Pancarte retouchée « Macron dégage » : France Télévisions mis en demeure par le CSA

MEDIAS Sur ce cliché pris lors d’une manifestation de « gilets jaunes », une pancarte portant l’inscription « Macron dégage » avait été retouchée pour faire disparaître le mot « dégage »

20 Minutes avec AFP

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Illustration France Télévisions.
Illustration France Télévisions. — LODI Franck/SIPA

Le CSA a tranché. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a estimé que France Télévisions avait manqué à ses obligations en matière d’honnêteté et de rigueur de l’information, après la diffusion par France 3 d'une photo d'une manifestation de «gilets jaunes» retouchée pour masquer une inscription « Macron dégage ».

La séquence mise en cause remontait à décembre 2018. France 3 avait diffusé dans un de ses journaux télévisés, pour illustrer le mouvement des «gilets jaunes», une photo (prise par un photographe de l’AFP), montrant des policiers à cheval, faisant face à des manifestants, place de l’Opéra à Paris.

Une « erreur humaine »

Sur ce cliché, une pancarte portant l’inscription « Macron dégage » avait été retouchée pour faire disparaître le mot « dégage », une modification qui avait suscité un tollé sur les réseaux sociaux, et valu à France 3 une avalanche d’accusations de manipulation et de censure. De nombreux téléspectateurs et l’auteur de la pancarte, Jean-Baptiste Reddé (alias Voltuan), figure familière des manifestations parisiennes, avaient saisi le CSA.

France 3 et France Télévisions avaient aussitôt présenté des excuses aux téléspectateurs (ainsi qu’à l’AFP et au photographe auteur de l’image) et plaidé qu’il s’agissait d’une « erreur humaine », et « d’un manque de discernement de la part d’une personne qui concourt à la fabrication du journal télévisé », et en aucun cas d’une censure.

« Un manquement à l’exigence d’honnêteté de l’information »

Dans une décision prise cet été et dévoilée ce lundi par le syndicat FO de France Télévisions, qui vient d’en être notifié, le CSA a estimé que « la diffusion d’une photographie ainsi modifiée, altérant sa signification dans un contexte particulièrement sensible », constituait « un manquement à l’exigence d’honnêteté de l’information » qui s’impose à France Télévisions, et « un manquement à l’obligation de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information ».

Le CSA a cependant estimé qu’il n’y avait pas lieu d’infliger une sanction au groupe public, qui « ne conteste pas l’existence de ce manquement, a immédiatement pris l’initiative d’informer les téléspectateurs et les acteurs du secteur audiovisuel de l’erreur commise et de s’en excuser », et a en outre « mis en œuvre une série de mesures (…) pour éviter, à l’avenir, la réitération de manquements de cette nature ». Dans ce contexte, le CSA a mis en demeure France Télévisions de respecter à l’avenir ses obligations en matière d’honnêteté et de rigueur de l’information.