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FEEL-GOOD« The Circle France », la téléréalité de Netflix fait du confinement un jeu

« The Circle » : La version française de la téléréalité de Netflix qui fait du confinement un jeu est en ligne

FEEL-GOODOccuper son confinement en regardant des confinés… C’est ce que nous propose Netflix avec les versions américaine, brésilienne et française d’un concept britannique
Monique et Jo, candidates de The Circle France, où elles se font passer pour un certain Nicolas.
Monique et Jo, candidates de The Circle France, où elles se font passer pour un certain Nicolas. - Netflix
Fabien Randanne

Fabien Randanne

L'essentiel

  • «The Circle » est une émission de téléréalité créée au Royaume-Uni. Netflix a adapté le concept avec des déclinaisons américaine, brésilienne et française.
  • Dans cette émission, des candidats vivent seuls, dans des appartements séparés, et ne peuvent communiquer que par écrans interposés.
  • Etonnamment le résultat est bien plus divertissant qu’on pourrait le penser sur le papier. Il a même quelque chose de réconfortant en période de confinement.

EDIT : Cet article publié en mars a été mis en jour à l’occasion du lancement de la saison française du programme.

« Monde de virtualité, nous voilà réduits à n’exister, à ne nous parler, à n’interagir qu’à travers des écrans », écrivait Leïla Slimani dans la première chronique de son journal du confinement publiée le mois dernier sur le site du Monde. Si le texte a été dézingué par une foule d'internautes le jugeant indécent, cette phrase de l’autrice de Chanson douce n’en est pas moins pertinente. Françaises et Français sont enjoints à rester chez eux et à limiter au strict nécessaire les interactions sociales en face-à-face. La population se reporte donc logiquement sur le téléphone, les messageries instantanées et autres Skype pour communiquer avec le monde extérieur.



Une situation prophétisée – on n’est pas à une hyperbole près – par The Circle, une émission de téléréalité britannique lancée en 2018 sur Channel 4 et désormais déclinée sur Netflix. La plateforme a mis en ligne les épisodes de la version américaine en janvier, ceux de la version brésilienne en mars et, depuis ce jeudi, c’est la première saison française qui est disponible.

Le concept ? Des candidats se retrouvent dans le même immeuble mais vivent, seuls, dans des appartements séparés sans jamais se rencontrer les uns les autres. Leur seul moyen de communiquer est une espèce de réseau social – des écrans sont installés dans toutes les pièces pour pouvoir s’y connecter en permanence – nommé The Circle.

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« Influenceurs » et « bloqués »

Chaque participant a le choix de se présenter sous son identité réelle ou de s’inventer un faux profil. Leurs journées sont rythmées par des défis lancés par la production ou par des discussions via chat, en groupe plus ou moins restreints. Régulièrement, il leur est demandé de s’évaluer les uns les autres. Les deux candidats les plus populaires sont élus « influenceurs » et ont le pouvoir de désigner celui qui sera éliminé de l’aventure. L’habitant qui a été « bloqué » doit faire ses valiser mais, avant de claquer la porte peut, cette fois-ci rendre visite de visu au concurrent de son choix. En finale, le participant le plus populaire, désigné par ses pairs, remporte une coquette somme d’argent.

Résumé ainsi, le concept a l’air d’une froideur absolue et doit vous donner envie de commenter l’article en disant que « ça, y est, George Orwell avait raison, c’est 1984 en vrai ». Cela peut se comprendre mais, lorsque l’on jette un œil aux épisodes en question, le jeu s’avère particulièrement amusant et étonnamment captivant. En cette période de confinement, impossible de ne pas s’identifier encore davantage aux différents protagonistes, cloîtrés dans des appartements décorés avec un sens de l’esthétique plus ou moins tapageur.

Alors que les téléréalités d’enfermement nous avaient habitués à des Lofteurs ou des habitants de Maison des secrets plombés par l’ennui au bout d’une semaine, The Circle offre une vision bien plus réconfortante. Les vingtenaires et trentenaires confinés volontaires semblent ne montrer aucune peine à affronter la vie en solitaire. On les voit lire, écrire, dessiner, jouer aux mikados en solo mais aussi faire du sport ou la cuisine… Et lorsqu’un message d’alerte surgit sur leur écran pour leur signifier une information importante ou le début d’un jeu, certains en viennent à déplorer n’avoir plus un instant de répit. Et ça, pour un Français ou une Française qui ne peut sortir de son appartement et n’a pas à se soucier d’autre chose, c’est drôlement inspirant.

Emojis et hashtags

On irait presque jusqu’à écrire (on y va, même, puisqu’on l’écrit) qu’à chaque épisode, on a l’impression de retrouver des potes. Les candidats sont attachants et jamais « hors sol », contrairement à certains « Anges » de NRJ 12 ou autres « Ch’tis » et « Marseillais » de W9. Si la plupart correspondent à des stéréotypes de la téléréalité – le beau gosse musclé, la grande gueule un peu beauf, la bonne copine, le gay à la langue bien pendue… –, ils ne restent pas piégés sous ces étiquettes très longtemps. Ils révèlent très vite les différentes nuances de leur personnalité. D’ailleurs, il y a fort à parier que le participant du The Circle américain que vous pensez détester au premier épisode deviendra votre préféré. Et puis, certains ne se présentant pas sous leur réelle identité – il est possible d’incarner une personne du genre, de la couleur et de l’orientation sexuelle de son choix – le propos sur les apparences trompeuses prend encore une autre dimension.

Chris, candidat de la version américaine de The Circle, en pleine discussion avec Joey par écrans interposés.
Chris, candidat de la version américaine de The Circle, en pleine discussion avec Joey par écrans interposés. - Netflix

Ce divertissement représente certes une expérience sociologique limitée mais elle permet d’observer, voir de se reconnaître, dans certains comportements. Quelle photo mettre sur son profil ? Pour quel effet recherché ? Comment se faire apprécier du plus grand nombre ? Quelle tournure de phrase employer pour arriver à ses fins dans un chat ? Comment ne pas être démasquée lorsque l’on usurpe l’identité d’un tiers ? On note aussi des particularités selon les pays : les Américains inondent leurs messages d’émojis quand les Brésiliens emploient les hashtags avec zèle et que les Français s’investissent dans les « likes ». Et des traits communs : les origines géographiques sont pour beaucoup un signe de ralliement et un moteur à former une alliance.

A la fin de la saison, les quatre habitants encore en lice finissent par se rencontrer en chair et en os autour d’une table. Puis l’intégralité du casting se retrouve lors d’une émission en plateau pour l’annonce du résultat. Ce retour à la « réalité » offre à nous, les confinés, une perspective réconfortante : la situation ne va pas durer éternellement et on finira tous par se retrouver et faire la fête ensemble. Oui, même avec ceux qu’on a bloqués et on en sera heureux.

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