« Koh Lanta » : « Ma place, je ne l’ai volée à personne », se défend Ahmad

INTERVIEW Ahmad, chef d’entreprise originaire de Lyon est l’un des 14 candidats de la 21e saison de l’émission, dont la diffusion reprend ce vendredi sur TF1

Propos recueillis par Nada Didouh

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Ahmad, candidat de Koh-Lanta 2020 sur TF1
Ahmad, candidat de Koh-Lanta 2020 sur TF1 — Philippe LEROUX/ALP/TF1
  • Originaire de Lyon, Ahmad est l’un des 14 candidats qui participent à la 21e saison de « Koh-Lanta », dont le deuxième épisode est diffusé ce vendredi soir sur TF1.
  • L’aventurier avait marqué les esprits pour ses difficultés en natation.
  • Il a réussi à ne pas se faire éliminer par son équipe après la défaite.

Ce vendredi soir le deuxième épisode de Koh-Lanta sur TF1 est très attendu, il faut dire que le premier est déjà culte et n’est pas près d’être oublié. Entre Inès dont le maillot de bain jugé trop petit a entraîné des centaines de réactions sexistes, Joseph, le premier candidat à se faire éliminer qui dans un coup de sang a éteint le feu de son équipe et Ahmad, qui, confronté à ses difficultés en mer, a condamné son équipe à la défaite… La suite ne peut que réserver des surprises.

Ahmad, trentenaire, originaire Lyon et chef d’entreprise, est revenu pour 20 Minutes sur son expérience Koh-Lanta.

Comment vous est venue l’idée de participer à Koh-Lanta ?

C’était mon rêve quand j’étais petit. Je regarde l’émission depuis que je suis jeune et j’ai toujours voulu y participer donc j’ai postulé plusieurs fois. Cette année a été la bonne, c’est un rêve de gosse qui se réalise !

Dans le premier épisode, on vous a vu paniquer dans l’eau. Comment appréhendiez-vous les épreuves en mer avant le début de l’aventure ?

J’ai toujours eu des lacunes dans l’eau, des difficultés. C’est lié à un traumatisme : quand j’étais petit j’ai failli me noyer. Depuis, j’ai évidemment remis les pieds dans l’eau mais à chaque fois j’avais pied ou alors il y avait un bord pas très loin auquel je pouvais me raccrocher.

Je n’avais pas du tout anticipé le fait que j’allais paniquer à ce point-là en mer. Il faut savoir que ça n’a absolument rien à voir avec la natation en piscine et ça, je ne le savais pas parce que je n’ai jamais vraiment été confronté à la mer. D’autant plus que pendant l’épreuve, elle était très agitée et le courant était fort. Mais je pense que personne n’avait anticipé que ça allait se passer comme ça.

Pourtant vous aviez passé des tests de nage pendant la sélection…

Oui. Koh-Lanta c’est extrêmement sélectif. Ils prennent une vingtaine de candidats (14 cette année) parmi 30.000 postulants. Moi, ma place je ne l’ai volée à personne. J’ai fait des tests comme tout le monde, des tests de piscine, d’apnée, et j’ai réussi. Je n’ai sûrement pas eu des bonnes notes mais rien d’éliminatoire, sinon la production ne m’aurait pas pris. Si je suis là c’est qu’ils m’ont jugé suffisamment compétent, ou en tout cas que le minimum était là.

Après entre la théorie -f aire des tests en piscine – et la réalité – arriver et se lancer dans un océan agité, avec des vagues énormes… J’ai tout simplement paniqué. Ce n’est pas forcément rationnel, on est très bien encadrés : je voyais les plongeurs à moins de 15 mètres qui étaient prêts à intervenir. C’est moi tout seul qui ai eu peur.

Mais j’ai essayé, je suis allé au bout de ce que je voulais faire : dans l’émission on me voit courir, je suis arrivé le premier dans l’eau ! Et surtout, quand Denis explique l’épreuve, on me voit regarder la mer. Donc je commence déjà à appréhender un petit peu, je vois qu’elle est agitée, j’avais peur avant même d’y aller. J’y suis allé quand même, j’ai essayé, mais j’ai failli. C’était au-delà de mes capacités.

Certains vous ont critiqué et d’autres comme Denis Brogniart vous soutiennent. Qu’est ce que vous voudriez répondre aux uns et aux autres ?

J’ai reçu énormément de critiques sur les réseaux sociaux. Et bien évidemment je les ai lues. Je comprends certaines réactions et je me mets à la place des personnes qui regardent l’émission. Je peux comprendre la frustration de certains, notamment de ceux qui ratent le casting, de voir quelqu’un qui galère dans l’eau être pris. Maintenant, ils ne savent pas tout.

J’ai eu aussi beaucoup de soutien, notamment de Denis Brogniart que je remercie. D’autres personnes se sont concentrées sur le positif, elles m’ont dit « C’est bien, t’es allé jusqu’au bout de ce que tu pouvais faire. T’as tenté, c’est pas évident d’affronter ses peurs et ses traumatismes. »

Les insultes, les blagues racistes etc. c’est un peu lourd mais je fais avec. C’est le jeu, avant de participer on sait qu’on va s’exposer et qu’il faut s’attendre à ce genre de choses.

Quand votre équipe a perdu l’épreuve, vous avez dit « Allez, comme ça on sait qui part demain ». Vous n’y croyiez vraiment plus à ce moment-là ?

Au moment où je dis ça je n’y crois plus. Pendant l’épreuve, je fais perdre l’équipe et de façon assez humiliante en plus. Et j’ai clairement ressenti que j’allais partir. Mon départ, à ce moment-là, je suis prêt à l’assumer.

A ce moment-là, Koh-Lanta a commencé depuis deux jours. Et il ne s’agit pas d’une émission sportive, c’est un jeu social. En tant que candidats, sur une île, isolés, on doit interagir entre nous. Les jeux n’interviennent qu’une fois par jour et ça dure une heure. C’est une des composantes de l’émission mais il n’y a pas que ça du tout !

Vous êtes avec des gens, vous interagissez avec eux, vous nouez des liens, vous faites des alliances, vous vous disputez, vous trouvez des centres d’intérêt communs… Et avant l’épreuve, j’avais déjà une place assez confortable. Donc il y a des choses qui se sont passées avant et après l’épreuve. Le but c’est de survivre aux autres. C’est ce que répète à chaque début démission Denis Brogniart, le maître du jeu depuis vingt ans d’ailleurs. Et je ne comprends pas pourquoi les gens n’arrivent pas à l’assimiler. Savoir nager, pécher ou faire le feu, ce n’est pas primordial, et ce n’est pas le but de Koh-Lanta. Ce sont juste des moyens pour parvenir à survivre aux autres. Au-delà de l’expérience humaine, ce qu’il faut c’est s’éliminer les uns les autres.

Le comportement de Joseph a fait oublier votre abandon pendant l’épreuve d’immunité. Qu’est ce qui l’a perdu lui ?

En fait Joseph a un très bon fond, mais il nous a montré une attitude un petit peu nombriliste et exubérante. Il se mettait énormément en avant, notamment pour faire le feu et ça avait tendance à nous agacer, il parlait fort, se faisait remarquer… C’était un peu too much. Dans un jeu où on doit se côtoyer 24h sur 24h dans des conditions quand même très difficiles, c’est compliqué à supporter… Est-ce que ça méritait une élimination ? Je ne sais pas. Mais quand ma place se joue, c’était évident que j’allais me servir de ça pour convaincre les autres de l’éliminer lui plutôt que moi.

Selon Joseph votre talent c’est d’être sympathique, « quelqu’un avec qui on a envie d’être pote ». C’est votre point fort ?

Si j’avais été désagréable, mes coéquipiers m’auraient éliminé. J’ai réussi à les persuader de me garder, ça veut dire que c’est un de mes points forts. Je pense avoir été suffisamment sympathique et avoir trouvé les bons arguments pour qu’ils me gardent plutôt que Joseph. Je n’ai mis le couteau sous la gorge de la personne hein (rires).

Sans rien révéler de la suite de l’émission, qu’est ce qui a été le plus difficile à vivre ?

Clairement, et au-delà de ma peur dans l’eau, le plus difficile pour moi a été le temps très long. Koh-Lanta, ce n’est pas seulement l’aventure, c’est aussi des journées interminables et la notion du temps qui se perd.