«BH90210»: Luke Perry, nostalgie... On vous dit tout sur le revival de «Beverly Hills»

TELEVISION Le premier épisode de la série très meta de Fox a été diffusé aux Etats-Unis, mercredi

Philippe Berry

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Les acteurs du revival de la série «Beverly Hills», baptisée «BH90210».
Les acteurs du revival de la série «Beverly Hills», baptisée «BH90210». — FOX

Dès les premières notes du générique, on remonte dans le temps aux années 90. Le collège. Les rediffs qu’on regardait sur TF1 après les cours avec le goûter. Brandon, Dylan, Kelly et Brenda. Le Peach Pit. Paie ton coup de vieux. C’est bien sur la nostalgie que joue ce revival, baptisé BH90210, en écho au titre américain Beverly Hill 90210 (la VF avait laissé tomber le célèbre code postal huppé « nine-o-two-one-o »). Mais plutôt qu’une simple suite ou un reboot, trente ans après, Fox expérimente en six épisodes avec un concept très meta dans lequel les acteurs jouent leur propre rôle. Et ça ne fonctionne qu’à moitié.

Vraie nostalgie et fausses coulisses

Revoir ces visages plus ou moins épargnés par le temps 20 ans après, c’est une façon de reconnecter avec son adolescence. Mais comme Jason Priestley le signale d’entrée lors des retrouvailles : « This is weird » (Ça fait bizarre).

Le concept de BH90210 n’est d’ailleurs pas simple à expliquer. Les acteurs ne reprennent pas leur personnage de Brandon/Kelly/Donna. Ils incarnent leur propre rôle, ou plutôt une version fictionnelle inspirée par la réalité, dans une sorte de faux documentaire («mockumentary »). Brian Austin Green n’est donc pas marié à Megan Fox mais à une popstar. Jennie Garth en est à son 3e mariage. Tori Spelling a cinq enfants et galère après l’annulation de sa série de téléréalité etc.

L’idée centrale, c’est de réunir ces sept acteurs, qui se sont perdus de vue, à l’occasion d’un panel pour fêter les 30 ans de la série à Las Vegas. Ils sont presque tous là – Shannen Doherty les rejoint via un live Instagram. Il y a évidemment un grand absent : Luke Perry, décédé au printemps après un AVC à 52 ans.

L’hommage à Luke Perry

« Je n’arrive pas à croire qu’on soit tous là », s’exclame Gabrielle Carteris (Andrea Zuckerman dans la série originale, qui est présidente du principal syndicat des acteurs IRL). « Si seulement c’était vrai », répond Jason Priestley. Musique triste. Regards larmoyants. Un peu plus tard, le gang trinque à la mémoire de « Luke ». Et à la fin de l’épisode, les enfants de Tori Spelling regardent la vieille série et on revoit l’acteur, les cheveux au vent, en voiture, qui dit à Jason Priestley/Brandon : « Bienvenue au Paradis. »

Un concept meta pas poussé assez loin

Sur ce premier épisode, la série est constamment coincée entre la fiction et la réalité. Tori Spelling a peur de retrouver Brian Austin Green, avec qui elle a « perdu [sa] virginité. » « C’était dans la série, non ? », lui demande Jennie Garth. « La vie imite l’art », répond Spelling.

Incarner une version exagérée de son propre rôle fonctionnait à merveille pour Matt LeBlanc dans la comédie Episode. Mais dans un drama, ce n’est pas vraiment le cas. Il y a bien quelques moments qui sonnent vrais, comme quand Jennie Garth demande à Jason Priestley : « Tu ne te demandes jamais comment nos vies auraient tourné si on n’avait pas joué dans la série ? » Mais au lieu d’un pari osé de cinéma-vérité qui nous aurait plongé dans la crise existentielle d’acteurs otage de leur personnage, Fox la joue plutôt safe avec des rebondissements sans grand intérêt. L’arrivée de Shannen Doherty dans l’épisode 2 pourrait toutefois secouer tout ça, alors que l’actrice, réputée ingérable, avait été virée à la fin de la saison 4 – après un coup de fil de Tori Spelling à son papa producteur Aaron Spelling.

Une suite pas exclue

Pour l’instant, ce revival a été vendu par Fox comme une « event series » limitée à six épisodes. Mais les productrices Jennie Garth et Tori Spelling ont déjà indiqué qu’une autre saison n’était pas exclue. Le premier épisode a d’ailleurs réalisé une audience correcte (pour l’été), et selon Deadline, des discussions sont en cours.