«Le Premier Oublié»: Le téléfilm inspiré de faits réels, un filon porteur pour TF1

TELEVISION Dans «Le Premier Oublié», Matt Pokora joue le fils d'une femme, incarnée par Muriel Robin, atteinte de la maladie d'Alzheimer

F.R. avec AFP

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Muriel Robin et Matt Pokora dans «Le Premier Oublié».
Muriel Robin et Matt Pokora dans «Le Premier Oublié». — FRANCOIS LEFEBVRE / LES FILMS DU 24 / TF1
  • TF1 diffuse ce lundi à 21h05, « Le Premier Oublié », téléfilm sur la maladie d’Alzheimer inspiré du roman partiellement autobiographique de Cyril Massarotto.
  • Ce téléfilm fait partie des fictions liées à des sujets de société et/ou des faits réels au programme de TF1 cette saison.
  • Le public est friand de ce genre de téléfilms, en témoignent les 8.8 millions de téléspectateurs et téléspectatrices qui ont suivi « Jacqueline Sauvage, c’était lui ou moi » l’an passé.

Les histoires vraies, ça paie. Dans Le Premier Oublié, diffusé ce lundi dès 21h05 sur TF1, Matt Pokora incarne un jeune homme qui prend conscience que sa mère, jouée par Muriel Robin, est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ce téléfilm, adapté du roman en partie autobiographique de Cyril Massarotto paru en 2012 chez XO, est l’une des 15 nouvelles fictions attendues sur la première chaîne cette saison. « C’est une des rentrées les plus offensives que nous faisons depuis des années », avait affirmé à l’AFP, il y a quelques semaines, Fabrice Bailly, le directeur des programmes et acquisitions du groupe TF1, dévoilant les grands axes stratégiques.

Parmi les inédits en question, plusieurs sont inspirés de faits réels ou font écho à des sujets de société. En septembre, Jamais sans toi Louna relatait le combat d’un couple injustement accusé de maltraitances cherchant à récupérer la garde de sa fille. Ce lundi, Le Premier Oublié, aborde donc la maladie d’Alzheimer qui concerne des milliers de Françaises et Français, à commencer par les deux interprètes principaux qui y ont été confrontés dans leur entourage. Et prochainement, Itinéraire d’une maman braqueuse contera l’histoire vraie d’une femme qui, comme le laisse augurer le titre, est prête à tout pour sortir de la spirale de l’endettement.

« Le public est plus nombreux quand ce sont des histoires vraies »

Les fictions basées sur des faits réels ont le vent en poupe à l’écran et ce n’est pas un hasard. L’an passé, Jacqueline Sauvage, c’était lui ou moi, avait fait un carton d’audience sur TF1. Avec 8.8 millions de téléspectateurs et téléspectatrices, le téléfilm réalisé par Yves Régnier est arrivé en tête du palmarès des fictions les plus vues, toutes chaînes confondues, en 2018. A la sixième place de ce même classement, figure Le jour où j'ai brûlé mon cœur, conçu à partir du témoignage d’un jeune homme victime de harcèlement scolaire et qui a captivé 6.3 millions de personnes, toujours sur la première chaîne.

« Le public est plus nombreux quand ce sont des histoires vraies », soulignait Yves Rénier à l’AFP, en marge du festival SériesMania de Lille au printemps dernier, où il était invité d’honneur. Celui qui a endossé pendant plusieurs années le costume du commissaire Moulin et s’est depuis reconverti derrière la caméra annonçait avoir trois projets sur le feu : un avec France 2 et deux avec TF1. « Tous seront inspirés de faits réels, un genre que j’affectionne et dont les chaînes de télévision sont demandeuses. Elles me disent : « On ne veut pas de fiction, on veut des histoires vraies. » » C’est ainsi qu’un téléfilm adapté de l’histoire du tueur en série Michel Fourniret devrait prochainement atterrir dans la grille de la première chaîne.

Cependant, toujours d’après Yves Rénier, le feu vert des chaînes n’est pas automatique : « Les portes ne sont pas fermées mais c’est moins open qu’on ne le croit », nuançait-il en évoquant certaines restrictions budgétaires. Lorsqu’il a proposé son téléfilm sur Jacqueline Sauvage mi-2017 à la responsable de la fiction de TF1 de l’époque, cette dernière avait des doutes : elle trouvait l’intrigue trop proche de L’Emprise, autre fiction sur les violences conjugales diffusée deux ans plus tôt et accueillie avec succès (8.6 millions de téléspectateurs et téléspectatrices). Il aura fallu qu’elle visionne le téléfilm du réalisateur sur Patrick Dils pour que ses réticences soient levées.

« L’audace éditoriale de TF1 »

Le succès de Jacqueline Sauvage, c’était lui ou moi, consacré à une affaire clivante et qui a permis de nourrir le débat sur la lutte contre les violences faites aux femmes, a semble-t-il incité le groupe audiovisuel à prendre davantage de risques. En témoigne Le Bazar de la Charité, minisérie en huit épisodes conçue en partenariat avec Netflix et dans laquelle TF1 a énormément investi. « C’est la fiction la plus importante en matière de télévision gratuite depuis de nombreuses années, et c’est un vrai pari pour nous », notait Fabrice Bailly.

Si l’intrigue part d’un fait réel, l’incendie du bazar de la Charité qui a fait 120 morts en 1897 à Paris, elle met toutefois en scène de personnages fictifs et ose des rebondissements horrifiques et dramatiques en prenant des libertés avec la réalité historique. Mais, malgré tout, même si l’action se déroule il y a plus d’un siècle, elle n’en fait pas moins écho à notre époque en traitant de la place des femmes dans la société et des inégalités sociales. Sous ses airs de fiction en costume, il est là encore question d’interroger notre société contemporaine.

« Je souligne l’audace éditoriale de la chaîne parce que, mine de rien, elle nous a accordé une confiance totale sur l’ensemble du sujet, de l’écriture, du casting, du metteur en scène. L’accompagnement a été absolu et ça, c’est extrêmement rare et appréciable », saluait le producteur Jean-Benoît Gillig en présentant Jamais sans toi Louna à la presse fin août.

Le téléfilm a été suivi quelques semaines plus tard par 3.9 millions de personnes. Un score a priori décevant comparé aux quasi 9 millions de Jacqueline Sauvage… mais, pour TF1, c’est un succès puisque le taux d’audience sur la cible tant convoitée de la Française responsable des achats (l’ex « ménagère ») de moins de 50 ans a été de 27 %. Pas de quoi, en tout cas, envisager de se détourner du « inspiré de faits réels », filon plus porteur que jamais.