Les bébés de la téléréalité ont déjà leur compte Instagram (et c'est totalement légal)

DE L'OSEILLE DANS LE GAZOUILLI Dimanche, le couple des « Marseillais » Carla Moreau et Kévin Guedj lançait le compte Instagram de leur fille Ruby. Il réunit déjà plus de 300.000 abonnés. De l’argent en couveuse

M. G.

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Ruby est la fille du couple des Marseillais Carla Moreau et Kévin Guedj
Ruby est la fille du couple des Marseillais Carla Moreau et Kévin Guedj — Instagram Ruby Guedj

Cela ne vous a pas échappé : depuis l’année dernière, c’est carnet rose party chez les influenceurs issus de la téléréalité. Nabilla et Thomas, Jesta et Benoît, Jessica et Thibault (si ces couples ne vous disent rien, passez votre chemin)… Ces amoureux du petit écran ont accueilli « un bout d’chou » cette année. Et ce ne sont pas trois biberons qui vont freiner leurs publications sur les réseaux. Ils partagent à présent leur nouvelle vie de parents, un phénomène appelé sharenting (contraction de share « partager » et de parenting « être parent »).

Une pratique courante puisque selon une étude datant de 2018, 30% des enfants ont déjà une empreinte numérique avant même de naître… Par exemple, si la grossesse a été annoncée sur Facebook. Nabilla et Thomas avaient ainsi annoncé le prénom de leur Milann, né vendredi, il y a plusieurs semaines déjà. Cette étude analyse cette nouvelle habitude par le fait que les « digital natives », toujours connectés et habitués à partager leur vie, sont désormais en âge d’être parents. Sans parler de moralité, est-ce que l’exposition de ces nourrissons est légale ?

Ce que dit la loi

Publier des photos de ses enfants mineurs est tout à fait légal car la diffusion de leur bouille appartient aux parents. Selon Maître Haas, avocat spécialiste en droit des nouvelles technologies, l’autorisation relève de l’autorité parentale : « Nous sommes encore dans une zone floue car le phénomène est nouveau. Il n’y a pas eu encore de cas à ma connaissance. »

Attention à la nuance : si votre enfant devient l'égérie d'une marque, alors cette activité s'apparente à du mannequinat. Et cette occupation peut-être alors contrôlée par la DDASS (la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales) rappelle Maître Haas. « L’argent gagné par la publicité est alors versé sur un compte séquestre, cela signifie que les fonds peuvent être débloqués seulement par l’enfant à sa majorité. Normalement dans le contrat financier entre la marque et les parents de l’enfant, on trouve une clause qui stipule que les fonds sont bloqués. » Le maître poursuit : « On peut se demander si c’est moral ou pas. On peut s’interroger sur l’éthique de ces parents influenceurs. Il serait intéressant de mettre en place une charte en lien avec la protection de l’enfance. »

Dès leur majorité, les enfants peuvent demander à leurs parents de supprimer les publications, ils deviennent alors les garants de leur droit à l’image.

Et combien ça rapporte

Chez les influenceurs, on plante la graine du business dès le plus jeune âge. A peine deux semaines après sa naissance, Ruby la fille de Carla Moreau et Kevin Guedj compte déjà 311.000 abonnés. Swan, l’enfant de Mélanie Da Cruz (ancienne candidate de Secret Story devenue WAG) et Anthony Martial en est 160.000 fans. Et enfin, les enfants de Jazz (Les Anges, La Bataille des couples, on en passe et des meilleures) et Laurent Correia (même délire) ont plus de 1,5 million de followers à eux deux. Avec ce nombre d’abonnés, les néo-influenceurs peuvent espérer toucher plusieurs centaines d’euros par post sponsorisé.

Enfin, même si l’enfant est absent des publications, il peut être utilisé par les parents pour toucher un public plus large ou une nouvelle cible. Selon l’agence Bilbokid, spécialisée dans ce domaine, 1 parent sur 3 suivrait un influenceur ou un blogueur parental.

En attendant, même si le compte de la petite Ruby ne rapporte pas encore beaucoup de rubis, le programme télévisé de sa naissance produit par W9Carla + Kévin = Bébé Ruby a déjà dû gâter les parents.