«Pékin Express»: Comment l'émission a changé (ou non) en 15 ans

RETOUR VERS LE PASSE La treizième saison du jeu d'aventure, lancée ce mardi soir sur M6, revient sur le parcours de la première saison

Fabien Randanne

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Les candidats de la saison 13 de «Pékin Express».
Les candidats de la saison 13 de «Pékin Express». — Patrick ROBERT/M6
  • La treizième saison de « Pékin Express » commence ce mardi à 21h05 sur M6.
  • Le jeu d’aventure ayant été lancé en 2006, cette nouvelle saison est l’occasion de fêter les 15 ans du programme en conviant d’anciens candidats emblématiques à s’élancer sur le parcours de la première saison.
  • Dispositif, pays traversés, candidats… « 20 Minutes » revient sur ce qui a changé ou non depuis le tournage de la première saison en 2005.

C’est un « Retour sur la route mythique ». Comme le laisse entrevoir cet intitulé, la treizième et nouvelle saison de Pékin Express, lancée ce mardi, à 21h05 sur M6 reviendra sur un parcours bien connu des fidèles de l’émission. A l’occasion du quinzième anniversaire du jeu d’aventure – créé en France en 2006 – la chaîne a convié d’anciens candidats emblématiques à concourir sur le même trajet (ou presque) que celui de la première édition, de Moscou (Russie) à Pékin (Chine) en passant par la Mongolie intérieure.

20 Minutes regarde dans le rétroviseur pour voir ce qui a changé, ou non, entre-temps.

  • La marque « Pékin Express »

Pékin Express est une adaptation de Peking Express, un concept néerlando-belge développé en 2004. « Ce programme avait cartonné en Belgique et s’était effondré en Allemagne. On n’était que le troisième pays à le tourner. Ce n’était pas évident du tout », se remémore Stéphane Rotenberg, l’indétrônable animateur de la version tricolore. Pour M6 et la production, le projet était d’envergure et représentait un saut dans l’inconnu.

« Je me souviens très bien de l’arrivée de la première étape, sur la Place Rouge [à Moscou], se remémore le présentateur. Les candidats sont arrivés et puis j’ai vu un cadreur poser sa caméra et me dire : "Ce que je viens de vivre, c’est fou. C’est l’expérience la plus marquante de ma vie." Tous les cameramen m’ont dit la même chose. Je me suis dit qu’il se passait quelque chose. »

La bonne impression s’est renforcée une fois arrivé aux alentours de Pékin, lorsque sont arrivés les premiers retours des équipes de postproduction à Paris. « On nous disait que ce programme était fou », assure Stéphane Rotenberg.

Le premier épisode de cette première saison, intitulée La Route du Transsibérien, a été diffusé le 15 janvier 2006. C’était un dimanche, à 19h. Un jour et un horaire de diffusion reflétant la prudence de la sixième chaîne qui a préféré se mettre à l’abri d’un éventuel flop en prime time. La finale a cependant été retransmise à 20h50… un samedi 1er avril.

Le public a été au rendez-vous et, dès la deuxième saison, Pékin Express a trouvé une place dans la grille de M6 en semaine, en prime time. Le succès ne s’est pas démenti jusqu’en 2014, année où le jeu est mis en sommeil. Son retour, en 2018, fut une réussite et a relancé la marque.

  • Le dispositif

Lorsque Stéphane Rotenberg fait le récit du tournage de la première saison, on a l’impression qu’un siècle s’est écoulé. A l’époque, le système D prévalait. « Il y a 15 ans, à l’arrivée de la toute première étape, à Moscou, je ne savais pas quels binômes allaient franchir la ligne d’arrivée, ni même s’ils allaient arriver, glisse-t-il. On avait mis des guetteurs tout autour de la Place Rouge pour que je sois prévenu. » Un souci qui appartient définitivement au passé grâce aux balises GPS qui permettent de situer les candidats en temps réel et donc, d’anticiper leur arrivée. « Aujourd’hui, on a une plus grande facilité de communication. On peut joindre les candidats plus facilement », se réjouit Stéphane Rotenberg.

  • Les pays traversés

En Russie, le choc des cultures est toujours au rendez-vous 15 ans après. « Les candidats ont été surpris de l’attitude de la population qui pouvait leur dire non de manière autoritaire », relate Stéphane Rotenberg. Et de nuancer : « Les Russes restent austères au premier abord mais, s’ils décident de se livrer, peuvent être très chaleureux. ». A part ça, le pays « n’a pas changé, du moins la Russie profonde », poursuit l’animateur. En revanche, il affirme avoir « pris une claque dans la figure » avec la Chine. « En 2005, j’avais été marqué par toutes ces personnes âgées en tenue gris souris et casquette, dit le présentateur. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout ça. C’est hyper moderne et c’est impressionnant à voir. Toutefois, quand on entre dans le pays profond, les traditions et manières d’êtres n’ont pas bougé. »

  • Les candidats

« C’est intéressant de voir comment les binômes ont changé », sourit Stéphane Rotenberg. Cécilia et Mathieu, par exemple, étaient en couple, lorsqu’ils ont participé à la saison 5 en 2010. Ils se sont depuis séparés. « Lorsqu’on leur a proposé de revenir, ils ne s’étaient pas vus depuis plusieurs années », informe l’animateur. Il enchaîne : « Pauline et Aurélie [les sœurs lilloises] étaient des jeunes filles il y a douze ou treize ans. Aujourd’hui, ce sont des mamans. » Les participants des saisons les plus « anciennes » ont dû retrouver leurs automatismes. « J’ai vraiment senti la différence, sur le premier jour. Lors de la première saison à laquelle j’ai participé [la neuvième, en 2013], il y avait d’énormes écarts entre le premier et le dernier binôme. Cela se comptait en heures, alors que là, pas du tout. On sent que tout le monde est aguerri, pour certains binômes l’aventure était encore fraîche », souligne Julie.

  • Les épreuves

Au fil des saisons, les règles ont régulièrement évolué. Lors des dernières éditions sont apparus les panneaux « voitures interdites », obligeant les binômes à poursuivre leur route avec un autre moyen de locomotion. « Ce que j’appréhendais le plus, c’est le duel final, d’autant plus qu’on nous avait prévenus que toutes les étapes étaient éliminatoires », avance Julie, qui lors de sa première participation avec son conjoint Denis, n’avait pas été soumise à ce règlement. Désormais, le binôme arrivé en dernière position peut choisir n’importe quel autre duo non immunisé pour l’affronter lors d’une ultime épreuve dont les perdants quitteront le jeu. Auparavant, seul le couple en lanterne rouge risquait l’élimination. Les épreuves d’immunité auront quant à elles un petit air de déjà-vu. « On a réutilisé celles qui nous avaient le plus plu lors des éditions précédentes », avance Stéphane Rotenberg.

  • Les réseaux sociaux

Ce qui a changé en quinze ans, c’est aussi la capacité de nuisance des réseaux sociaux. « Ça me fait un peu peur, admet Julie. Déjà à notre époque, ça commençait, et c’était déjà chaud. On a essuyé beaucoup de commentaires, de jugements. On sait qu’on va passer sur le gril de tout. » Son partenaire Denis enchaîne : « J’ai reçu autant de tweets d’amour – femmes et hommes confondus – que de messages de gens qui me détestaient. J’ai reçu des "flammes", des lettres d’insultes. Il faut prendre ça avec du recul ». Néanmoins, il reconnaît que « ce n’est plus la même époque » et ne sait pas à quelle sauce il risque d’être désormais mangé sur Twitter et compagnie.

« Ce qui me fait le plus peur, c’est que j’ai des ados maintenant, un petit en sixième et un grand quatrième et ils sont à fond dedans. J’essaie de me mettre à Snapchat, Whatsapp… Pour les protéger, je dois être dessus, mais j’ai du mal », raconte Pauline. La sœur d’Aurélie serait presque moins connectée que leur grand-mère. « A 92 ans, elle est à fond sur les réseaux sociaux, s’amuse-t-elle. Pour mon anniversaire, elle ne m’appelle pas, elle m’envoie un message sur Facebook. » Et si mamie était le meilleur rempart contre les trolls ?