Coronavirus : Comment TF1 et LCI adaptent leur antenne pour couvrir l’épidémie

DISPOSITIF « On est sorti du temps de la sidération, maintenant il faut accompagner, expliquer… », note Pascale de La Tour du Pin, présentatrice de La Matinale de LCI

Benjamin Chapon
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Pascale de La Tour du Pin présente La Matinale sur LCI
Pascale de La Tour du Pin présente La Matinale sur LCI — C.Chevalin/LCI

TF1 et LCI adaptent leurs grilles de programmes d’information pour suivre au mieux l’actualité liée au coronavirus, au confinement et ses nombreuses conséquences. La première chaîne a ainsi décidé, depuis une semaine, de programmer Sept à huit, programme dominical d’Harry Roselmack, chaque soir, avant le 20 heures, lui-même souvent rallongé de plusieurs minutes en fonction de l’actualité.

« Eviter d’être anxiogènes »

Ce dispositif se justifie, pour Pascale de La Tour du Pin, présentatrice de La Matinale de LCI, par une nouvelle phase de l’actualité : « On est sorti du temps de la sidération, maintenant il faut accompagner, expliquer… Informer en somme. » Harry Roselmack est sur la même ligne. « Nous avons besoin, en ce moment surtout, d’avoir un lien concret, humain, à l’épidémie, nous avons besoin de savoir comment les gens vivent cette période. »

Si sa Matinale n’ira finalement pas sur TF1, après avis du CSA, Pascale de La Tour du Pin l’a adaptée au contexte : « On veut éviter d’être anxiogènes mais sans rien cacher non plus. Je pense que les téléspectateurs peuvent tout entendre si les informations, même les plus dures, sont données avec un contexte, une explication. »

« Il y a des millions d’histoires à raconter »

Du côté de Sept à huit en quotidienne, il s’agit de suivre des personnes confrontées, d’une manière ou d’une autre à l’épidémie : personnels soignants, travailleurs en péril, confinés en détresse… Mais aussi des portraits positifs, des initiatives inédites. « Notre rôle est de faire un pas de côté, explique Harry Roselmack. Avec notre savoir-faire, éprouvé, nous allons suivre les héros de cette épidémie : tous les Français. Nous faisons des portraits, nous racontons des tranches de vie pendant l’épidémie et le confinement. Il y a des gens que l’on suivra plusieurs jours, plusieurs semaines. »

Avec la société de production Elephant et Cie d’Emmanuel Chain, Harry Roselmack se prépare à un travail au long cours : « C’est un dispositif exceptionnel mais nous sommes prêts à le tenir autant de temps qu’il le faudra. Tout le monde est touché, toutes les catégories de la population, toutes les professions… Il y a des millions d’histoires à raconter. »

« Digérer les informations qui nous tombent dessus »

Du côté de LCI aussi, les habitudes travail ont été bouleversées et adaptées pour du moyen terme. « On vit un moment très fort pour notre profession, explique Pascale de La Tour du Pin. Alors, oui, bien sûr, c’est compliqué sur le plan matériel, il faut prendre des précautions, l’organisation est inédite, mais notre mission n’a jamais été aussi primordiale. »

Au-delà de la tour TF1 « presque vide » et des dispositifs de distanciation à l’œuvre sur le plateau, la journaliste de LCI adapte le ton de sa Matinale aux circonstances. « Pour des raisons pratiques et parce que cela permet de rassurer un peu les téléspectateurs, nous misons sur des têtes connues de LCI et TF1. Nous avons aussi des experts qui viennent régulièrement. Je veux à tout prix éviter les dérapages en plateau, je veux contrôler mon antenne. J’y suis très attentive en temps normal et d’autant plus aujourd’hui. Il ne faut surtout pas ajouter des fake news ou des polémiques inutiles en ce moment. Il faut de la sérénité pour pouvoir digérer les informations qui nous tombent dessus. »