«Fort Boyard»: «J’ai chialé au moment de dire au revoir aux équipes» confie Patrice Laffont

LES COULISSES DU FORT L’ancien présentateur de « Fort Boyard » revient exceptionnellement chez le Père Fouras pour cette trentième saison

Clément Rodriguez

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Patrice Laffont revient dans «Fort Boyard» four fêter les trente ans
Patrice Laffont revient dans «Fort Boyard» four fêter les trente ans — Christophe BRACHET
  • Cet été, Fort Boyard fête sa trentième saison sur France 2.
  • Chaque semaine, 20 Minutes vous raconte souvenirs et anecdotes sur le célèbre jeu.
  • Aujourd’hui, Patrice Laffont nous parle de son retour, et ses adieux, au fort.

Un come-back attendu ! Cet été, Patrice Laffont fera son grand retour dans Fort Boyard. Alors que cela fait 20 ans que le comédien a arrêté la présentation de l’émission estivale de France 2, il remet les pieds sur le fort pour fêter les 30 ans du programme. Entre joie de revenir et tristesse de quitter (à nouveau) les équipes de production, Patrice Laffont se confie à 20 Minutes sur sa réapparition sur le mythique fort.

Qu’est-ce que ça vous fait de revenir sur le Fort 20 ans après l’avoir quitté ?

J’étais très ému qu’ils me fassent cet honneur. Au début, je pensais simplement que j’allais leur faire la bise pour leur anniversaire. Puis ils m’ont expliqué qu’ils voulaient remettre mon personnage dans le coup donc je trouvais ça plutôt sympa. Depuis la fin de mon animation, j’y suis retourné deux fois, notamment il y a six ans en tant que candidat. Ce n’est pas comme si je n’avais pas revu le fort depuis 20 ans. Malgré tout, cette fois-ci, tout l’environnement a changé, les gens que je connaissais sont partis et l’équipe est beaucoup plus importante, les moyens mis en œuvre aussi, donc j’ai pris un gros souffle dans la gueule. Le fait d’y retourner, ça m’a vraiment ému bizarrement, parce que je ne suis pas quelqu’un qui s’attache trop à ce genre de choses. Mais là, j’étais très content de la chaleur dont tout le monde m’entourait, on m’appelait le parrain, il y avait tout un contexte émouvant.

Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur votre rôle cette année ?

C’est mon personnage qu’ils ont mis dans la vigie, à l’ancienne place mythique du Père Fouras. Ça m’a d’ailleurs fait un peu peur au début parce que la vigie est très haute, il a fallu que je me farcisse un certain nombre d’escaliers… Mais ça m’a permis de voir que je n’étais pas trop en mauvaise forme parce que les jambes avaient un peu de mal mais le souffle et le cœur avaient l’air de tenir. Je me suis retrouvé dans la vigie, là-haut, où j’ai l’un de mes anciens costumes, et j’accueille certains des candidats des différentes équipes et je les envoie dans une espèce de machine à remonter le temps inventée par le Père Fouras, très « boyardesque » avec de la fumée. Je lui intime d’aller faire une épreuve qui était culte à mon époque. Et cela compte vraiment parce que la clé servira pour le reste du jeu, ce n’est pas un truc bidon. Je suis dans un placard couvert de toiles, on me dépoussière et je reviens à la vie.

Pourriez-vous retourner à l’animation de Fort Boyard ?

À mon époque, par rapport à maintenant, c’était plus une colonie de vacances, on arrivait à midi, on mangeait tranquillement à la cantine, on faisait une partie de foot ou de volley dans la cour. Maintenant tout ça est terminé. C’est très militaire dans le bon sens du terme, il y a une rigueur absolument extraordinaire. J’admire énormément Olivier Minne parce qu’il fait un très beau boulot, en particulier cette année où il est au top de sa forme. Je n’aurais pas pu faire ce qu’il fait. Si on m’avait fait travailler dans les conditions d’aujourd’hui, j’aurais décroché. Les conditions sont différentes, ils finissent tard à cause de l’émission de deuxième partie de soirée. Nous, à 20h30, c’était bouclé et on faisait la fête le soir. J’ai toujours dit que Fort Boyard c’était ma thalasso avant les vacances. Je prenais l’air, j’avais créé un personnage et le soir on profitait de la région, on faisait la fête, les grosses bouffes, on allait en boîte. Aujourd’hui c’est terminé, ils sont comme des moines, c’est travail-travail-travail. Mais c’est bien parce que l’efficacité est là. C’était plus déconneur quand j’étais là-bas. Olivier Minne, il est tout le temps en action alors que quand j’y étais, il y avait des grandes époques où on glandait. Je n’aurais pas tenu ce rythme, même jeune.

Quel souvenir garderez-vous du Fort ?

Ce qui m’a ému terriblement, c’est lorsque, le dernier jour, je suis allé dire au revoir au réalisateur Francis Coté. Je suis allé dire au revoir aux équipes, puis j’ai traversé la cour pour aller prendre mon bateau. À ce moment-là, il y avait un grand nombre de gens qui étaient en train de préparer les épreuves. Mais que ce soit Olivier, les candidats ou les équipes, ils m’ont fait une sorte de standing-ovation, comme si c’était un dernier plan au cinéma. J’ai chialé, je l’ai caché le plus possible mais ça m’a profondément ému parce que c’était peut-être la dernière fois que je voyais le fort. Je n’ai plus de raison d’y retourner donc ça m’a fait un coup.