« Joséphine, ange gardien » : Un épisode sur l’esclavage met les internautes en colère

SÉRIES De nombreux téléspectateurs ont déploré qu’un sujet aussi grave soit dépeint avec légèreté

Naomi Mackako

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Le personnage de Joséphine, héroïne de la série éponyme   et interprété par Mimie Mathy.
Le personnage de Joséphine, héroïne de la série éponyme et interprété par Mimie Mathy. — CHOGNARD ETIENNE/TF1/SIPA

« C’est Koh-Lanta ou quoi ? », s’exclame Joséphine, héroïne de Joséphine, ange gardien, la série diffusée sur TF1 ce lundi soir dans un épisode qui traitait de l’esclavage aux Antilles au XIXe siècle. De nombreux internautes n’ont pas apprécié le registre adopté par la production, qu’ils ont jugé trop léger et « bisounours » pour aborder un sujet aussi grave.

Dans l’épisode Enfin libres !, Joséphine se retrouve en Martinique dans les années 1830. Alors qu’elle est gouvernante d’une fille de planteurs, elle vient en aide à un couple d’esclaves noirs décidés à s’affranchir. « On en fait une fiction édulcorée qui résume [l’esclavage] au travail forcé », a ainsi écrit un utilisateur. « Comme si à ces époques-là les noirs étaient copains avec les blancs. A d’autres, le monde des bisounours s’il vous plaît », écrit une autre personne. Les internautes ont dénoncé dans cette intrigue un prolongement du complexe du sauveur blanc.

On ne peut traiter un sujet aussi important avec de l’humour

A l’instar des utilisateurs de Twitter, Babette de Rozière, animatrice de télévision et conseillère régionale d’Ile-de-France depuis 2015, a exprimé son mécontentement. « Attention, l’esclavage c’est un sujet brûlant. Il faut savoir où l’on met les pieds, surtout lorsqu’il s’agit des Outre-mer. Nous, on a eu un volet de l’esclavage assez dur. Est-ce que cette série est appropriée pour parler de l’esclavage ? Je ne pense pas », a-t-elle déclaré lundi sur le plateau de Morandini Live sur CNews. Et de poursuivre : « Je refuse de penser que l’on peut traiter un sujet aussi important avec de l’humour. »

Mardi dernier, dans un entretien accordé à Ciné Télé Revue, Mimie Mathy déclarait : « C’est une façon détournée d’apprendre l’histoire à une génération qui est plus sur son smartphone que dans les livres. Le message est que cette vie-là a bien existé, avait-elle expliqué. Des enfants ont été esclaves. Ils n’étaient donc pas libres. L’esclavage a été aboli à la moitié du XIXe siècle ». Louis-Georges Tin, président d’honneur du CRAN a témoigné son soutien à la série : « Que Joséphine, ange gardien, série populaire, aborde la question de l’esclavage est évidemment une bonne chose. […] il y a un vrai effort pour montrer que les esclaves sont les premiers à participer à leur libération. On voit des rebelles, des nègres marrons », a-t-il déclaré. Selon lui, l’image du « sauveur blanc » est « un peu » présente dans le film mais se justifie par le fait que l’héroïne dont la mission est de venir en aide aux autres est elle-même blanche.

L’épisode 5 de la saison 19 de la série créée en 1997 a réuni 3.437.000 téléspectateurs lundi soir. Il a été diffusé pour la première fois en Belgique le 13 août dernier.