Patrick Sabatier: «Je devais atterrir bientôt, la tour de contrôle C8 me fait redécoller»

INTERVIEW Patrick Sabatier, qui fait son retour télévisuel sur C8 ce mercredi, assure à «20 Minutes» qu’il est «très zen» avec ces nouveaux projets…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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L'animateur Patrick Sabatier.
L'animateur Patrick Sabatier. — Cyrille GEORGE JERUSALMI/C8
  • Patrick Sabatier accueille Cyril Hanouna dans le premier numéro de «On se retrouve chez Sabatier» diffusé ce mercredi à 21h sur C8.
  • A la même heure et sur la même chaîne, il présentera le 25 janvier «Vendredi vérité 60 minutes chrono».
  • Ces deux émissions sont librement inspirées de deux programmes qu’il a présentés dans les années 1980 sur TF1 : «Avis de recherche» et «Le jeu de la vérité».

Il n’avait plus présenté d’émission à la télévision depuis l’arrêt de Mot de passe sur France 2 en 2016. Patrick Sabatier est de retour sur le petit écran avec pas moins de deux nouveaux rendez-vous pour le seul mois de janvier sur C8. Ce mercredi, à 21h, il accueillera Cyril Hanouna pour la première de On se retrouve chez Sabatier et le 25 janvier, il sera aux commandes de Vendredi vérité 60 minutes chrono. Deux programmes qui rappelleront des souvenirs aux téléspectateurs des années 1980… Et à l’animateur lui-même qui, à 67 ans, aborde tout cela sans trop de pression, comme il l’explique à 20 Minutes.

Deux émissions, en prime-time, sur C. L’année 2019 commence bien pour vous…

L’aventure est excitante, mais il faut du temps pour installer les programmes et on a de moins en moins de temps pour le faire. Mais bon, ces émissions sont déjà un peu répertoriées dans l’esprit du public parce qu’il retrouvera dans On se retrouve chez Sabatier le parfum d’Avis de recherche. Vendredi vérité, 60 minutes chrono, comme son nom l’indique, rappelle quant à elle Le jeu de la vérité. Ce sont des émissions qui ont été phares pendant plusieurs années [et qu’il a présentées dans les années 1980]. Même si depuis la télévision a changé, même si on ne la fait plus de la même façon, j’espère que ces rendez-vous séduiront le public.

Retrouver ces concepts une trentaine d’années plus tard, c’est confortable, ça fait bizarre ou ça met la pression ?

Je n’ai pas de pression à faire de la télévision. Je me dis que c’est toujours une belle aventure. Je ne suis jamais sûr de réussir. Il faut faire la meilleure émission possible, avec les moyens qu’on nous donne, mais il est inutile de se mettre la pression. Elle est là par le fait même que l’on présente quelque chose, donc pas la peine d’en rajouter. J’ai toujours aimé faire des émissions où des gens se retrouvaient, où il y avait de l’émotion, des surprises. Là, j’ai conçu On se retrouve chez Sabatier comme une soirée dédiée à quelqu’un - en l’occurrence Cyril Hanouna - avec ses amis d’hier, des témoignages de célébrités, des anonymes qui lui sont proches. Mais cela ne s’appelle pas Avis de recherche parce qu’on y a ajouté d’autres choses : un rythme différent, un moyen de faire des variétés différentes. Evidemment, je ne suis pas Cyril Hanouna, je ne suis pas Thierry Ardisson. Franck Apietto, le directeur général de C m’a dit : « On te demande de faire du Sabatier et d’être ce que tu es aujourd’hui. » Quand on vous demande d’être vous-même, il n’y a pas besoin de se mettre la pression.

Comment définiriez-vous donc ce que vous êtes aujourd’hui ?

Plus on avance dans l’âge, plus on est tolérant et bienveillant, plus on remet les choses à leur place et plus on s’intéresse aux autres. Il y a toute une partie de la vie où on est nécessairement - et c’est assez naturel - tourné vers soi, parce qu’on a envie de réussir. Et à un moment donné, la vie aidant, les cheveux blancs arrivant… J’ai commencé à faire de la télévision en 1975. Quarante-trois ans après, je fais ça pour mon plaisir, pour partager et transmettre. Je suis très zen à l’idée de tenter cette nouvelle aventure.

Envisagez-vous de faire de la télévision jusqu’à ce que vous ne preniez plus de plaisir ou avez-vous fixé une date pour refermer la parenthèse ?

Je vais vous répondre ce que je réponds à mes copains : je suis comme un avion qui devait atterrir bientôt, la tour de contrôle C m’a dit de redécoller, donc je redécolle, mais je ne connais pas la durée du vol.

Ni s’il y aura des turbulences…

Quand on embrasse cette carrière, on sait bien qu’on fait un métier pas comme les autres, qu’il y aura des hauts, des bas, des succès et des échecs. Il ne faut pas être surpris des turbulences. Il y en aura d’autres encore. Mais pour connaître de grandes excitations, il faut accepter des moments moins faciles, ça fait partie du jeu de la télévision.

Cyril Hanouna est le premier invité de On se retrouve chez Sabatier. Il n’est pas sur le plateau depuis deux minutes qu’il est déjà en larmes. C’est un bon client pour cette émission ?

Ce n’est pas moi qui l’ai fait pleurer. Je lui ai simplement tendu un message de ses enfants qui l’a ému aux larmes. Franchement, je ne m’attendais pas à ça. Si vous regardez attentivement, je suis attendri pour lui, mais je ne pensais pas qu’on allait commencer l’émission de cette manière. Je n’aime pas le terme de « bon client ». Je comprends ce que vous voulez dire, mais on a tout fait pour que Cyril soit heureux cette soirée-là, avec ses amis d’hier et d’aujourd’hui. Et j’ai tout fait pour que les gens se disent, au sujet de ce gars qu’ils voient tous les soirs à la télévision et dont ils entendent parler énormément : « Je ne pensais pas qu’il était comme ça ». J’aurais réussi si ça aide à mieux faire connaître mes invités. Je crois que l’on a relevé notre pari de faire découvrir un Cyril Hanouna différent.

Cyril Hanouna est aussi le producteur de l’émission. Il a eu un droit de regard sur le contenu ?

Je lui ai dit qu’il fallait jouer le jeu, qu’il ne fallait pas qu’il cherche à savoir, que sinon ça ne valait pas le coup. Il le dit lui-même : « C’est la première fois que je produis une émission sans savoir ce qu’il y a dedans. » Il est le producteur, mais j’en suis le producteur artistique, c’est-à-dire que je confectionne l’émission et y met ce qu’il doit y avoir dedans. Pour tout dire, au départ, j’imaginais produire l’émission artistiquement et la faire présenter par quelqu’un d’autre et Cyril m’a dit qu’il était hors de question que je ne la présente pas.

Le jeu de la vérité avait à l’époque défrayé la chronique, notamment avec Chantal Goya. A l’heure des réseaux sociaux et des bad buzz, un mot de travers peut avoir une caisse de résonance encore plus forte. Est-ce que cela peut dissuader des personnalités de participer à « Vendredi vérité » ?

Oui. Mais je pense que la bienveillance dont je fais preuve les aide à accepter. L’émission est en différé, donc il n’y a aucune raison que ça se passe mal, je ne suis pas là pour ça. Je suis d’accord pour les questions, les commentaires, mais pas pour les insanités. Cela n’apporte rien. Il faut garder un certain équilibre et j’en serai le garant.

Qui sera le premier invité ?

Il ne sera officialisé que trois jours avant la diffusion. Parce qu’il peut changer en fonction de l’actualité et parce qu’on veut garder secrets nos programmes jusqu’au dernier moment. Je vais demander au service de presse de C de ne pas dévoiler - comme cela se fait habituellement - les noms des invités trois semaines avant la diffusion.