«The Bi Life»: L'émission de dating de E! cherche à combattre les préjugés sur la bisexualité

TELEVISION E ! diffuse dès ce mercredi, à 21h, « The Bi Life », une émission de rencontres amoureuses centrée sur des célibataires bisexuels…

Fabien Randanne
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La drag queen Courtney Act présente «The Bi Life».
La drag queen Courtney Act présente «The Bi Life». — E! Entertainment
  • « The Bi Life » est une émission de « dating » britannique diffusée en France sur la chaîne E !, à partir de 21h ce mercredi.
  • Neuf célibataires, bisexuels et bisexuelles, enchaînent les rencontres romantiques sous le soleil espagnol et se confient sur leurs vies et expériences.
  • L’émission est présentée par Shane Jenek, plus connu en tant que drag-queen sous le nom de Courtney Act.

Cinq hommes et quatre femmes, tous et toutes britanniques et célibataires, réunis dans une villa sous le soleil de Barcelone (Espagne)… Des ingrédients typiques d’une émission de « dating » narrant les péripéties affectives de cœurs à prendre. Opération séduction aux Caraïbes, Qui veut épouser mon fils ? et autres Bachelor ont déjà exploré la recette mais en se cantonnant aux horizons hétéros. Or, comme son titre l’indique, The Bi Life, lancée sur la chaîne E ! ce mercredi à 21h, s’appuie sur un casting composé uniquement de bisexuels et bisexuelles. Les neuf protagonistes ne sortent pas entre eux, mais sont conviés, au fil des dix épisodes, à rencontrer d’autres hommes et femmes cherchant l’amour.

L’émission, déjà diffusée outre-Manche cet automne, est présentée par la drag-queen Courtney Act – incarnée par Shane Jenek qui apparaît aussi en tant que tel dans le programme. « Quand on m’a proposé de l’animer, j’étais très enthousiaste, car c’est une opportunité de raconter une histoire queer [non relative à l’hétérosexualité] sur une chaîne mainstream [grand public] », explique l’artiste à 20 Minutes. Pas dupe que la téléréalité est souvent entourée d’une aura « trash et sensationnaliste », elle assure que tout est narré « avec dignité » : « il y a des prises de bec et des larmes, bien sûr, mais aussi beaucoup de cœur et d’authenticité ».

The Bi Life offre une visibilité à laquelle les bis ont rarement droit et a l’ambition de combattre les préjugés tenaces sur la bisexualité. « Les personnes bisexuelles vivent une sorte de double peine et se sentent rejetées tant par les gays que les hétéros. On les affuble du même coup de tout un tas de défauts : on les considère comme instables, peu équilibrées, infidèles… », avançait auprès de 20 Minutes Joël Deumier, le président de SOS homophobie, en septembre.

« Les bis représentent le plus gros pourcentage de la communauté LGBT »

« Il y a beaucoup de biphobie émanant des hétéros et des homos, confirme Courtney Act. Dans la communauté LGBT [lesbienne, gay, bi, trans], les bis représentent pourtant le plus grand pourcentage, mais sont les moins visibles. » Dans l’esprit de certains, la bisexualité n’existe pas. La drag-queen australienne de 36 ans, qui a participé à la saison 6 de RuPaul’s Drag Race, a une explication là-dessus. « Beaucoup de gays, quand ils font leur coming out, annoncent qu’ils sont bisexuels parce que ça leur semble moins dangereux. Ils disent :"Je suis toujours attiré par les femmes mais j’aime aussi les hommes". S’ils voient que leur entourage l’accepte, ils seront rassurés et s’affirmeront alors comme homosexuels. Donc quand quelqu’un se présente à eux comme bisexuels, ils peuvent avoir tendance à répondre "J’ai aussi été bisexuel et puis j’ai appris à me connaître et pris conscience que j’étais gay", comme si ceux qui se disent bi étaient en réalité des homos. »

The Bi Life, présente, à travers ses protagonistes, des plus timides aux plus séducteurs, qu’il n’y a pas qu’une manière de vivre sa bisexualité. En se confiant sur leur vécu et leurs ressentis, les célibataires de l’émission inciteront sans doute une partie du public à se débarrasser de ses œillères. « En tant que queers [personnes ne se reconnaissant pas dans l’hétérosexualité], on veut que les gens nous écoutent et nous comprennent, aussi, il est important que l’on ne remette pas en cause ce que les bisexuels disent, exhorte Courtney Act. Il n’y a aucun intérêt à affirmer que l’on est attiré par les deux genres si ce n’est pas le cas. Au final, tout ça, c’est juste une question d’amour. »