Coronavirus : 75 % du temps d’antenne sur les chaînes info occupé par l'épidémie

MEDIAS L'Institut national de l'audiovisuel a publié ce mercredi le résultat d'une étude sur le traitement médiatique du Covid-19 à la télévision française

F.R.

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A Hong Kong, le 19 mars 2020, une caméra filme une personne qui porte un masque de protection.
A Hong Kong, le 19 mars 2020, une caméra filme une personne qui porte un masque de protection. — ANTHONY WALLACE / AFP

Le coronavirus Covid-19 est d’ores et déjà entré dans les annales de la télévision française. C’est ce qui ressort de l'étude publiée ce mercredi par l'Institut national de l'audiovisuel (INA)​ qui s’est penché sur le traitement médiatique du sujet. Plus de 8.000 heures de programmes sur les chaînes d’information en continu (BFMTV, CNews, France Info, LCI) et 400 heures de programmes sur les chaînes dites « historiques » (les 20 heures de TF1 et France 2, les journaux du soir de France 3 et M6 et l’émission C dans l’air sur France 5) ont été passées au crible.

Le constat est impressionnant : du 16 au 22 mars, sur les chaînes d’info, près des trois quarts (74.9 %) du temps d’antenne a été consacré à des sujets liés au coronavirus, soit une moyenne de 13 heures et 30 minutes par jour et par chaîne.

Les municipales n’ont pas fait le poids

C’est ce que l’on appelle un « blast », souligne l’INA : un événement d’une ampleur telle qu’il en éclipse tous les autres. Le dernier en date remonte au décès de Jacques Chirac, le 26 septembre 2019, informe l’étude. 80 % du temps d’antenne avait été dédié à la couverture du décès de l’ex-chef d’Etat, mais cela n’avait duré que le temps d’une grosse demi-journée. Même le premier tour des municipales n’a pas fait le poids le dimanche 15 mars, jour du scrutin, le coronavirus représentait en moyenne 69 % du temps d’antenne des autres chaînes d’info en continu.

L’étude de l’INA confirme par ailleurs la loi du « mort kilométrique », liant médiatisation des victimes d’un événement et proximité géographique. Un pic de médiatisation a ainsi été enregistré entre le 20 et le 30 janvier, avec un point culminant le samedi 24, le lendemain de la confirmation de la ministre de la Santé Agnès Buzyn de deux cas de coronavirus en France. Le deuxième pic a commencé le 24 février, soit deux jours avant l’annonce du premier mort français des suites du Covid-19, et se poursuit encore aujourd’hui.