« Comme les autres » sur France 2 : Un documentaire « profond et léger » sur le rapport au handicap

TELEVISION France 2 diffuse ce mardi à 21 h 05 un documentaire suivant les interactions, durant un séjour en Corse, entre cinq personnes en situation de handicap et cinq autres qui ne le sont pas

Fabien Randanne

— 

Image extraite du documentaire
Image extraite du documentaire — ADENIUMTV FRANCE
  • Le documentaire Comme les autres, diffusé ce mardi soir sur France 2, porte le nom de l’association créée par le champion paralympique Mickaël Jérémiasz.
  • Les caméras ont suivi un séjour rassemblant des personnes en fauteuil roulant et des personnes non-handicapées comme en organise régulièrement l’association.
  • Frédéric Lopez, parrain de Comme les autres et à l’initiative du documentaire, s’est prêté au jeu. « J’ai été assez estomaqué de voir qu’on pouvait poser toutes les questions sans tabou. J’ai appris beaucoup de choses », affirme-t-il.

Cinq personnes en fauteuil roulant et cinq autres non-handicapées, qui ne se connaissent pas, sont réunies en Corse. Pendant une semaine, elles partagent les activités a priori banales du quotidien, des séances de sport à sensations fortes, témoignent de leurs parcours de vie, de leurs peurs, de leurs espoirs et apprennent les unes des autres. Ce qui ressemble à un concept de téléréalité est en fait le programme proposé par l’association Comme les autres co-fondée par le champion paralympique Mickaël Jérémiasz. Une équipe de France 2 a suivi l’un de ces séjours, en septembre dernier. Le résultat, le documentaire Comme les autres, est diffusé ce mardi, dès 21 h 05.

« Avoir un accident de la vie cela change à jamais la perception que vous avez de vous-même, de votre environnement, de ce que vous allez devoir affronter, décrit Mickaël Jérémiasz. Durant ces séjours, on vit des émotions extrêmement fortes, parfois dures, on a parfois des fous rires. On rigole de choses qui permettent de désacraliser la vision qu’on peut avoir de notre existence. »

« Faire du feel-good aurait été ridicule. Il y a des moments où l’on se marre, d’autres où l’on est ému. On voit dans Comme les autres des accidentés, des gens qu’on ne voit jamais à la télé, mais aussi, j’allais dire, dans nos vies, dans nos villes. On partage leurs tourments mais on raconte aussi les joies, plein de moments extrêmement humains qui font plaisir », abonde Catherine Alvaresse, directrice des documentaires de France Télévisions.

Dans le documentaire, les téléspectateurs découvriront entre autres Maïlys, paraplégique depuis moins d’un an qui a du mal à se faire à l’idée de passer le reste de sa vie sans remarcher, ou la dynamique Katell, en situation de handicap depuis 2017 et au discours débordant d’optimisme.

« On a pu se parler sans tabou, sans se blesser »

« Ce ne sont pas des sujets de films, souligne Mickaël Jérémiasz. La priorité, c’est le séjour qui doit suivre son cours. Mon souci était de protéger les participants. Il y avait des appréhensions. En ce qui concerne le rapport à l’intimité, à la pudeur, on n’est pas tous au même niveau », avance celui qui est un habitué des médias. Si les caméras ont su se faire oublier, le montage n’est jamais en défaveur des protagonistes. « Il n’y a rien qu’ils ne cautionneraient pas », affirme le sportif qui a vu la première version du documentaire.

L’intérêt de Comme les autres réside aussi dans les interactions entre les participants en situation de handicap et ceux qui ne le sont pas et sont invités à remettre en questions leurs préjugés et à affronter leurs appréhensions. C’est le cas de Frédéric Lopez qui, en plus d’être le parrain de l’association, est à l’origine de ce projet de documentaire.

Le journaliste, jusque-là habitué à tout préparer en amont, ignorait comment le séjour allait se dérouler. « J’avais envie d’être comme les autres et de ne pas savoir ce qui allait se passer », glisse-t-il. « J’ai été assez estomaqué de voir qu’on pouvait poser toutes les questions des plus basiques - telles que "Est-ce qu’on doit vous aider dans la rue ?" - aux plus intimes. J’ai appris beaucoup de choses. On a pu se parler sans tabou, sans se blesser. »

Si Frédéric Lopez devait résumer ce documentaire en deux mots, ce serait « léger et profond ». Catherine Alvaresse appuie : « Je suis convaincue qu’il fera changer notre regard sur les autres. Et sur nous-mêmes. »