«On n'est pas couché»: Les propos de Christine Angot sur l'esclavage suscitent l'indignation

POLEMIQUE Sur le plateau de Laurent Ruquier samedi, la chroniqueuse a fait un parallèle incompréhensible entre la Shoah et l’esclavage

C.W.

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L'autrice Christine Angot.
L'autrice Christine Angot. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Une fin de saison sous le signe de la polémique pour On n'est pas couché ? Depuis samedi, des propos de la chroniqueuse Christine Angot font beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. Pour cause, alors que Franz-Olivier Giesbert présentait Le Schmock, un ouvrage sur une histoire d’amour dans l’Allemagne nazie, l’autrice s’est lancée dans un parallèle incompréhensible entre la Shoah et l’esclavage.

« Ce n’est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes »

« Ce qui est intéressant dans la période qu’on vit aujourd’hui, c’est que précisément, une des difficultés, avec cette histoire de concurrence des mémoires, qui serait une chose vraiment… "c’est terrible, il ne faut pas qu’il y ait de concurrence des mémoires, tout ça c’est pareil, tout le monde a souffert et les souffrances sont toutes à égalité". A force de vouloir indifférencier les souffrances des uns et des autres, ça conduit à l’indifférence, de ce qu’a vécu un groupe de personnes ou une personne en particulier », développe-t-elle avant de poursuivre avec un parallèle entre la Shoah et l’esclavage.

« Et là par exemple on l’a rappelé tout à l’heure avec Ginette Kolinka [rescapée d’Auschwitz, présente sur le plateau d’ONPC], en parlant de camp de concentration ou de camp d’extermination. Donc qu’est-ce que ça fait, ça met l’accent sur le fait que le but avec les Juifs pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, de les tuer, et ça introduit par exemple une différence fondamentale, alors qu’on veut confondre, avec par exemple l’esclavage et l’esclavage des Noirs envoyés aux États-Unis ou ailleurs, et où c’était exactement le contraire. C’est-à-dire l’idée c’était qu’ils soient en pleine forme, en bonne santé pour pouvoir les vendre et pour qu’ils soient commercialisables. Donc non, ce n’est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes », termine-t-elle.

Des propos qui très vite, ont suscité l’incompréhension et l’indignation sur Twitter, rapporte le Huffington Post. « Il semble que Christine Angot a cette fois minimisé la souffrance et la mort liées à la traite des Noirs puisque selon elle, les esclaves étaient maintenus en bonne santé (sous-entendu : ils étaient donc bien traités). Ignorance ? Maladresse ? Stupidité ? Une honte en tout cas », a notamment réagi l’ancien chroniqueur Aymeric Caron.