« The Voice » : Gagnant de la saison 2, Yoann Fréget chante dans le métro parisien « par envie »

MUSIQUE Le Montpelliérain, exilé à Paris, se confie à « 20 Minutes »

Nicolas Bonzom

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Yoann Fréget, à Paris
Yoann Fréget, à Paris — Yoann Fréget
  • Le Montpelliérain Yoann Fréget a gagné « The Voice » en 2013, sur TF1.
  • L’artiste a choisi de chanter dans le métro parisien, par « envie ».
  • Il confie à « 20 Minutes » qu’il a toujours voulu sauter le pas depuis sa victoire.

En 2013, Yoann Fréget remportait la saison 2 de The Voice, devant 7 millions de téléspectateurs. Six ans plus tard, ce Montpelliérain, exilé à Paris, balade son micro dans les couloirs du métro. Accrédité par la RATP, il a chanté pour la première fois, gare Saint-Lazare, le 3 décembre. « Certaines personnes m’ont dit qu’elles m’avaient reconnu à la voix, sourit l’artiste. Elles ont rebroussé chemin pour venir me voir ! »

Et aussi étonnant que cela puisse paraître, chanter dans les couloirs du métro était « un rêve », assure à 20 Minutes le chanteur de 32 ans. « J’ai toujours admiré les musiciens de rue, j’ai toujours trouvé cette prise de position courageuse, explique Yoann Fréget. Il n’y a plus de paillettes, plus d’artifices, personne n’est attendu dans la rue. On est jugé sur une seule chose : est-ce que l’on touche le cœur des gens, ou pas. »

« Je n’ai pas tout perdu »

Et s’il pousse la chansonnette dans le métro parisien, ce n’est pas par nécessité, précise-t-il à ceux qui le pointent du doigt. « Je trouve ça dommage que les codes qu’on nous impose dans le milieu du show-business font qu’une fois qu’on a atteint une certaine notoriété, on ne pourrait pas faire ces choses-là, parce que si on le fait, ce serait, soi-disant, parce qu’on a tout perdu. Moi, je n’ai pas tout perdu. Je fais régulièrement des concerts, en France, à l’étranger, je fais des soirées privées. Je n’aime pas que l’on attende des artistes une sorte d’inaccessibilité. Mon truc, c’est partager. »

Chanter dans la rue « est dans [son] ADN », confie Yoann Fréget. Alors qu’il était tout petit, son papa, lui aussi musicien, jouait également dans le métro. « J’ai eu, moi aussi, envie de le faire, raconte Eric Fréget. C’est exactement ce qu’il a ressenti. Cela fait partie de Yoann, il aime être au plus proche des gens. » Quelques années plus tard, à Montpellier, alors qu’il s’était pris de passion pour le gospel, à l’âge de 15 ans, Yoann Fréget a commencé à égayer, régulièrement, les rues de la capitale héraultaise.

« J’avais peur de la malveillance »

Depuis sa victoire au télé-crochet de TF1, Yoann Fréget songeait, assure-t-il, à chanter dans les sous-sols parisiens. Sans jamais oser franchir le pas. « Depuis ma victoire à The Voice, je me suis interdit de le faire, je me demandais comment ma démarche allait être comprise, raconte le chanteur. J’avais peur de la malveillance. »

A travers cette drôle de démarche, Yoann Fréget entend aussi « tourner la page », après ces années tourmentées, où il a souffert d'un « manque de visibilité » après sa victoire sur TF1. L’artiste n’a pas eu, en effet, le succès de Slimane ou Kendji Girac, qui eux aussi, ont remporté The Voice. Mais qu’importe. Il travaille notamment sur la création d’un concert basé sur l’improvisation, et continue à composer des chansons.

« Je pourrais écrire un livre de 150 pages sur les bâtons dans les roues qui m’ont été mis, mais je pourrais aussi écrire un livre de 1.000 pages sur toutes les belles choses qui me sont arrivées depuis que j’ai commencé à chanter, tempère Yoann Fréget. Ma revanche, je la prends en faisant ce qui me rend heureux, sans me soucier des codes. »