« The Voice » : Sandrine Allary, 77 ans et doyenne de l’émission, veut « défendre la chanson française à texte »

MUSIQUE Sandrine Allary tente sa chance aux auditions à l’aveugle du télécrochet de TF1 ce samedi soir

Fabien Randanne

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Sandrine Allary dans la saison 9 «The Voice».
Sandrine Allary dans la saison 9 «The Voice». — Bureau 233 / ITV / TF1
  • TF1 diffuse ce samedi, dès 21h05, le deuxième épisode des auditions à l’aveugle de la saison 9 de « The Voice ».
  • Parmi les talents en lice, Sandrine Allary, 77 ans et doyenne de l’émission, toutes saisons confondues.
  • La chanteuse, qui donne de la voix depuis cinquante-cinq ans, participe avant tout pour défendre « la chanson française réaliste » et par « défi ».

Si la courtoisie exige que l’on ne demande pas l’âge d’une dame, Sandrine Allary ne voit aucun inconvénient à assumer ses 77 printemps. « Dans ma tête, j’ai 20 ans, dans mes mouvements j’ai 50 ans, dans mes idées, j’ai 25 ans. Donc, pour l’instant, tout va bien ! », assure-t-elle à 20 Minutes, d’une voix pétillante à l’autre bout du téléphone. Les téléspectateurs et téléspectatrices la découvriront ce samedi sur TF1 dans les auditions à l’aveugle de The Voice. Quel que soit le résultat, la septuagénaire est déjà entrée dans l’histoire du télécrochet en devenant la doyenne des talents sur l’ensemble des neuf saisons.

Dans sa prime jeunesse, Sandrine Allary a été, durant trois années, clarinettiste au sein de l’orchestre de l’opéra de Besançon (Doubs). Elle a vite rangé (ou plutôt vendu) ses instruments pour se consacrer au chant. Cela fait cinquante-cinq ans qu’elle sillonne les routes de France et même les mers pour se produire dans des galas, des fêtes de collectivités ou sur des bateaux de croisière. Un parcours mené loin des plateaux de télés et des projecteurs du star-system. « J’ai essayé de faire ma petite place, mais je ne sais pas frapper aux portes », dit-elle pudiquement dans sa vidéo de présentation qui sera diffusée sur TF1.

« Elle avait dans les yeux la lueur d’une débutante »

Pour se retrouver à The Voice, il a fallu qu’elle soit repérée lors d’une de ses prestations au Tapis rouge, un cabaret de Limoges (Haute-Vienne). Le lendemain de son passage, alors qu’elle est rentrée chez elle à Vichy (Allier), Sandrine Allary reçoit un coup de fil du gérant de la salle de spectacle. « Est-ce que tu es assise ? », lui demande son interlocuteur. « Non, je suis en train de repasser », répond-elle d’un désarmant premier degré. « Assieds-toi parce que The Voice va t’appeler pour passer une audition. »

Elle a eu du mal à le croire, mais c’était bien vrai : elle n’allait pas tarder à embarquer dans l’aventure du télécrochet. « Elle ne ressemble à personne d’autre, explique le directeur de casting Bruno Berberes à 20 Minutes. Quand je l’ai vue chanter, elle avait dans les yeux la lueur d’une débutante. Il y avait en elle une passion comme si elle démarrait sa carrière. Elle ne donnait pas l’impression d’avoir de regrets ou de demander une seconde chance. »

Le « défi » d’une « fonceuse »

« Ce n’est pas l’émission qui va me permettre de faire carrière. Ma carrière, elle est derrière moi », confirme Sandrine Allary. Pour elle, The Voice, c’est « un défi ». « Je suis une fonceuse. J’ai dit à mon adorable mari, qui m’a toujours soutenue, que j’y participais pour aller au bout. Pas pour gagner mais parce que j’ai envie de défendre la chanson française réaliste, à texte. »

Elle qui enchaîne les standards de Piaf, Michèle Torr, Gilbert Bécaud ou Ginette Reno dans ses tours de chant a envie de « montrer aux jeunes qu’on peut se faire plaisir avec la chanson française ». La septuagénaire raconte que dans son public au Tapis Rouge, il y a de plus en plus de jeunes. « A la fin, certains viennent me voir et me disent : "Qu’est-ce que c’était beau, madame, cette chanson de Piaf !" » Le genre de compliment qui va droit au cœur de Sandrine car elle estime que l’on « ne défend pas assez » ces titres du répertoire.

C’est pour cela que, quelle que soit l’issue de son aventure dans The Voice, elle continuera inlassablement à faire résonner ces paroles venues d’un temps que les moins de 20 ans gagneraient à connaître. Elle aimerait d’ailleurs travailler avec un musicien pour des réorchestrations « plus modernes ». Sandrine Allary l’assure une nouvelle fois d’une voix qui ne fait pas son âge : « J’ai encore tellement de bonnes choses à donner à cette chanson française. »