Faustine Bollaert explique son succès: «Je ne réfléchis pas au fait qu’on va me regarder, me juger»

INTERVIEW Faustine Bollaert, la reine des après-midi de France 2, s’est confiée sur sa routine dans « Ça commence aujourd’hui »

Propos recueillis par Claire Barrois

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Faustine Bollaert sur le plateau de «Ça commence aujourd'hui».
Faustine Bollaert sur le plateau de «Ça commence aujourd'hui». — Gilles Gustine
  • Faustine Bollaert est à la tête de « Ça commence aujourd’hui » depuis bientôt deux ans, et a fait oublier ses prédécesseurs sur la case de l’après-midi.
  • Sa sensibilité l’a rendue attachante, mais a aussi pu perturber son équilibre.
  • L’animatrice de France 2 explique à 20 Minutes la recette de son succès.

Elle nous accompagne tellement au quotidien qu’on pourrait penser qu’elle est dans le paysage depuis toujours. En réalité, Faustine Bollaert incarne les après-midi de France 2 depuis deux ans seulement. Son émission Ça commence bat régulièrement les records d’audience de la chaîne sur la case autrefois sinistrée des après-midi.

L’animatrice a fait de la simplicité et de l’accessibilité sa marque de fabrique, voire un art, un peu fascinant on doit bien l’admettre. 20 Minutes a rencontrée Faustine Bollaert et a essayé de percer le secret de son succès.

Dans « Ça commence aujourd’hui » et « A table », qui revient en prime les 14 et 21 mai, vous incarnez chacun des téléspectateurs. Est-ce quelque chose que vous travaillez beaucoup ?

Non, je crois que le secret c’est que je suis exactement la même à la vie qu’à l’écran. Je n’ai pas de complexes à dire que je suis madame Tout-le-monde. Je découvre, j’apprends, je suis émue comme tout un chacun. J’ai accès à mes émotions, je ne les cache pas.

Ça fait aussi vingt ans que je suis à la télévision, donc je fais partie du paysage. Les gens m’ont connue avec des kilos en trop, enceinte… Ils ont fini par m’adopter, je suis devenue un membre de la famille. Nous avons une relation dans le temps.

Dans « A table », vous faites vraiment le lien entre le téléspectateur et les experts, le chef Yves Camdeborde et la chercheuse en nutrition de l’Inserm Mathilde Touvier…

Je dis tout ce qui me passe par la tête sans que ce soit préparé. On m’a donné quelques chiffres que je donne comme indicateurs, sinon je fais les réflexions que tout un chacun fait tout haut derrière sa télé. Je ne réfléchis pas au fait qu’on va me regarder, me juger.

Vous avez confié récemment avoir souffert de ne pas vous être assez protégée face aux témoignages parfois difficiles que vous recueillez dans « Ça commence aujourd’hui ». Avez-vous trouvé comment mieux vivre les choses ?

Je ne mets pas plus de distance qu’avant avec les gens, mais j’ai mis en place des rituels de protection. Sur le plateau, je ne peux pas expliquer ce qui me remue dans l’histoire des gens, je ne vais pas raconter ma propre vie, on n’est pas là pour ça. En revanche, aujourd’hui, à chaque fin de session, j’évacue tout de suite ce qui m’a travaillée. Je vide ma jauge d’émotions avant de repartir dans ma vie. Il ne faut pas faire comme si de rien n’était. J’en parle soit avec mon mari, soit avec ma productrice, qui maintenant fait attention à ne pas me faire tourner trop d’émissions graves à la suite. Je suis dans la sève de la vie, je suis ultra privilégiée.

Pour faire ce genre d’émission, il faut être dans une vie parfaitement équilibrée. Ecouter les gens sans relâcher mon attention quand ils me racontent quelque chose demande beaucoup de concentration. Le matin, une fois qu’il a déposé les enfants à l’école, mon mari m’envoie un texto pour me dire que tout roule, c’est un feu vert pour la concentration. La nounou fait la même chose quand elle les récupère le soir, et j’appelle cinq minutes mes enfants pour qu’ils me racontent leur journée avant de repartir. J’ai besoin d’être extrêmement sécurisée dans ma vie personnelle pour être bien sur le plateau.

En bientôt deux ans, vous avez doublé les audiences de la case de l’après-midi de France 2. Qu’est-ce que ça vous fait ?

Déjà, j’ai gagné en liberté. Au début, je portais le poids de mes illustres prédécesseurs, Jean-Luc Delarue et Sophie Davant. On attendait de moi que je sois un peu comme eux. Aujourd’hui, on a totalement confiance en moi. Personne ne me dit ce que je dois faire dans l’oreillette. On ne coupe plus mes réactions. Au début, on a coupé certaines de mes larmes, aujourd’hui on les laisse. Je traite aussi un éventail de sujets plus larges. J’ai aussi compris, sans aucune prétention, que j’avais une place importante dans l’émission. Les gens viennent voir une rencontre, ma manière de réagir aux témoignages et pas seulement ces témoignages.

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