«Pékin Express»: «On aurait joué pour 0 euro ou pour 100.000 euros de la même manière», affirment Julie et Denis

INTERVIEW Le couple de restaurateurs corses, Denis et Julie, réagissent à leur victoire en finale de « Pékin Express, retour sur la route mythique » diffusée ce mardi sur M6

Fabien Randanne

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Julie et Denis ont remporté la saison spéciale Pékin Express, retour sur la route mythique.
Julie et Denis ont remporté la saison spéciale Pékin Express, retour sur la route mythique. — Patrick Robert / M6
  • Denis et Julie ont remporté la saison spéciale « Pékin Express, retour sur la route mythique » dont la finale a été diffusée mardi sur M6.
  • Le couple corse s’est imposé face aux sœurs lilloises Pauline et Aurélie et a remporté 100.000 euros.
  • Julie et Denis reviennent sur leur victoire auprès de « 20 Minutes » et s’expriment sur l’impact des mesures de confinements sur leur activité de restaurateurs.

Julie et Denis ont failli passer à côté des 100.000 euros. Mais le couple de restaurateurs corses s'est finalement imposé en finale de Pékin Express, retour sur la route mythique, diffusée ce mardi sur M6. Ils ont littéralement siphonné la cagnotte de leurs adversaires, Pauline et Aurélie. Les deux soeurs lilloises, même si elles concouraient pour la beauté du geste (soit zéro euro), se sont lancées dans l'ultime épreuve avec la niaque. Or, malgré une très confortable avance, elles ont été rattrapées et contraintes de s'incliner. Julie et Denis ont ainsi pris leur revanche sur leur première participation, en saison 9, en 2013. A l'époque, le duo avait dû se contenter de la deuxième place. Pour 20 Minutes, ils reviennent sur cette finale très disputée.

On peut dire que vous avez eu chaud...

Julie: Oui, comme pour toute cette aventure. C'est à l'image de ce que l'on a vécu pendant ce Pékin Express. Cela n'a pas été facile, on a dû aller chercher dans nos retranchements, on a vécu plein de choses compliquées: des chauffeurs qui se trompent de route, la police qui intervient... On a accumulé les galères et ça nous a forgés pour aller remporter ce Pékin Express.

Vous jouiez pour 100.000 euros. Vous avez été paralysés par l'enjeu ?

Denis:  Honnêtement, bien sûr, on ne va pas cracher dessus, mais peu nous importait la somme. On aurait joué pour 0 euro ou pour 100.000 euros de la même manière. On n'y a pas pensé du tout. On a été surpris d'autant performer dans la première phase de la finale et de prendre la totalité de la cagnotte de Pauline et Aurélie. Quand on est partis pour le sprint final, on s'est dit: «Maintenant, y a plus qu'à...», mais l'argent, ça passe après. Pékin Express est une aventure qui prend tellement aux tripes. On a un objectif, c'est d'aller allumer le flambeau. Ce qui en découle après, c'est secondaire. Julie et moi étions dans une optique de revanche aussi, d'autant plus dans un all stars où l'on affrontait quelques uns des binômes les plus aguerris. On se mettait un peu plus la pression et on devait suivre le niveau nous aussi.

Pauline et Aurélie étaient en avance sur vous...

Julie : On a eu une altercation avec un chauffeur qui voulait nous empêchait de reprendre des voitures, donc on a perdu du temps. Mais on a pu rattraper les filles. C'est révélateur de Pékin Express : rien n'est acquis et rien n'est jamais gagné d'avance. Combien de fois on a pensé être premiers alors qu'on était derniers... ou l'inverse. Tout reste en jeu tout le temps, il faut y croire jusqu'au bout. Cette-fois ci, la chance nous a souri, on a eu le petit coup de pouce du destin. Les galères que Pauline et Aurélie ont subi lors de la finale, nous, on les a essuyées tout au long de l'aventure. Peut être qu'on arrivait plus forts mentalement... 

Vous avez pris votre revanche sur votre première participation. Vous seriez prêts à participer à un futur «Pékin Express» ou vous vous dites que la boucle est bouclée ?

Denis: Lorsqu'on fait Pékin Express une fois, on peut le refaire vingt fois. On avait la rage d'arriver au bout mais, même si on a concrétisé la victoire, si on nous appelle demain, on repart demain.

Julie: On est accro à cette adrénaline, à ce que ça apporte en termes d'aventure, de voyage, de rencontres. Quand on y goûte, on n'a pas envie que ça s'arrête.

Denis : On ne veut pas à tout prix à faire des émissions de télé. La porte est ouverte, on a d'autres propositions, on va sélectionner, on ne sortira pas de ce qu'on sait et de ce qu'on aime faire. 

Ces propositions sont dans quels domaines ?

Denis: Dans des domaines divers. On laisse les portes ouvertes parce qu'on est toujours agréablement surpris d'attirer l'intérêt de certaines personnes. Mais tout ne nous correspond pas. On ne fera pas l'impasse sur ce qu'on désire et ce qu'on est. Je ne pourrais pas faire certaines émissions, les téléspectateurs voient très bien comment on est. On est basés sur l'aventure, la découverte, le dépassement de soi. Il faudrait donc que ces programmes remplissent ces critères. 

Vous êtes restaurateurs. Comment vivez-vous la fermeture de votre restaurant imposée pour le confinement ?

Denis: C'est assez compliqué. On n'est pas un cas isolé. La Corse vit beaucoup du tourisme. C'est donc une catastrophe pour notre région, pour notre île, pour notre économie. En tant qu'entrepreneurs, on est obligés de prendre des décisions. On croise les doigts pour pouvoir tenir le cap. On est comme tous les Français, on est inquiets de l'avenir. Il y aura un avant et un après. A l'issue du confinement, on est censés avoir une saison qui sera, je pense, à l'image de l'économie actuelle : morose. On se pose des questions, c'est anxiogène.

Julie: On est inquiets aussi parce qu'on est tous les deux dans le même bateau. Il n'y en a pas un qui exerce une autre activité permettant de compenser. Aujourd'hui, on pâtit tous les deux de la situation. Le restaurant est fermé depuis le 14 mars, on est confinés chez nous avec notre fille. Nos employés sont au chômage. On se pose beaucoup de questions sur l'avenir. Il y a l'impact économique propre sur la situation, c'est à dire sur les jours de fermeture: ce qui est perdu, on ne le rattrapera jamais. Et puis, particulièrement pour nous en Corse, il y a l'impact sur le moyen terme, la saison estivale. 

Denis: Même si on est ouverts à l'année, l'activité estivale est une chose sur laquelle on tient. C'est sûr que ça remet les cartes en jeu. On est obligés de prendre des décisions et de réfléchir autrement. Je me répète, il y aura un avant et un après, il faudra improviser.