Roch-Olivier Maistre, le président du CSA, estime que « la télé du clash » est due à la « concurrence frontale » entre les chaînes d’info

TELEVISION Le président du CSA était l’invité de « Soft Power » sur France Culture

M. Lo.

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Les dirigeants de CNews seront prochainement auditionnés par le CSA.
Les dirigeants de CNews seront prochainement auditionnés par le CSA. — Mat Ninat Studio

Roch-Olivier Maistre, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), invité de Soft Power  sur France Culture dimanche soir, a répondu aux questions de Frédéric Martel sur « la télé du clash » et « le clash comme ligne éditoriale ».

En poste depuis un an, le successeur d’Olivier Schrameck a analysé les raisons qui, selon lui, poussent les chaînes d’information à diffuser des séquences polémiques. « Je sens qu’on a un paysage des chaînes d’information en continu très singulier, avec trois chaînes privées qui sont en concurrence frontale (BFMTV, LCI et CNews, N.D.L.R.) plus une chaîne de service public (Franceinfo, N.D.L.R.), voire deux, si on compte France 24. »

Des chaînes « en concurrence »

Roch-Olivier Maistre a rappelé que sur les chaînes privées, seule BFM gagne de l’argent actuellement : « Les deux autres perdent de l’argent et sont donc en concurrence et dans une course frénétique ». Il a affirmé que la plupart des saisines du CSA de la semaine passée visaient CNews et LCI. « Ces deux chaînes (…) sont dans une stratégie de show, de spectaculaire. »

La séquence avec Alain Finkielkaut qui légitime le viol dans La Grande Explication, sur LCI, a ainsi été signalée plus de 3.800 fois. La chaîne avait été «  fermement mise en garde » par le CSA en octobre, après avoir retransmis le discours intégral d’Eric Zemmour à la « convention des droites ».

CNews prochainement auditionnée

CNews quant à elle accueille désormais régulièrement le polémiste dans Face à l’info, une émission présentée du lundi au jeudi par Christine Kelly – ancienne conseillère du CSA. Roch-Olivier Maistre a annoncé que les responsables de CNews allaient être prochainement auditionnés par le CSA.

Questionné sur « la responsabilité » du CSA et de la loi dans cette « télé du clash », le président du CSA a estimé que c’était bien « cette concurrence frontale qui [créait] cette situation ». « On a un principe dans ce pays qui est la liberté d’expression (…). C’est un principe qui a valeur constitutionnelle (…). Il est très protégé par le juge », a rappelé Maistre.

Il a rappelé qu’il y a deux ans, la mise en demeure du CSA concernant une séquence d’Eric Zemmour sur RTL avait été annulée par le Conseil d’État au titre de cette liberté. « Cette liberté d’expression peut même autoriser à porter des valeurs contraires à la République, estime Roch-Olivier Maistre. Et donc nous on est obligés de respecter la loi et la décision du juge (…). Il faut toujours trouver la juste ligne de crête dans les décisions qu’on est amenés à prendre. »