« Je dis aux hommes : violez les femmes », lance Alain Finkielkraut sur LCI

DERAPAGE « Je dis aux hommes : violez les femmes. D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs et elle en a marre », a lancé en guise de provocation Alain Finkielkraut sur LCI ce mercredi

A.D.

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Le philosophe Alain Finkielkraut.
Le philosophe Alain Finkielkraut. — RETMEN/SIPA

Le philosophe Alain Finkielkraut était l’invité de David Pujadas ce mercredi à 20h50 sur le plateau du talk-show La Grande confrontation sur LCI. La chaîne info proposait un débat sur la liberté d’opinion et d’expression. Les invités ont abordé les affaires de viol et d’agressions sexuelles rapportées par les médias ces derniers mois. Les échanges sont devenus houleux entre Caroline de Haas, militante féministe, et l’académicien lorsque le débat a porté sur la culture du viol.

« On parlait autrefois de viol et on dénonçait le passage à l’acte : la pénétration forcée. Aujourd’hui il y a la culture du viol. Cela englobe les blagues salaces, les dragueurs lourds, les attouchements et jusqu’à la galanterie. (…) Ainsi assiste-t-on à l’extension de ce concept de sexisme. Il y aurait en France de nombreux violeurs en puissance… », a lancé Alain Finkielkraut.

La tension est montée d’un cran après l’évocation de la blague de Tex, d’un sketch de Jean-Marie Bigard. Caroline de Haas estimait que cela banalise « la réalité de ce que subissent des milliers de femmes en France » et a fait de nouveau référence à l’affaire Roman Polanski, à nouveau accusé de viol, défendu dans les médias à de nombreuses reprises par Alain Finkielkraut.

L’académicien a alors perdu son sang-froid et lancé en guise de provocation : « Je dis aux hommes : violez les femmes. D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs et elle en a marre. » Une déclaration qui suscite l’indignation sur les réseaux sociaux.

Présente sur le plateau pour débattre sur « le politiquement correct est-il en train d’étouffer la vie publique ? Ou bien faut-il au contraire saluer comme un progrès la sensibilité nouvelle aux expressions stigmatisantes ou simplement blessantes ? », la militante féministe et femme politique Caroline De Haas déplore qu’il « trouve ça drôle de caricaturer le viol conjugal ».

« Monsieur, vous banalisez le viol. Vous insultez toutes les femmes victimes de viol conjugal », estime le collectif #NousToutes, engagé pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Le nom du philosophe figurait même parmi les sujets les plus commentés jeudi chez les utilisateurs français de Twitter.

D’autres internautes estiment que les propos du philosophe sont ironiques.

Certains internautes souhaitent signaler ces propos au CSA. Ce dernier a d’ailleurs confirmé avoir été saisi par des téléspectateurs après la diffusion de cette séquence, sans toutefois préciser le nombre de signalements reçus.