes, comme certains médias l’ont indiqué ?

Cela a été amplifié. J’expliquais que, suite à mon dépôt de plainte, les gendarmes ont pris la chose très au sérieux. Dans les villages comme celui où je vis, la gendarmerie fait souvent des rondes. Les gendarmes font donc des rondes plus fréquentes, mais je ne suis pas sous protection policière contrairement à ce qu’affirment certains médias.

Est-ce que vous regrettez d’avoir participé à l’émission ?

Ce que je trouve dommage, c’est que cela fait quelques minutes que l’on parle et on ne fait que parler de ça, et pas de l’aventure en elle-même. C’est ça qui me chiffonne un peu. Après, je n’ai aucun regret, je ne fais pas ma vie en fonction de ce que pensent les gens. Ils estiment qu’il y a toujours un gentil et un méchant alors qu’on sait bien que les choses sont plus compliquées que ça. C’est dommage que certains ne prennent pas de recul.

Concernant votre élimination au conseil, vous pensez toujours que Claude vous a trahi ou, avec le recul, vous comprenez sa démarche ?

Sur le moment, je le prends très mal parce que Claude et moi avions l’habitude de parler de stratégie quand il n’y avait plus personne autour de nous. En l’occurrence, la veille du conseil, il m’a réveillé en pleine nuit pour me dire qu’il ne voterait pas contre moi, alors qu’au préalable, il m’avait prévenu qu’il envisageait de voter contre moi. Je l’ai cru. Mais si j’en veux à quelqu’un, c’est surtout à moi. J’ai passé mon temps à me méfier de Claude parce qu’il est stratège et intelligent et, comme une andouille, je lui ai donné ma confiance alors que c’était la chose à ne pas faire. Je ne sais pas pourquoi, la fatigue peut-être, et je suis tombé à pieds joints dedans. Mais je n’en veux qu’à moi. Je suis le seul responsable de mon élimination.

Y a-t-il quelque chose que vous referiez différemment si vous en aviez l’opportunité ?

Je couperais les réseaux sociaux et je ferais changer de nom de famille à mes proches. Eux aussi ont été pris à partie à la suite de la publication de mon patronyme sur Twitter. Je ferais peut-être aussi les choses différemment devant les caméras. Je serais plus nuancé. J’ai fait mon aventure sans me soucier de l’image que je pouvais renvoyer. En sachant que c’est un jeu où il y a des sportifs, des stratèges, des sociables. Je l’ai joué stratégie et hélas, dans Koh-Lanta, c’est un gros mot alors que c’est une partie intégrante du jeu. Sur mon contrat, il y a écrit « jeu d’aventure et de stratégie ». Je l’ai pris au pied de la lettre. Au niveau sportif, je ne pensais pas que je serais autant à la ramasse, mais je l’ai été complètement.

Qu’est-ce que vous retenez de cette aventure ?

Le dépassement de soi. C’est bateau comme réponse, j’en conviens. Mais entre imaginer ne pas manger, dormir à même le sol, survivre à la pluie… et le vivre, c’est complètement différent. Les rencontres humaines, aussi. C’est quelque chose que je n’ai vraiment pas vu venir parce que, au quotidien, je ne suis pas vraiment dans l’affect, mais j’ai découvert de super personnes. Et à un moment, quand on doit choisir entre untel et untel, ça fait du mal. Je me suis laissé déborder par ça. J’ai d’abord pensé avec mon cœur, avec le résultat qu’on connaît, j’aurais dû me méfier de ça.