Un mois avec Disney + : Des blockbusters, de la nostalgie mais encore peu d’inédits

STREAMING Lancé il y a tout juste un mois aux Etats-Unis, le service de Disney arrive en France le 7 avril 2020, à 6.99 euros par mois

Philippe Berry

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Disney+ s'appuie sur les catalogues de Disney, Pixar, Star Wars et Marvel.
Disney+ s'appuie sur les catalogues de Disney, Pixar, Star Wars et Marvel. — DISNEY
  • Lancé le 12 novembre aux Etats-Unis, le service de streaming Disney + était attendu le 31 mars 2020 en France, mais finalement lancé le 7 avril 2020.
  • « 20 Minutes » a testé la plate-forme pendant un mois pour se faire une idée.
  • A 6,99 euros mensuels, elle propose un catalogue alléchant (Disney, Pixar, Star Wars et Marvel), surtout pour les familles. Mais Netflix est loin d’être enterré, avec une offre plus vaste et bien plus variée.

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Tremble, Netflix. Lancé le 12 novembre dernier aux Etats-Unis, Disney + est lancé mardi 7 avril 2020 en France. En amont de ce débarquement, 20 Minutes a testé la plate-forme dans la « vraie vie », depuis le canapé du salon, pendant un mois, histoire de se faire une idée. Résultat : Disney + propose un catalogue imbattable, au prix très agressif de 6,99 euros mensuels. Mais à l’exception de la série Star Wars The Mandalorian, le peu de programmes inédits et l’absence de films et de séries pour adultes le destinent surtout aux familles.

Catalogue : Des classiques et des super-héros

The Mandalorian ou La Belle et le clochard pour commencer ? Premier soir et premier désaccord de couple. Avec ses airs de western galactique old-school, la série Star Wars produite par Jon Favreau a déjà conquis les fans qui ont vécu The Last Jedi comme une trahison. Avec Disney +, il est donc possible, avant la sortie de l’épisode IX, de s’enfiler dans l’ordre les huit Star Wars, Rogue One et Solo, ainsi que la série animée Clone Wars. Par ailleurs, avec 17 films sur 23, le Marvel Cinematic Universe n’est pas complet (certains films sont encore chez Netflix pour quelques mois), mais il y a de quoi faire une overdose de super-héros en digérant la dinde de Thanksgiving ou de Noël. A moins de préférer les aventures de Toy Story ou du Monde de Nemo avec le catalogue Pixar.

Le trip nostalgique joue à plein avec les classiques Disney comme Les 101 Dalmatiens ou La Petite Sirène, à redécouvrir en version remasterisée, seul ou avec ses enfants. Ceux qui ont grandi dans les années 1990 se jetteront sur les dessins animés Spider-Man et X-Men. Grosse surprise, on retrouve même Gargoyles, les anges de la nuit, un titre culte diffusé en France sur Canaille Peluche, puis sur TF1. Les séries du Disney Club avec Miley Cyrus, Hillary Duff ou les Jonas Brothers séduiront sans doute moins le public français. Avec le rachat de Fox, Disney + offre également l’intégrale des Simpsons. De quoi ne pas quitter son canapé tout l’hiver.

Interface et technique : simplicité et ultra-HD

Tout avait mal commencé le premier jour avec un service en rade. Mais depuis, Disney + propose un streaming stable et sans ralentissement, que ce soit sur smart TV, PC, smartphone ou tablette. L’interface, elle, ne dépaysera personne avec des catégories organisées par lignes (recommandations, classiques, Star Wars, Pixar, Marvel, National Geographic, etc.).

Contrairement à Netflix, pas besoin ici de payer un abonnement premium pour profiter de l’ultra-haute résolution (4K, quand elle est disponible). Du côté des contrastes dynamiques (HDR/Dolby Vision), c’est plus mitigé, surtout pour les vidéos converties après coup. The Mandalorian, notamment, est bien trop sombre sur les scènes nocturnes.

Verdict : Une offre très « family friendly »

Disney, c’est sept des dix plus gros succès du box-office mondial cette année, avec plus de 10 milliards de dollars de recettes. Et Disney + sera le seul service de streaming à les proposer au cours des prochaines années. Mais à moins de prendre plaisir à revoir L’Eveil de la force et The Avengers pour la douzième fois, les inédits se comptent pour l’instant sur les doigts d’une main. Pour la suite, Disney prépare une demi-douzaine de séries Marvel (The Falcon and the Winter Soldier, WandaVision, Loki et Hawkeye, notamment). Pour Star Wars, Ewan McGregor va renfiler son uniforme de Jedi et Diego Luna reprendra son rôle de Rogue One.

Le catalogue va donc s’étoffer mais rester cloisonné dans des univers familiers et « family friendly ». Lors du lancement, Disney a indiqué que tous les programmes seraient au maximum « PG-13 », sans aucun film ou série déconseillé au moins de 13 ans – pas de Deadpool, donc. Sur novembre-décembre, Netflix a, lui, dégainé The Irishman, de Martin Scorsese, Marriage Story, avec Scarlett Johansson et Adam Driver, qui a décroché six nominations aux Golden Globes, des nouvelles saisons de The Crown et The End of the F***ing World et. Et en décembre, on attend The Witcher, Lost in Space et The Two Popes. Selon une analyse d’Ampere Analysis, son catalogue est entre six et huit fois plus vaste que celui de Disney.

Alors, quelle offre choisir ? Aux Etats-Unis, la guerre du streaming fait rage entre les pionniers (Netflix, Amazon, Hulu), les nouveaux arrivés (Apple TV +, Disney +) et les retardataires (HBO Max de AT & T/TimeWarner et Peacock de Comcast/Universal). Selon une étude récente, les Américains sont prêts à consacrer 21 dollars par mois au streaming. Au final, Netflix et Disney + pourraient donc être plus complémentaires que concurrents.