« The Voice » : « Je voulais montrer que j’étais née pour chanter », déclare Maria

INTERVIEW Maria Cuche s’est qualifiée pour les primes en direct de « The Voice » après des K.-O. de haute volée. Elle revient pour « 20 Minutes » sur cette étape cruciale et sur son parcours étonnant

Propos recueillis par Clément Rodriguez
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Maria Cuche fait partie de l'équipe de Lara Fabian dans « The Voice »
Maria Cuche fait partie de l'équipe de Lara Fabian dans « The Voice » — Bureau233/ITV/TF1
  • TF1 diffusait ce samedi 18 avril l’étape des K.-O. de l’équipe de Lara Fabian dans The Voice.
  • Maria Cuche fait partie des trois candidates sélectionnées par la coach après une prestation qui a ému l’ensemble du jury.
  • Elle s’est confiée à 20 Minutes sur son ressenti, sa participation à l’Eurovision, et sur la façon dont sa cécité pourrait changer les choses.

Elle sera sur la scène du Palais des Sports de Paris pour les lives de The Voice ( lorsqu’ils pourront avoir lieu). Maria Cuche, l’une des candidates emblématiques de cette neuvième saison, est parvenue à séduire Lara Fabian lors de l’épreuve des K.-O. En interprétant Memory de Barbra Streisand, la chanteuse irlandaise a réalisé son rêve. Elle explique pourquoi à 20 Minutes et se confie sur son aventure et le lien particulier qu’elle partage avec sa coach.

Lors des battles, Lara Fabian vous a choisie à la dernière minute. Rebelote pour les K.-O. Votre coach ne vous ménage pas !

À chaque prestation, j’essaye de faire de mon mieux car je me dis que ça va être la dernière fois. Lors des battles, quand Lara a annoncé qu’elle choisissait Cheyenne, j’étais inondée par le chagrin, je me suis demandé comment j’allais l’annoncer à mes enfants. Et quand elle a demandé à changer les règles, c’est comme si je revivais. Pour les K.-O., c’était très difficile. Il était plus de minuit quand je suis passée. Je n’avais rien à perdre et je voulais montrer que j’étais née pour chanter. Mon rêve de petite fille s’est réalisé, celui de chanter Barbra Streisand.

Comment vous sentiez-vous à ce moment-là ?

Je suis rentrée comme dans une arène de gladiateurs. À la fin, il n’y a pas eu de buzz, je me suis dit que c’était fini. Mais j’ai levé mes deux bras vers les cieux et j’ai dit “Merci mon Dieu”. J’ai senti que je n’aurais pas pu faire mieux, je me suis donnée à fond. Au moment où Lara a dit qu’elle choisissait la diva, c’était fou. J’avais senti que le public était dans le creux de mes mains, j’étais en osmose avec lui, comme si je brûlais de toute cette énergie autour de moi. Lara aussi avait senti cela, et c’était magique.

Vous dites que Lara est comme votre ange gardien. Pourquoi cette comparaison ?

Quand j’avais 8 ans, ma sœur est morte dans les bras de ma maman devant moi. J’ai été envoyée dans un institut pour aveugles, et j’ai décidé de prendre ma vie en main alors que je n’avais que 10 ans. Si je restais là-bas, je devenais opératrice téléphonique. Mais dans ma tête, je n’étais pas non-voyante. J’ai décidé de fuguer, j’ai traversé l’Irlande toute seule et j’étais convaincue que j’avais un petit ange gardien avec moi, que j’étais guidée par une lumière qui m’a aidée à rentrer saine et sauve chez moi. Quand j’ai pris Lara Fabian dans mes bras après les auditions à l’aveugle, c’était comme si je la connaissais, comme si c’était ma sœur. Il y a quelque chose de très fort qui nous lie.

Vous avez représenté l’Irlande au concours de l’Eurovision en 1985. Y a-t-il des similarités avec une aventure telle que The Voice ?

Pour les K.-O., j’avais le même sentiment que lors de l’Eurovision, j’avais le même trac. C’est quand même un concours, on ne sait jamais qui va gagner, et c’est pour cela qu’il faut faire la meilleure prestation possible, comme si c’était la dernière fois. Et puis j’ai choisi moi-même ma robe avec mes filles parce que je voulais un peu le même style. À l’époque, je n’avais pas de paillettes mais c’étaient les mêmes formes.

Est-ce que vous pensez que votre cécité change des choses à votre aventure ?

Pendant les répétitions, Lara m’a expliqué où se trouvaient les coachs. Elle m’a dit “Tu regardes toujours Pascal, alors essaye de regarder vers midi moins dix pour me regarder”. Tout ça, c’est dans ma tête, c’est sûr que c’est un travail supplémentaire. Je dois toucher, visualiser, mémoriser, mais j’ai ce sixième sens. Finalement, est-ce que c’est un avantage par rapport aux autres candidats ? Je me connecte facilement avec le public, avec l’énergie qu’il y a autour de moi.

Les directs ont dû être reportés à cause du coronavirus. N’est-ce pas trop dur de patienter ?

C’est difficile parce qu’on a hâte de faire les lives. Le plus important pour le moment, c’est que tout le monde reste en bonne santé, qu’on garde la motivation et qu’on soit prêt. On ne sait pas quand ce sera, alors le plus important c’est de rester motivé. Quand ce sera le moment, on fera un show spectaculaire.