Le cuisinier étoilé Michel Sarran dans la saison 10 de Top Chef.
Le cuisinier étoilé Michel Sarran dans la saison 10 de Top Chef. — Marie Etchegoyen / M6

EMISSION

VIDEO. «Top Chef» : «Il faut être honnête, l’émission a changé ma vie», reconnaît Michel Sarran

La saison 10 de « Top Chef » se poursuit ce mercredi sur M6. Le chef étoilé Michel Sarran évoque pour 20 Minutes ce qui fait la recette du succès de cette émission devenue incontournable dans le paysage gastronomique français

  • Top Chef revient ce mercredi soir sur M6 pour l’épisode 2 de sa dixième saison.
  • Michel Sarran, l’un des quatre chefs étoilés membre du Jury, revient sur ce que lui a apporté l’émission depuis son arrivée dans l’équipe il y a cinq ans.
  • En dix saisons, le cuisinier estime que Top Chef a réussi à s’installer dans le quotidien des Français mais aussi dans celui du monde très fermé des chefs étoilés.

Alors que le second épisode de la saison 10 de Top Chef est diffusé ce mercredi soir, Michel Sarran revient sur les cinq années qu’il vient de vivre au sein du programme phare de M6. Et dans lequel « il se sent bien ».

De l’impact du concours télévisé culinaire sur la gastronomie française à ses conséquences sur sa propre vie, le chef étoilé de 58 ans livre sa propre recette de la réussite de Top Chef.

Pourquoi avoir accepté il y a cinq ans d’entrer au jury de Top Chef ?

Au départ j’ai dit non. Je me suis dit : « je ne vois pas ce que je pourrai apporter à la télé et ce que la télé pourrait m’apporter ». Finalement, M6 a insisté, j’ai fait le casting qui ne s’est pas très bien passé. Et ils m’ont appelé et là j’avoue que j’ai commencé à flipper. En même temps c’était une nouvelle aventure et je suis friand de nouvelles expériences. Quand ils m’ont choisi, j’avais été tellement désagréable sur le casting, je crois qu’ils m’avaient pris pour tout autre chose. Il ne m’attendait pas là.

Chacun à son rôle dans l’émission ?

Chacun est ce qu’il est. On ne joue pas la comédie. On est authentique. Philippe, il est comme ça, Hélène et Jean-François aussi. On a quatre personnalités différentes qui fonctionnent bien ensemble. Un rôle, j’en ai joué un, c’est très différent.

Qu’est ce que l’émission vous apporte ?

Il faut être honnête, l’émission a changé ma vie, juste ça. Quand vous avez trois millions de personnes qui vous regardent, ça change tout. Les restaurants étoilés ne sont connus que d’un public averti. Demandez à Toulouse quels sont les trois étoiles qu‘il y a en Rhône-Alpes, très peu vont vous répondre. Vous demandez quel est le chef le plus connu de France, combien vont vous répondre Philippe Etchebest ? Ça rend extrêmement populaire.

Vous avez une notoriété beaucoup plus importante ?

C’est 3 millions en France, sans compter les replays, la Belgique, la Suisse, les diffusions dans les autres pays. L’autre jour j’ai pris l’avion pour une émission, il y avait un metteur en scène algérien, qui m’a dit « Chef, on vous adore ». Ça change le côté personnage public. Ça change pour l’activité du restaurant, pour les sollicitations les plus folles.

Quelles sont les plus folles que vous ayez eu ?

Une fois une maman m’envoie un message en me disant « écoutez ma fille est fan de vous et j’ai un mal fou dans son éducation, est ce que vous pourriez m’aider ? ». J’ai dit, mais non, je ne suis pas Super Nanny. Tous les jours on est sollicité par des associations et dire non à des causes, c’est dur.

Est-ce que Top Chef vous a permis de faire des choses que vous n’auriez jamais faites sans cette notoriété ?

Bien sûr, j’ai fait le trophée Andros. On est très sollicité. Mais je ne peux pas et je ne veux pas faire n’importe quoi. Mais il y a quelques émissions qui m’intéresseraient comme celle d’aventure avec Mike Horn ou Pekin Express. J’ai aussi participé à une série télé, Léo Mattei, Brigade des mineurs, avec Jean-Luc Reichmann qui sera diffusée le 14 février (sur TF1). C’est plus flippant que le tournage de l’émission, parce qu’il faut rentrer dans la peau du personnage, avoir la bonne diction.

Allez-vous continuer l’aventure Top Chef ?

Nous sommes des intermittents. Ça ne nous appartient pas. Aujourd’hui je me sens plutôt bien dans l’émission, c’est agréable de retrouver les copains et d’avoir cet intermède dans une vie hyper dense. C’est aussi une émission qui est regardée dans le paysage gastronomique français.

C’est aussi ce qui a changé en 10 ans, désormais tous les étoilés passent par Top Chef ?

J’étais le premier à avoir peur, je considérais que c’était de la téléréalité. Mais pas du tout, c’est un concours télévisé. Tout le monde y est passé, Bocuse, Robuchon et cette année Ducasse alors qu’il avait toujours refusé. Il est surpris par le niveau aussi. Les a priori tombent, un programme télé qui tient dix ans, et a la deuxième meilleure audience pour le lancement, c’est pas mal.

On vous en parle aussi dans votre restaurant ?

Tout le monde m’en parle. Là aussi j’avais des a priori, je me disais c’est madame Michu qui regarde Top chef. Mais, Nikola Karabatic regarde Top Chef, Bigflo & Oli regardent. Des amis qui sont aussi dans l’industrie, c’est tout le monde, ça appartient à tout le monde.

C’est aussi pour cela que c’est la franchise qui marche le mieux. C’est devenu la référence dans un pays où la gastronomie est une religion, ce n’est pas étonnant.

Pensez-vous avoir remis les gens aux fourneaux ?

Il y a une étude qui a été faite à la demande de M6 sur l’impact de Top Chef sur les professionnels et sur les ménages.

Ça donne l’envie de cuisiner parce que le geste culinaire avait un peu disparu des foyers, c’est dommage pour une alimentation plus saine mais c’est aussi un vrai moment de partage dans une cellule familiale.

Les candidats de la saison Top 10 sont-ils d’un bon niveau ?

Sur les épreuves de constitution des brigades, quand on voit un niveau comme ça, on se dit « ouf ». Ça monte. Cette année, c’était plus homogène au niveau des plats qu’ils ont réalisés sur la première épreuve.

Quelle relation entretenez-vous avec les candidats ?

Il ne fait pas trop qu’on tombe dans l’affect car le principe du concours c’est que toutes les semaines il y en a un qui part. La première journée, on est moins attachés, on ne les connaît pas. Ça nous touche un peu quand même, c’est dur, ils y croient.

Avec Top Chef, pour tous, il y a un avant et un après. Les candidats sont tous déjà dans des restaurants, après l’émission ils sont très sollicités, on leur propose plein de choses. Ils font leur vie. J’ai gardé des contacts avec Coline qui est à Marseille, je lui donne un coup de main. C’est une fille extraordinaire qui a de grandes qualités professionnelles et humaines.

Avez-vous regretté des choses dans ces cinq saisons ?

Je ne me suis pas posé de questions. Je me souviens du tout premier tournage chez moi dans le Gers, où j’ai versé ma larme, je me suis dit « ça part mal ». Mais ce qui est fait est fait. J’ai des retours positifs, je ne pense pas être détesté des téléspectateurs.

Vous regardez l’émission ?

L’année passée, je n’ai pas trop regardé. Cette année on a vécu des moments très forts, notamment un tournage chez Anne-Sophie Pic, il s’est passé quelque chose, c’était profond, sincère.

>> Hélène Darroze? Philippe Etchebest? Michel Sarran? Jean-François Piège? Quel est votre membre du jury préféré? Et surtout, pourquoi? Pour sa personnalité? Pour sa manière de juger les plats? De coacher sa brigade (ok, sur ce dernier point, on ne sait encore rien de Jean-François Piège)? Pour la façon dont il fait le show dans l'émission? Pour une autre raison?

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