«Parents mode d'emploi»: Une famille homoparentale rejoint la série de France 3

SERIE Des papas gays et leurs deux filles adoptives sont au rendez-vous de la huitième saison de la série humoristique diffusée à partir de samedi, à 20h15, sur France 3

Fabien Randanne

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Dominique (Guillaume Bouchède) et Olivier (Xavier Robic) entourés de leurs filles Jade (Luna Bevilacqua) et Clotilde (Lila Fernandez) dans «Parents mode d'emploi».
Dominique (Guillaume Bouchède) et Olivier (Xavier Robic) entourés de leurs filles Jade (Luna Bevilacqua) et Clotilde (Lila Fernandez) dans «Parents mode d'emploi». — Jean-Philippe BALTEL / FTV / ELEPHANT STORY
  • La huitième saison de « Parents mode d’emploi » commence ce samedi à 20h15 sur France 3. Désormais, chaque épisode dure une vingtaine de minutes.
  • La famille Martinet est de retour. Elle est rejointe par une famille recomposée, les Brunetti-Kebala, et une famille homoparentale, les Fayol-Mercier.
  • « Il était temps de coller à d’autres profils de familles », affirme la créatrice de cette fiction humoristique, Béatrice Fournera.

L’action se déroule autour du petit-déjeuner chez les Fayol-Mercier. Clotilde et Jade sont en retard mais refusent que leurs deux papas les emmènent en voiture. « C’est la honte de se faire déposer à l’école par ses parents gays, c’est ça ? », s’agace Dominique. « Non, c’est la honte de se faire déposer par ses parents tout court. Arrêtez de penser qu’on a honte de vous, tout le monde s’en fout. Vous êtes pas des punks non plus ! », leur rétorquent les filles. La réplique du couple paternel ne se fait pas attendre : « Faudrait voir à pas trop nous banaliser non plus ! On pourrait être des punks si on voulait ! »

Voici comment une famille homoparentale fait son entrée dans Parents mode d’emploi, à l’occasion de la huitième saison lancée samedi à 20h15 sur France 3. Dans ces nouveaux épisodes d’une vingtaine de minutes – contre trois minutes précédemment –, téléspectateurs et téléspectatrices feront aussi la connaissance d’une smala recomposée, les Brunetti-Kebala, et retrouveront les Martinet qu’ils connaissent déjà. « France Télévisions avait envie de renouveler l’énergie des auteurs avec des problématiques d’éducation qu’on n’avait pas encore abordées, explique la créatrice de cette fiction humoristique, Béatrice Fournera. Cela permet d’explorer de nouvelles choses. Il était temps de coller à d’autres profils de familles. »

Chez les Fayol-Mercier, il y a le flegmatique Olivier, alias « papa », et l’angoissé Dominique, surnommé « papou ». En couple depuis dix-huit ans, ils élèvent leurs deux filles, la sage Jade, 14 ans, et la facétieuse Clotilde, 10 ans, qu’ils ont adoptées en Russie.

« Les sketches ne reposent pas sur l’orientation sexuelle »

Si la représentation de l’homoparentalité n’est pas inédite sur France 3 – notamment dans Plus belle la vie –, choisir de montrer un couple d’hommes élevant des enfants, en tant que personnages principaux et récurrents d’une série à sketchs en access prime time est une première. Scènes de ménages, sur M6, par exemple, s’y refuse depuis onze saisons. Ce serait « hors sujet », estimait l’an passé Yann Goazempis, directeur de l’unité fiction et humour de la sixième chaîne. « Etre une série pionnière, c’est malheureusement l’impression qu’on a », confie Guillaume Bouchède, le comédien qui joue Dominique dans Parents mode d’emploi.

« Certes, on incarne une famille homoparentale, mais les sketches ne reposent pas sur l’orientation sexuelle, plutôt sur ce que signifie être une famille », note Xavier Robic, qui campe Olivier. Son partenaire à l’écran confirme : « Cela permet de se rendre compte que les problèmes de parentalité sont les mêmes. » Effectivement, si l’on en juge par le premier épisode, la plupart des sujets abordés via les papas gays feront assurément écho à ce que vivent des parents hétéros.

« Je pense qu’on évite les clichés à tous les niveaux »

Encore fallait-il éviter de tomber dans le piège des stéréotypes. « C’était un point de questionnement pour nous, reprend Guillaume Bouchède. Cela reste un programme humoristique, mais je pense qu’on évite les clichés à tous les niveaux que ce soit dans les textes, qui sont hyper bien, dans la mise en scène et dans notre jeu. »

« Je suis peut-être mal placée pour en juger, mais je suis contente de ce qu’on a fait », avance la créatrice de la série, saluant le travail de son équipe de vingt scénaristes. Béatrice Fournera se réjouit aussi de l’identification que va permettre l’arrivée de ces nouvelles smalas auprès d’une partie du public. « [Avec les familles des saisons précédentes], les gens se disaient : "Oh la la, on dirait que c’est chez moi !". Maintenant, j’aimerais que d’autres familles puissent se dire "C’est comme ce qui se passe chez nous !" »