Municipales 2020 : « On ne peut pas rester uniquement sur les tempéraments et les personnalités », explique Pujadas

INTERVIEW David Pujadas anime le premier grand débat entre les principaux candidats à la mairie de Paris sur LCI

Propos recueillis par Benjamin Chapon

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Davud Pujadas
Davud Pujadas — C.Chevalin/LCI

C’est l’heure de  la grande explication. Désolé pour les autres villes, mais l’élection municipale à Paris attire tous les regards. « C’est peut-être injuste mais c’est comme ça », estime mi-fataliste mi-excité David Pujadas qui anime mercredi soir sur LCI le grand débat entre les sept principaux candidats. Enfin, surtout des candidates : Anne Hidalgo, Agnes Buzyn, Rachida Dati et Danièle Simonnet mais aussi David Belliard, Cédric Villani et Serge Federbusch.

Chacune et chacun aura droit à 5 minutes d’entretien avec David Pujadas avant que ne soit lancé le débat. Par ailleurs, un journaliste de 20 Minutes, partenaire de LCI pour les municipales 2020, sera également présent en plateau pour poser les questions d’internautes. David Pujadas revient sur la préparation de ce débat.

Après des débats à Lyon, Bordeaux ou Rouen, LCI organise le débat des candidats parisiens. C’est la cerise sur le gâteau ?

C’est certain que cette élection-là est au centre des regards, parce que c’est Paris, parce qu’il y a des personnalités nationales parmi les candidats. C’est peut-être injuste pour les autres villes mais c’est comme ça. On sent beaucoup d’attente, liée à la personnalité d’Anne Hidalgo, au retour de la droite, au déchirement de LREM…

Allez-vous aborder des problématiques ou polémiques nationales ?

A priori, je ne reviendrai pas sur l’affaire Griveaux… Les spéculations politiciennes et les commentaires de sondage seront aussi mis à l’écart. L’objectif est d’établir la clarté des visions et des programmes. On ne peut pas rester uniquement sur les tempéraments et les personnalités, même si ça compte.

Surtout dans un débat à sept. Il y aura forcément la tendance de la phrase qui fait mouche chez les candidats.

Bien sûr, et je laisserai à chacun la liberté d’interpeller les autres débatteurs. Mais les programmes et projets de ces candidats sont assez différents pour qu’on aille au-delà des querelles de personnes. Nous aborderons quatre ou cinq grands sujets pour qu’ils puissent aborder ces différences.

Comment avez-vous préparé ce débat ? Vous avez potassé les chiffres ?

Oui, bien sûr, mais surtout la philosophie des programmes. Il y a deux, ou trois, grandes familles de candidats. Ceux qui veulent gérer au mieux ce qui existe et ceux qui pensent la transformation, et ceux qui veulent revenir en arrière… Pour ce qui est des chiffres, nous avons une cellule de fact-checking. C’est devenu la norme… Les approximations et erreurs seront corrigées en direct. Ça prend deux ou trois minutes mais c’est important. Assurer que l’on donne la donnée exacte, ça crée du lien avec le téléspectateur. Et puis à force, ça a un effet dissuasif sur les débatteurs qui seraient tentés de travestir la réalité. Ils savent que la patrouille rôde…

LCI est très attendue, c’est un joli coup pour LCI d’avoir obtenu ce débat. Stressé ?

Ce débat est une grosse marque de crédibilité pour la chaîne, ça place LCI au cœur du jeu de l’info. Sans parler de stress, il y a une excitation. Le débat va marquer le vrai coup d’envoi de la campagne pour de nombreux électeurs. L’enjeu de ce premier débat, c’est de faire la clarté pour les électeurs qui ne se sont pas décidés.

L’histoire de la télé est remplie de moments cultes lors de débats politiques. Vous espérez que ça arrive mercredi soir ?

C’est l’attrait de ce genre de soirée… La surprise, la personnalité qui se révèle, la punchline qui fait mouche, ça fait partie de l’attente autour de ces débats. Quand ça arrive, on le sent en direct, mais il faut savoir rester concentré. On n’est pas à un match de Coupe de France, on ne peut pas saluer les belles actions !