Antisémitisme: France 3 Alsace a dû arrêter son Facebook Live au cimetière juif de Quatzenheim

MEDIAS Face au déferlement de commentaires antisémites et d’appels au meurtre impossibles à modérer, nos confrères ont préféré interrompre la diffusion de leur Facebook Live...

F.R.

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Emmanuel Macron s'est rendu, le 19 février 2019, au cimetière juif profané de Quatzenheim (Bas-Rhin).
Emmanuel Macron s'est rendu, le 19 février 2019, au cimetière juif profané de Quatzenheim (Bas-Rhin). — Frederick FLORIN / POOL / AFP

Un dégoût et un effarement qui n’ont rien de virtuels. Mardi, France 3 Alsace a retransmis en Facebook Live – c’est-à-dire en direct sur sa page du réseau social – la visite d’Emmanuel Macron au cimetière juif de Quatzenheim (Bas-Rhin) où 90 tombes avaient été profanées quelques heures plus tôt. Mais nos confrères ont rapidement décidé d’arrêter la diffusion. Ils en expliquent ce mercredi les raisons.

« Les commentaires ignobles et illégaux ont largement dépassé notre capacité à les modérer, avance France 3 Alsace. Nous ne parlons pas des commentaires bêtement stupides ou hors sujets, ni même des commentaires anti-Macron, poursuit la rédaction, [mais] d’appels au meurtre explicites, de commentaires ouvertement antisémites et racistes, des "Heil Hitler", des "sale juif " ou "sales juifs", qu'ils adressent à Emmanuel Macron ou aux représentants de la communauté juive. »

« Savent-ils qu’on peut faire de la prison pour un commentaire sur Facebook ? »

« Ces internautes, pas toujours anonymes à en juger par leur patronyme, savent-ils que ces écrits sont un délit ? Qu’on peut faire de la prison ferme pour un simple commentaire sur Facebook ? A quel moment, est-il devenu normal d’appeler publiquement à tuer quelqu’un, qu’il soit chef de l’Etat ou simple habitant d’un village alsacien ? », s’interrogent nos confrères qui rappellent que Facebook « n’échappe pas au code pénal ».

France 3 Alsace souligne que ces commentaires « sont le fruit pourri d’une minorité d’internautes », mais que cela suffit à l’empêcher de diffuser d’autres événements en Facebook live pour éviter que cela se reproduise. Pour la rédaction régionale, cela représente « un nouveau rétrécissement du champ d’action » des journalistes, « un rétrécissement de la démocratie et de la liberté de jouir de nos droits, de tous nos droits ».