« Top Chef » : « Cette année, beaucoup de candidats avaient la possibilité d'aller très loin », assure Philippe Etchebest

INTERVIEW Le chef bordelais s'est confié à « 20 Minutes » sur la onzième saison de l'émission culinaire de M6

Mickaël Bosredon

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Le 6 décembre 2019, le chef Philippe Etchebest devant la brasserie Le Quatrième Mur, à Bordeaux.
Le 6 décembre 2019, le chef Philippe Etchebest devant la brasserie Le Quatrième Mur, à Bordeaux. —
  • Philippe Etchebest nous livre son gros coup de cœur pour Adrien Cachot, un candidat auquel il s’est très attaché.
  • Confinement oblige, le chef étoilé bordelais a pu regarder pour la première fois l’émission, depuis sa maison en Dordogne avec sa famille.
  • Il n’en reste pas moins extrêmement mobilisé pour sauver les restaurateurs en difficulté face à la crise du Covid-19.

Alors que la onzième saison de l'émission de M6 Top Chef touche à sa fin, 20 Minutes a interrogé le chef Philippe Etchebest, de retour à Bordeaux après plusieurs semaines passées en Dordogne. Il nous livre ses premières impressions sur la saison, dans un contexte de crise qui le mobilise pour sauver les restaurateurs.

Avez-vous été bluffé par certains candidats cette saison ?

Tous les ans on est bluffé par les candidats ! C’est cela qui donne envie de faire ce programme, en plus de partager de bons moments avec mes confrères, Michel (Sarran), Hélène (Darroze) et Paul (Pairet), le dernier venu : c’est de voir comment ces candidats, quand ils sont acculés devant certaines difficultés, arrivent à s’en sortir, parce que c’est ça Top Chef. C’est notre travail de les faire sortir de leur zone de confort, de les faire progresser, et eux de nous étonner dans leurs réalisations.

Certains ne sortent-ils pas du lot quand même, comme Adrien Cachot ?

Adrien, il est énorme, c’est un OVNI… J’ai tellement eu envie de le prendre, parce qu’il est à l’opposé de ce que je suis et ça c’est vraiment intéressant. Il est hyper-calme, très posé, j’adore ce garçon, et il a une façon de penser la cuisine qui est très intéressante, que j’aime beaucoup aussi. Mais on s’attache à tous les candidats, surtout au fur et à mesure que ça avance, dans quelque brigade qu’ils soient même s’il y a ce petit combat entre nous.

Pourtant, est-ce qu’à chaque saison il n’y a pas tout de même trois ou quatre candidats qui se détachent assez vite ?

Oui c’est vrai. C’est arrivé que nous soyons amenés à définir très vite celui qui potentiellement avait les capacités de gagner Top Chef. Mais cette année, cela a été peu plus compliqué je trouve, parce qu’il y avait beaucoup de niveau. Potentiellement il y en avait plusieurs qui avaient la possibilité d’aller très loin. C’était plus homogène, et du coup plus compliqué à déterminer.

Et il y a eu l’arrivée d’un nouveau chef, Paul Pairet, l’intégration s’est-elle bien passée ?

Paul, c’est un bonheur. Nous nous étions rencontrés l’année dernière sur une épreuve de Top Chef qu’il était venue voir, et on a tout de suite accroché. C’est un Catalan, c’est un mec du Sud aussi, il a une culture et un état d’esprit qui me correspondent, notamment rugbystique. J’aime aussi sa façon de faire de la cuisine, qui est très différente de la mienne. Ce sont les différences qui m’intéressent, c’est cela qui permet de se compléter, d’échanger. Si on était tous pareils, on se ferait chier, on est d’accord ? Et puis il a été malin : il est arrivé de manière très modeste, très humble, parfois il s’approchait de nous quand on parlait aux candidats… Bref, il a beaucoup appris au départ, et après il s’y est mis.

Ce qui marque cette saison, cela a aussi été sa diffusion pendant le confinement. Qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Cela a changé des choses puisque même moi j’ai pu regarder Top Chef ! Je ne regarde jamais la télé, et je n’ai pas ce besoin de regarder mes émissions, mais là c’était l’occasion, et on l’a fait en famille, on faisait nos commentaires, c’était rigolo. Je trouve que c’est vraiment bien retranscrit, l’atmosphère globale y est, et pourtant synthétiser en une heure et demie des journées de tournage, c’est compliqué.

Comment avez-vous vécu cette période du confinement ?

Je suis rentré à Bordeaux aujourd’hui, pour trois jours, après je retourne dans ma maison en Dordogne où j’ai passé le confinement, entre autres pour m’occuper de mes animaux. Cela fait douze ans qu’on y va dans cette maison, tous les week-ends, mais là c’était plus prolongé. Le confinement est passé très vite car nos journées étaient remplies, pour essayer d’avancer et de trouver des solutions pour aider les restaurants à pouvoir supporter cette fermeture qui dure. Pour moi, c’est une priorité, j’en fais une affaire personnelle, car il y a une vraie détresse chez les professionnels.

Est-ce que cette crise va impacter le tournage du prochain Top Chef, et vous-même en serez-vous ?

Aujourd’hui, je ne sais pas. Mais je n’y pense pas, je ne pense pas aux tournages télé. J’ai une chaîne YouTube où je fais des recettes de cuisine, je n’ai même plus envie de le faire, j’ai coupé court à tout ça… Je suis concentré, et toute mon énergie, je vais la donner pour me battre, pour repartir dans les meilleures conditions possibles et aider ceux en difficulté. Après, on verra.