«Le Grand oral»: L'audacieux concours de France 2 célèbre l'art de bien parler

ELOQUENCE Douze candidats participent au concours d'éloquence présenté par Laurent Ruquier que diffuse France 2 ce mardi soir

Fabien Randanne

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Gisele, Virginie et Lamine, trois des douze candidats du «Grand oral» de France 2.
Gisele, Virginie et Lamine, trois des douze candidats du «Grand oral» de France 2. — BARBEREAU BERNARD / FTV
  • Ce mardi, à 21h, France 2 diffuse « Le Grand oral ».
  • Douze candidats d’âges et d’horizons divers participent à ce concours d’éloquence, célébrant l’art de bien s’exprimer.
  • « Pendant le tournage, on a tous été assez bouleversés », confie Michel Field, qui a eu l’idée de l’émission, à 20 Minutes.

La France a un incroyable talent d’orateur. Ce mardi dès 21h, France 2 célèbre l’éloquence, l’art de bien parler, le temps du Grand oral, un concours présenté par Laurent Ruquier. Douze candidats, âgés de 18 à 78 ans, venus du Limousin, du Val de Marne ou de Wallis et Futuna, tenteront, avec les textes qu’ils ont eux-mêmes écrits, de remplir les critères d’un discours réussi : convaincre, divertir et émouvoir.

« L’idée qu’en prime time, pendant deux heures et demi, on retienne l’attention des gens juste sur la parole a fait un peu peur en interne, confie à 20 Minutes Michel Field, à l’origine de l’émission. On a l’impression que l’émotion va être plus facilement au rendez-vous avec la chanson, comme dans The Voice, ou avec le classique, comme dans Prodiges. Mais pendant le tournage du Grand oral, on a tous été assez bouleversés. »

Larmes aux yeux

Il y a de quoi sentir les larmes poindre lorsque Pasikavaia évoque ses difficultés à maîtriser parfaitement le français ou rester suspendu aux lèvres de Martial quand il raconte comment il a secouru un homme dont le cœur s’était arrêté de battre. Il y a de quoi être marqué par la fantaisie de Gisèle et son ode aux sexagénaires ou par Mounir, le chauffeur de bus épris de poésie.

« J’ai été très très emmerdant avec la production car je demandais une grande diversité de candidats, souligne Michel Field. Je ne voulais pas uniquement des jeunes ayant un rapport avec le slam ou le rap, mais que tous les âges et milieux sociaux soient représentés. »

« Décomplexer un certain nombre de téléspectateurs »

A l’écran, cela donne une grande variété de styles, de tons et d’accents. « Je souhaitais quelque chose de sociétal, reprend Michel Field, qu’on se rende compte que la parole est un bien commun et en même temps une conquête. Il y a beaucoup de gens pour qui l’usage de la parole, la légitimité à parler, ne vont pas de soi. Pour chaque candidat la parole est un enjeu, parfois un combat quotidien. J’aimerais que ce message puisse passer et décomplexer un certain nombre de téléspectateurs. »

Il fallait bien un écrin comme le Cirque d’hiver, à Paris, pour servir de décor à ce concours qui fait voltiger les rimes et virevolter la prose. France 2 a pris une décision audacieuse en mettant les mots en tête d’affiche. En divertissant intelligemment, la chaîne remplit son contrat de service public. « On est dans un moment où les gens ont envie de parler, c’est le moins qu’on puisse dire - les gilets jaunes sont là pour nous le rappeler, note Michel Field. Mais est-ce qu’ils ont envie d’entendre et d’écouter ? » Au tour des téléspectateurs de s’exprimer.

 

Un jury éloquent

Les candidats sont départagés par un jury composé de l’ex-ministre Roselyne Bachelot, du rappeur Oxmo Puccino, de l’humoriste Caroline Vigneaux, de l’ex-Miss France Sonia Rolland, de l’agent de comédiens Dominique Besnehard et de l’avocat Bertrand Périer. Ce dernier apparaît dans A voix haute de Stéphane de Freitas et Ladj Ly. Diffusé en 2016 sur France 2, ce documentaire sur le concours d’éloquence Eloquentia avait été accueilli par un bon score d’audience.