«L'amour est dans le pré»: «L’amour ne suffit pas toujours», raconte Karine Le Marchand

RENCONTRE La nouvelle saison de « L’amour est dans le pré » débute lundi soir sur M6 avec la diffusion des portraits d’agriculteurs…

Benjamin Chapon

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Karine Le Marchand présente la 14e saison de L'amour est dans le pré sur M6
Karine Le Marchand présente la 14e saison de L'amour est dans le pré sur M6 — S.Lancrenon/M6
  • Karine Le Marchand va présenter sa dixième saison de L’amour est dans le pré, sur M6.
  • L’animatrice apprécie le programme pour la réalité sociale qu’il montre.
  • Selon elle, les agriculteurs de l’émission sont « des héros » avec des valeurs universelles.

Karine Le Marchand, c’est de l’agriculture intensive. Alors qu’elle s’apprête à présenter sa dixième saison de L’amour est dans le pré, l’animatrice a par ailleurs bouclé le tournage du prochain épisode de Que sont-ils devenus ?, « avec des naissances de bébé », et prépare le bilan de la précédente saison. Quand elle ne tourne pas, elle continue de voir certains des agriculteurs des précédentes saisons, devenus des amis. « Ça ne s’arrête jamais en fait, je suis toujours dedans, les saisons se mélangent, rigole Karine Le Marchand qui peine à croire que les agriculteurs dont les portraits seront dévoilés lundi soir sur M6 forment sa dixième fournée. Je ne pensais pas que j’aurai cette longévité. J’ai une nature à me lasser des choses. J’ai besoin d’être curieuse et de découvrir des choses. »

Avec L’amour est dans le pré, Karine Le Marchand a trouvé son programme totem. Son image est si indiscutablement liée à celle du programme que de nombreux téléspectateurs ont sans doute oublié qu’avant elle, L’amour est dans le pré a connu quatre saisons et deux autres animatrices. Pour elle, arrêter l’émission signifierait un radical changement de carrière : « Je suis très fière de cette émission. Je présente peu d’émissions en fin de compte, parce que je réfléchis vraiment à deux fois avant d’accepter quelque chose. J’ai des contrats de deux ans avec M6. Je ne sais pas si M6 accepterait de me garder si j’arrêtais L’amour est dans le pré. Mais pour l’instant, je ne me pose pas la question. »

« C’est difficile de trouver quelqu’un quand on est pauvre »

Outre la dimension narrative, et récréative, du programme, Karine Le Marchand salue le rôle social qu’a pu jouer L’amour est dans le pré ces dernières années. « Je ne sais pas si on a changé l’image des agriculteurs – je le crois-, mais ce qui est sûr c’est qu’on a montré une réalité sociale derrière les situations intimes. Il y a la solitude amoureuse, mais aussi la solitude amicale. Les agriculteurs qui ne trouvent pas l’amour  avec l’émission trouvent au moins des amis. Il y a une sorte de club, ils se voient souvent. Au Salon de l’agriculture, ils se retrouvent, c’est une super fête. »

La réalité sociale qu’évoque Karine Le Marchand est parfois très difficile. « On est un divertissement mais on ne peut pas éluder ça parce que ça explique certains choix. Se mettre en couple avec un agriculteur très endetté, qui travaille tout le temps, c’est compliqué. L’amour ne suffit pas toujours. C’est difficile de trouver quelqu’un quand on est pauvre. On n’a pas de candidats chez les céréaliers qui ont de grosses exploitations et de gros revenus… »

Un programme de héros

Si elle retient, forcément, quelques histoires d’amour, Karine Le Marchand assume aussi une forme d’expertise sur le monde agricole, même s’« il y a 1.000 façons d’être agriculteur aujourd’hui ». Elle constate des situations de plus en plus dures. Cette année, et c’est une nouveauté pour l’émission, trois agriculteurs sont des employés qui ont dû vendre leurs fermes… « Les téléspectateurs sont parfois durs avec des agriculteurs timides, qui ont du mal à faire le premier pas, à se montrer sous leur meilleur jour… Mais dans leur vie professionnelle, ils doivent se remettre en question de manière très violente aussi. Leur ferme, c’est toute leur vie. Ils doivent s’adapter pour survivre, passer au bio, se diversifier, s’associer… Tout le monde n’est pas capable de faire ça, ceux qui y arrivent sont des héros ! »

Ceux qui n’y arrivent pas, Karine Le Marchand ne les aime pas moins : « Ces gens font le sacrifice de leur vie pour leur passion. C’est une leçon salutaire face à la génération des jeunes de la téléréalité… L’amour est dans le pré, c’est l’inverse de la téléréalité, on y voit des gens extraordinaires pour lesquels on a de l’empathie parce qu’ils connaissent les mêmes affres que nous. »