Daphné Burki à la 33e cérémonie des Victoires de la Musique sur «France 2»
Daphné Burki à la 33e cérémonie des Victoires de la Musique sur «France 2» — DAVID NIVIERE/SIPA

MUSIQUE

Vous aussi vous adorez critiquer les Victoires de la musique? On a trouvé comment les révolutionner

La 34e édition aura lieu vendredi et suscite toujours les mêmes critiques

  • Les Victoires de la musique 2019 se tiennent vendredi soir à la Seine musicale et sur France 2.
  • La cérémonie est souvent jugée trop longue et peu représentative de la réalité des goûts du public.
  • « 20 Minutes » a cherché des améliorations possibles pour les Victoires.

Que nos favoris gagnent ou perdent, critiquer la cérémonie des  Victoires de la musique est un sport national. L’an dernier, l’émission avait rassemblé 2,82 millions de téléspectateurs, soit 15 % de part d’audience. Bien mais pas top. Cette année, se succéderont, en direct, sur la scène de la Seine Musicale, Eddy de Pretto, Chris (anciennement Christine and the Queens), Aya Nakamura Bigflo & Oli, Etienne Daho… Et comme chaque année, on se plaindra d’une cérémonie trop longue, qui ne fait pas assez de place aux artistes émergents, qui boycotte Johnny, qui a des catégories nawak…

Mais à 20 Minutes, on est sympa et on aime aider notre prochain. Voilà pourquoi on a cherché des solutions à ces insolubles problèmes.

A minuit, tout le monde au lit

Vous aussi vous réprimez un soupir de soulagement à l’annonce de l’artiste masculin de l’année, qui marque la fin des Victoires ? On est d’accord, la cérémonie qui dure de trois à quatre heures est longue, trop longue. L’année dernière elle s’était terminée à 00h45.

Et si on s’inspirait des Oscars 2018 pour écourter les discours des lauréats, qui avouons-le, sont répétitifs et pas des plus passionnants. Lors de la 90e cérémonie des Oscars, Jimmy Kimmel, le présentateur, a eu la brillante idée de mettre en jeu un jet ski d’une valeur de 18.000 dollars pour l’oscarisé qui réalisera le discours le plus court de la soirée. Même si la remise des prix reste longue, l’initiative aura au moins permis aux téléspectateurs de se divertir et de rester investi dans chaque speech.

Une autre solution serait de mettre moins de catégories à l’antenne. Les Grammy Awards par exemple ont deux cérémonies, l’une télévisée, l’autre pas. Ainsi, seules les catégories accueillant des artistes que la production de l’émission souhaite voir chanter seraient retransmises. Cela permettrait aussi d’avoir un show plus homogène.

Au Québec, existe également une cérémonie spécifique pour les producteurs indépendants. Elle a le mérite de mettre en avant des artistes émergents ou méconnus. Pas sûr que l’urgence soit là en France. En revanche, les Victoires devraient peut-être faire plus de place à la manière dont la musique est consommée aujourd’hui et récompenser plus de clips et de singles.

Mais où est Johnny ?

Le système de sélection des nommés  fait chaque année des déçus. Alors qu’il s’est hissé à la première place du classement des meilleures ventes de l’année 2018 (1,5 million d’exemplaires vendus), l’album posthume Mon pays c’est l’amour de Johnny Hallyday n’a pas été sélectionné pour la 34e cérémonie des Victoires.

Les fans du rockeur décédé l’année dernière n’ont pas manqué de le signaler et de partager leurs regrets sur les réseaux sociaux avec le hashtag OnVeutJohnnyAuxVictoires2019.

Les nommés aux victoires ne sont pas choisis en fonction des ventes de disques ou des goûts du public, mais par un jury de 600 professionnels de la musique (artistes, producteurs, journalistes, programmateurs radio, disquaires, etc.). La voix des Français compte pour une seule catégorie, celle de « La chanson originale de l’année ». Tout le monde peut voter jusqu’au 7 février parmi les trois finalistes choisis par ses 600 professionnels : Boulevard des airs (Je me dis que toi aussi), Louane feat. Julien Doré (Midi sur novembre), Aya Nakamura (Djadja) et OrelSan feat. Damso (Rêves bizarres).

Il serait peut-être tant de laisser le public s’exprimer un peu plus, pourquoi pas sur le modèle de Destination Eurovision où les voix de public comptaient pour 50 % du choix final. Les Victoires pourraient aussi s’inspirer des Césars qui ont créé un César du public au film français ayant réalisé le plus d’entrées en salles. Une Victoire de la tournée la plus populaire, en fonction des taux de remplissages, ou une Victoire du tube, avec le titre le plus écouté en streaming, ça ne serait pas du luxe.

Sept Victoires et basta

Il n’y a pas de doutes que la cérémonie permet à des artistes avec peu d’exposition médiatique de se faire mieux connaître du grand public. L’appellation de certaines catégories laisse tout de même à désirer. On se questionne notamment sur la distinction entre « Album rap » et « Album de musiques urbaines » et sur la pertinence de la catégorie « Album de musiques du monde ». Elle regroupe généralement des artistes originaires d’Afrique, du Moyen-Orient ou des DOM-TOM français. Aline Renet du syndicat des tourneurs s’est exprimée sur le sujet auprès de Libération : « Cette dénomination n’est pas pertinente. Est-ce qu’il existe une cérémonie similaire dans un pays d’Afrique avec une catégorie "musiques du monde" pour définir les musiques créées dans l’hémisphère nord ? »

Peut-être faudrait-il inventer une Victoire de la musique modale, par opposition à la musique tonale qui représente 100 % des autres Victoires. On échapperait ainsi à cette dénomition étrange de « Musiques du monde » tout en continuant à accueillir ces albums.

D’ailleurs, plus largement, que veut dire, aujourd’hui « Album rock » ou « Album de chanson ». Il y a deux ans, PNL avait choisi de concourir en Chanson. Et où est la pop ? Le metal ? Les Victoires pourraient s’inspirer d’un système inventé, et très vite abandonné, par le festival de la BD d’Angoulême qui avait choisi de décerner des prix sans dénomination ; il s’agissait d’honorer six albums de BD, quels qu’ils soient, et d’indiquer simplement leur excellence au grand public. Les Victoires pourraient ainsi consister en une remise de sept prix (comme le nombre de notes dans la gamme) aux sept « meilleurs » albums de l’année.