Eurovision: Comment les autres pays choisissent-ils leurs candidats?

MUSIQUE Depuis l'an passé, la France désigne son candidat à l'Eurovision via «Destination Eurovision». La plupart des autres pays en lice en fait de même avec des compétitions musicales...

Fabien Randanne

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Le groupe Lo Stato Sociale en arrière plan et les danseurs Paddy Jones et Nico au festival de Sanremo (Italie) en 2018. Le groupe a fini deuxième du concours.
Le groupe Lo Stato Sociale en arrière plan et les danseurs Paddy Jones et Nico au festival de Sanremo (Italie) en 2018. Le groupe a fini deuxième du concours. — Maria Laura Antonelli/AGF/SIPA
  • Ce samedi, France 2 diffuse à 21h la deuxième demi-finale de « Destination Eurovision » avant de retransmettre la finale le samedi suivant. L’artiste qui s’imposera défendra les chances tricolores à l’Eurovision en Israël en mai.
  • Une dizaine de pays participants opte pour la sélection en interne et laisse à un petit comité la charge de choisir l’artiste candidat.
  • Mais la plupart des autres pays en lice à l’Eurovision ont mis en place, certains depuis des dizaines d’années, des télécrochets pour permettre au public de voter.

Deux demi-finales et une finale. Depuis l’an passé, France 2 programme Destination Eurovision, un concours de chansons, pour désigner le représentant tricolore à l’ Eurovision. Mais qu’en est-il dans les quarante et un autres pays qui participeront à la compétition musicale en mai à Tel-Aviv (Israël). Une bonne dizaine (la Belgique, l’Autriche, la Grèce…) se contente d’une sélection interne, c’est-à-dire que l’artiste est choisi par un petit comité de professionnels et que le public n’a pas son mot à dire. Mais la plupart de nos futurs adversaires ont eux aussi opté pour un show de variété en direct, parfois sur plusieurs soirées. Petit tour d’horizon des émissions les plus marquantes.

  • Le plus mythique : le festival de Sanremo (Italie)

C’est le doyen des concours de sélection. Le festival de Sanremo est même en quelque sorte l’aïeul de l’Eurovision puisque cet événement qui se tient chaque année en février a été créé en 1951, soit cinq ans avant la compétition internationale. Ce rendez-vous phare de la musique italienne a vu concourir des artistes tels que Dalida, Toto Cutugno, Laura Pausini, Ricchi e Poveri ou encore Eros Ramazotti, entre de nombreux autres. De l’autre côté des Alpes, c’est une institution qui affole les audiences (50 % en 2018 !). Cette année, des noms connus des oreilles françaises seront en lice : Nek, Patty Pravo, Il Volo… Le vainqueur, désigné par un jury et par les votes des téléspectateurs et des journalistes, décroche depuis quelques années le droit de représenter l’Italie à l’Eurovision mais il peut refuser. Dans ce cas, la délégation choisit son candidat parmi les autres interprètes de la sélection.

Dans la même catégorie, visiter aussi : le Festival da Canção (Portugal) créé en 1964, le Festivali I Këngës (Albanie) créé en 1966…

  • Le plus culte : Le Melodifestivalen (Suède)

Les intimes l’appellent le « Melfest » ou le « Melo ». C’est le concours le plus scruté par les fans de l’Eurovision. Cette compétition existe depuis 1962 mais a connu un regain de popularité au tournant des années 2000. Christer Björkman, qui en est le superviseur depuis 2002, l’a modernisé et depuis, la Suède ne cesse de consolider son statut de bulldozer, le pays d’Abba étant à l’Eurovision ce que le Brésil est au Mondial de foot. L’édition 2019 du Melodifestivalen s’étendra sur six samedis (!), du 3 février au 10 mars. Soit quatre demi-finales, une soirée de repêchage et une grande finale. Chaque émission se déroule dans une ville suédoise différente et atteint des sommets côté audiences. Artistes variés, mises en scènes rodées, séquences humoristiques : le divertissement est assuré. Côté votes, seul l’avis des téléspectateurs compte, à l’exception de la finale où les suffrages de jurys internationaux s’ajoutent à ceux du public.

Dans la même catégorie, visitez aussi : l’Eesti Laul (Estonie), Supernova (Lettonie), le Söngvakeppnin (Islande), Vidbir (Ukraine)…

  • Le plus Star Ac’: «Operación Triunfo » (Espagne)

Depuis l’an passé, l’Espagne fait confiance à Operacion Triunfo - la Star Academy locale – pour trouver son candidat à l’Eurovision. Une démarche qui avait porté chance à nos voisins en 2002 lorsqu’ils avaient envoyé au concours Rosa, la gagnante du télécrochet, qui a obtenu une très satisfaisante septième place. En 2018, ce sont Alfred et Amaïa, dont l’histoire d’amour née au fil de l’émission (comme Jean-Pascal et Jenifer à l’époque), qui ont défendu les chances ibériques à Lisbonne… Ils ont fini 23e, sur 26. Cette année, même si Operación Triunfo vient de se terminer, la chaîne La 1, organise ce dimanche une émission spéciale où une dizaine de candidats de la dernière promotion tenteront de décrocher leur ticket pour Tel Aviv avec leurs chansons originales.

Dans la même catégorie : le cas espagnol n’a pas vraiment d’équivalent…

  • Le plus télé-crochet : « HaKoKhav HaBa » (Israël)

Depuis 2015, Israël désigne son représentant via le télécrochet HaKoKhav HaBa (« La future star »), un concept local qui fut adapté en France en 2014 sur M6, sous le titre Rising Star, et s’était soldé par un échec d’audience. Dans le pays qui organisera l’édition 2019, l’émission cartonne et le gagnant décroche son ticket pour l’Eurovision. Cependant, il faut attendre plusieurs semaines avant qu’il dévoile la chanson avec laquelle il concourra.

Dans la même catégorie, visitez aussi : X Factor (Malte), Georgian Idol (le Nouvelle Star de Géorgie)…