« La Maison des maternelles » : Dans les coulisses de l’émission déconfinée de France 5

TOURNAGE Ce lundi matin, « 20 Minutes » a assisté au tournage en direct de l'émission de France 5 destinée aux parents 

Fabien Randanne

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Le 18 mai 2020, Agathe Lecaron, Benjamin Muller et Anna Roy sur le plateau de La Maison des maternelles, version déconfinement.
Le 18 mai 2020, Agathe Lecaron, Benjamin Muller et Anna Roy sur le plateau de La Maison des maternelles, version déconfinement. — F. Randanne / 20 Minutes
  • « La Maison des maternelles », émission consacrée à la parentalité, est diffusée sur France 5 du lundi au vendredi dès 9h.
  • Depuis le déconfinement, l’émission a dû s’installer sur un plateau improvisé que « 20 Minutes » a visité lundi.
  • Pour assurer les directs, les équipes – réduites par rapport aux effectifs habituels – doivent composer avec le système D tout en bénéficiant d’un dispositif jusque-là inédit en télé.

La Maison des maternelles a déménagé temporairement. Depuis le 11 mai, l’émission, diffusée de 9h à 10h10 sur France 5, est tournée à Balard (Paris 15e) au cœur des locaux de 2P2L, la société qui la produit.

Impossible pour le moment de retourner sur le plateau partagé avec La Quotidienne, il a fallu recourir au système D. « On est en fin de saison puisque les tournages vont s’arrêter fin mai. On n’avait pas de budget pour refaire un décor, alors on s’est installé dans la cafétéria qui est équipée un peu comme dans l’esprit du programme », glisse le producteur Jérôme Caza en faisant faire le tour du propriétaire à 20 Minutes ce lundi.

« Agathe Lecaron avait une liaison Internet pourrie »

Une table en bois, des chaises colorées, des objets recyclés des précédentes saisons et le décor chaleureux est planté. Pendant tout le confinement, La Maison des maternelles est restée à l’antenne dans une version « dégradée » – comprendre, avec des animateurs et invités intervenant de chez eux par écrans interposés.

« Agathe Lecaron avait une liaison Internet pourrie. Ça la stressait », sourit le producteur. La présentatrice confirme : « Ça fait du bien de revenir ! C’est important pour l’humeur. On a une mission de service public, on s’adresse à des personnes qui, pour certaines, sont très stressées, c’est une bonne chose de pouvoir répondre à leurs questions tout en apportant un peu de légèreté. »

Installé à une distance raisonnable de l’animatrice le chroniqueur Benjamin Muller enchaîne : « En ce moment, on ne tente plus les sujets à la marge, on se recentre sur ce qui interroge les parents et futurs parents ». Au menu de cette émission de lundi, un focus sur la maladie de Kawasaki, un échange avec le Dr Kristell Guével-Delarue, médecin généraliste en PMI (Protection maternelle et infantile) ou encore un reportage sur les aménagements dans les écoles pour assurer le respect des gestes barrières.

« L’émission a aidé les professionnels de santé de terrain »

La sage-femme et chroniqueuse Anna Roy, elle, fait son retour en plateau. Elle est « hyper contente de revenir », d’autant plus qu’elle dit avoir constaté en période de confinement à quel point l’émission a été « un outil précieux ». « La Maison des maternelles a aidé les professionnels de santé de terrain. C’était le seul média parlant des parents et des femmes enceintes. Elles n’avaient plus de préparation à l’accouchement, le site de l’émission était l’un des rares à proposer un contenu gratuit. »

Marie Perarnau, autre chroniqueuse du magazine, intervient, elle, depuis son domicile bruxellois. Idem pour la championne de boxe Estelle Mossely qui a donné naissance il y a une dizaine de jours à son deuxième enfant. Son témoignage sur cet accouchement en plein confinement, est rythmé par les bruits, hors-champ, d’un lave-vaisselle en train d’être vidé. La preuve que les stars du sport non plus n’échappent pas aux tâches ménagères et un élément qui sert de maître mot de l’émission : « l’authenticité », comme le souligne Jérôme Caza.

Les duplex s’enchaînent avec fluidité, si bien qu’il est difficile d’imaginer ce qu’il se passe en coulisses, à savoir

une organisation technique proche du numéro d’équilibriste. En temps normal, il y a une vingtaine de personnes en plateau. Dans ce nouveau contexte, il y en a trois fois moins. Même chose en ce qui concerne les caméras : le dispositif n’en comporte que quatre, contre une quinzaine d’habitude. Le réalisateur se trouve dans un bureau, la régie son dans une autre, le producteur suit le bon déroulé du conducteur depuis son écran installé dans le couloir tandis que Clément, la voix qui communique avec Agathe Lecaron et Benjamin Muller via leurs oreillettes, intervient… de chez lui.

« Les chaînes n’auraient pas osé »

La Maison des Maternelles bénéficie aussi de sa présence dans ses locaux de YouBLive. Cette société de production digitale en direct est soutenue par 2P2L. « On a créé une espèce de régie sur une interface de visioconférence type Zoom. Cela permet de faire du "multifenêtrage" [faire apparaître plusieurs écrans dans un même écran], d’ajouter un habillage, d’intégrer des synthés [des bandeaux informatifs ou des messages de téléspectateurs] », explique son créateur, Florent Peiffer, ex-journaliste d’iTélé qui développe cette technologie depuis trois ans.

A l’origine, ce dispositif était destiné aux réseaux sociaux. Il ajoute : « On n’avait pas trop imaginé le décliner un jour pour la télévision. Les chaînes n’auraient pas osé. » Et puis le confinement et les contraintes induites pour la production audiovisuelle sont passés par là et ont permis à YouBLive de franchir un cap. L’entreprise a d’ailleurs été utilisée pour The Show Must Go Home, l’émission d’Arthur dont plusieurs numéros ont été diffusés sur TF1 ces dernières semaines.

S’il est probable qu’à la rentrée La Maison des maternelles retrouvera sa configuration normale, il restera sans doute quelque chose des adaptations nécessaires aux contextes de confinement et de déconfinement. « Il y aura des leçons à tirer de ça, appuie Jérôme Caza. Parfois, on fait venir certains invités de l’autre bout de la France pour dix minutes en plateau, finalement, on se rend compte qu’il est "acceptable" de les avoir en webcam. Et puis, l’ironie de l’histoire c’est qu’en cette période, on aura été en direct tous les jours. » En temps normal, les équipes assurent des directs les mardis et les jeudis mais elles enregistrent ces jours-là les autres émissions de la semaine… Le déconfinement comme une renaissance pour le magazine consacré aux bébés.