« Koh-Lanta » : « Je ne peux en vouloir qu’à moi-même », confie Sam, éliminé du jeu

INTERVIEW Le jeune Alsacien de 20 ans revient pour « 20 Minutes » sur son parcours dans le jeu d’aventure de TF1

Fabien Randanne

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Sam, candidat de Koh-Lanta.
Sam, candidat de Koh-Lanta. — Philippe LEROUX/ALP/TF1
  • Sam a été éliminé de Koh-Lanta, l’île des héros, diffusé vendredi soir sur TF1.
  • « J’ai digéré l’élimination rapidement et largement. Ce qui me reste plutôt en travers de la gorge, c’est d’avoir perdu l’épreuve d’immunité », explique Sam à 20 Minutes.
  • « Si j’avais dû refaire quelque chose dans cette aventure, cela aurait été de m’ouvrir plus aux autres et d’êtres plus stratège », ajoute-t-il.

Koh-Lanta, l'île des héros a perdu ce vendredi soir sur TF1 l’un de ses candidats les plus forts. Et la sentence est irrévocable. Les aventurières et aventuriers ont décidé d’éliminer Sam. Le jeune Alsacien de 20 ans – 19 ans lors du tournage – avait pris l’habitude de briller sur les épreuves mais ne cherchait pas vraiment à s’attirer la sympathie de ses acolytes sur le camp. C’est cela qui lui a en partie coûté sa place, comme il l’a raconté, par téléphone, à 20 Minutes.

Plusieurs mois après le tournage, avez-vous digéré cette élimination ou vous reste-t-elle en travers de la gorge ?

Cela a été digéré rapidement et largement. Ce qui me reste plutôt en travers de la gorge, c’est d’avoir perdu l’épreuve d’immunité. Si je l’avais remportée, j’aurais pu continuer l’aventure. Je n’en veux qu’à moi et à personne d’autre. Une fois qu’on a perdu, on ne peut s’en vouloir qu’à soi-même. Et puis les éliminations, c’est normal, c’est le jeu.

Vous dites que vous pensiez pouvoir remporter l’épreuve d’immunité. Pour vous, la victoire de Naoil, qui restait la seule candidate en lice face à vous, est surtout due à votre défaillance sur le moment ?

Exactement, j’étais tellement sûr de gagner parce que j’adore cette épreuve [celle dite « de l’étoile », consistant à rester en équilibre le plus longtemps possible sur un support, bras et jambes écartées], j’aimais la regarder en tant que téléspectateur. Quand j’ai su que c’était celle qui était prévue, je me disais que c’était plié. Je ne voulais pas lâcher parce que ma tête était mise à prix. J’ai eu un moment d’inattention, j’ai glissé et ça m’a coûté ma place. Après, Naoil a été très très forte aussi et a livré une très belle bataille dont je me souviens comme si c’était hier.

Vous avez été rappelé pour participer à cette saison de « Koh-Lanta », alors que vous étiez en lice dans celle dont le tournage a été annulé en 2018. C’est une consolation de vous dire que vous avez quand même eu une deuxième chance de faire cette aventure ?

C’est sûr et certain. Avoir la chance de participer à Koh-Lanta, en plus, à 19 ans, en sortant de l’adolescence, c’est quelque chose d’incroyable. Rien que de mettre les pieds, ne serait-ce qu’un jour, aux îles Fidji, c’est exceptionnel.

Qu’est-ce qui, selon vous, vous a coûté votre place dans l’aventure ?

Il y a beaucoup de choses qui entrent en jeu. Je n’étais pas dans la stratégie. Je pense que l’envie de vouloir gagner un maximum d’épreuves, de ne pas avoir été trop sociable avec les autres et le fait que j’avais envie de protéger les héros, de ne pas les éliminer, ça a beaucoup joué.

Plusieurs aventuriers vous avaient mis en garde en vous conseillant d’être plus sociable. Vous ne les avez pas vraiment écoutés…

Il faut savoir que dans la vie de tous les jours je suis beaucoup plus jovial. Mais à Koh-Lanta, on ne peut pas faire confiance aux autres tant qu’on ne les connaît pas. Certains me disaient d’être plus sociable, mais c’était surtout un prétexte. Parce que même en m’ouvrant, en racontant ma vie, en faisant semblant de m’intéresser aux autres, je ne pense pas que ça aurait changé grand-chose sur l’issue de mon aventure.

Qu’est-ce que vous feriez différemment si vous deviez refaire « Koh-Lanta » ?

Si j’avais dû refaire quelque chose dans cette aventure, cela aurait été de m’ouvrir plus aux autres et d’être plus stratège. Ne pas être fourbe mais savoir dans quel groupe aller. Mais même avec ça, cela aurait été compliqué. J’ai plutôt le profil d’un Teheiura qui prend le mérite en jeu et qui vient pour l’aventure et la survie.

Est-ce que cette aventure vous a fait changer ?

Avant ou après l’aventure, j’ai toujours été le même. Elle ne m’a pas changé. En revanche, elle m’a apporté beaucoup de choses. Elle m’a fait prendre conscience que je suis fait pour ça : découvrir d’autres civilisations, voyager… C’est vraiment quelque chose que j’aime faire. Elle m’a aussi apporté des souvenirs très forts, qui resteront gravés à jamais.

Est-ce qu’en regardant l’émission, vous avez été surpris par certains points de votre comportement, par la pression que vous aviez tendance à vous mettre pour être efficace sur le camp ou dans les épreuves ?

Oui. Je voulais être à la hauteur de la chance qu’on m’avait offert de participer à Koh-Lanta. Je ne voulais pas décevoir, ni moi ni personne d’autre et ne pas gâcher cette opportunité. C’est vrai que je me mets une grosse pression, mais si on ne s’en met pas, je pense qu’on n’arrive pas à gagner ou à vivre pleinement l’aventure et qu’on risque de passer à côté.

Vous avez conscience d’être désormais un candidat emblématique de l’émission au même titre que Claude, Teheiura, Sara et les « héros » de cette saison ?

Je n’irais pas jusque-là. Eux sont des héros qui ont fait pas mal de Koh-Lanta. Il faut les laisser à leur place parce que ce sont les maîtres du jeu. Je n’ai pas de réseaux sociaux, donc je ne vois pas ce qui se passe sur Internet. Mais je pense avoir essayé de devenir l’aventurier-type que j’ai toujours voulu être quand j’étais petit.

Vous êtes quand même très performant sur les épreuves, vous faites preuve d’ingéniosité sur le camp… Ce sont des choses dont les téléspectateurs se souviendront. Vous n’avez pas le sentiment de les avoir marqués ?

Je ne m’en rends pas compte parce que tout ce que je fais dans Koh-Lanta, je trouve ça normal. Essayer de donner le maximum dans les épreuves ou sur le camp, c’est ma vision du jeu. Je pense qu’elle doit être très différente de celles d’autres candidats qui ont fait l’aventure avec moi. Je n’ai pas conscience, d’autant plus avec le confinement​, de qui pourrait bien me suivre, se reconnaître en moi ou du nombre de gens qui apprécient ma personnalité.