«Fort Boyard»: Pourquoi les épreuves sont-elles si populaires?

LES COULISSES DU FORT Avec 650 épreuves proposées depuis sa création, « Fort Boyard » est toujours aussi populaire auprès du public, notamment grâce à ses dizaines de jeux

Clément Rodriguez

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Guillaume Pley face à Mister Boo dans l'épreuve de la boue de «Fort Boyard»
Guillaume Pley face à Mister Boo dans l'épreuve de la boue de «Fort Boyard» — Christophe BRACHET
  • Cet été, Fort Boyard fête sa trentième saison sur France 2.
  • Chaque semaine, 20 Minutes vous raconte souvenirs et anecdotes sur le célèbre jeu.
  • Aujourd’hui, on vous explique comment sont conçues les épreuves.

Depuis 1990, Fort Boyard truste nos écrans de télévision tous les étés. Le jeu de France 2 est une vraie madeleine de Proust pour les téléspectateurs, qui aiment retrouver ce programme chaque année, toujours avec autant de plaisir. Parmi les facteurs qui rentrent en compte dans cette nostalgie collective, il y a bien sûr l’esprit du fort, les personnages qui l’incarnent, mais aussi les différentes épreuves.

Et si on était à leur place ?

Lorsque l’on est devant Fort Boyard, un phénomène d’identification se met automatiquement en place. En jouant sur les peurs des candidats, la production sait que les téléspectateurs frissonnent tout autant que les célébrités. Claustrophobie, arachnophobie, et zoophobie de manière générale font partie des phobies les plus partagées au monde. « Ce qui est important, c’est qu’on s’identifie. À leur place, est-ce qu’on le ferait ? » nous confie Yann Le Gac, alias le Père Fouras, qui a longtemps été en charge de la création des épreuves.

En prenant l’exemple de l’épreuve du saut de l’ange, il souligne l’émotion que dégagent les participants, ce qui déclenche la compassion du public. « Quand une personne vainc ses peurs, qu’elle est devant quelque chose qui l’effraie et qu’il y a un refus ou une sorte d’impossibilité, ça reste très touchant. Quand quelqu’un hésite et a peur, et qu’il y va d’un seul coup, le cri qui est poussé et la joie de l’avoir fait qui se lit sur les visages, ça m’émeut beaucoup parce qu’on sait que ça reste un souvenir » ajoute Yann Le Gac.

La simplicité avant tout

« Chaque année, l’idée est de surprendre le téléspectateur et d’avoir des jeux qui plaisent aux petits et aux grands, note Guillaume Ramain, producteur artistique de l’émission. Si on est là depuis trente ans, c’est parce qu’on essaye de continuer la recette du succès : des jeux amusants, des jeux où les candidats vont aimer se faire peur, des jeux impressionnants mais toujours en trouvant de nouvelles inspirations chaque année ». La pureté et la simplicité, voilà ce qui fait rêver les créateurs des jeux de Fort Boyard.

Pour qu’une épreuve soit réussie, il faut qu’elle soit la plus simple possible. C’est le mot d’ordre de Yann Le Gac, à qui l’on doit de nombreuses épreuves du fort. « Il y a une formule qui est magique quand on travaille sur le fort : quand un candidat rentre, il faut qu’il voit ce qu’il y a faire, qu’il repère la clé ou l’indice, et qu’il comprenne ce qu’il faut faire pour l’attraper, parce que le temps est très court. Au début, toutes les idées les plus simples ont été faites, et ça devient compliqué de faire simple au fil des années ». Lui s’inspirait de son quotidien afin de créer les épreuves, ce qui fait que cela fait écho à tous les téléspectateurs : « Ce sont des gestes banals mais toutes les idées sont autour de soi. On passe son temps à se demander comment on va récupérer telle ou telle chose » assure-t-il.

Des épreuves qui restent dans l’inconscient du public

Ce qu’aime l’interprète du Père Fouras, c’est avant-tout quand l’épreuve est tellement ancrée dans la culture populaire qu’elle en devient indissociable de la vie quotidienne des téléspectateurs. « Ce qui est toujours intéressant dans une épreuve, c’est quand cela touche l’inconscient des gens » nous explique Yann Le Gac.

Le créateur des épreuves se remémore notamment le jeu du tourniquet, dans lequel les candidats doivent dévisser six vis papillon pour libérer la clé, tout en enjambant des obstacles. L’idée de cette cellule lui est venue avec les portes tambour qui trônent généralement à l’entrée des hôtels. « Je m’étais dit que le principe était rigolo » raconte Yann Le Gac. Après, quand quelqu’un rentre dans un hôtel et qu’il se dit “tiens, c’est comme dans Fort Boyard”, là c’est gagné parce qu’on a retourné la situation ».