«The Voice»: Comment Julien Clerc se défend face aux autres coachs

AVANT-GOÛT « 20 Minutes » a assisté mardi soir à une session de tournage des auditions à l’aveugle de la saison 8 du télécrochet de TF1 et a notamment observé l’un des nouveaux coachs, Julien Clerc…

Fabien Randanne

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Julien Clerc, Jenifer, Mika et Soprano forment le jury de la saison 8 de «The Voice».
Julien Clerc, Jenifer, Mika et Soprano forment le jury de la saison 8 de «The Voice». — Etienne Jeanneret / ITV/ TF1 / Bureau 233
  • Julien Clerc, Jenifer, Soprano et Mika sont les coachs de la saison 8 de « The Voice » qui sera diffusée début 2019 sur TF1.
  • « 20 Minutes » a assisté mardi à la deuxième soirée d’enregistrement des auditions à l’aveugle.
  • Dans son fauteuil rouge, Julien Clerc se distingue par sa sobriété. Ce qui n’est pas incompatible avec l’enthousiasme dont il fait preuve.

« Il est notre maestro, notre patriarche, le patron, le taulier. » Matthieu Grelier ne manque pas de vocabulaire pour désigner le nouveau coach de The Voice : Julien Clerc. Croisé ce mardi dans les coulisses de l’enregistrement des auditions à l’aveugle, le directeur des programmes d’ITV Studio France, qui produit le télécrochet de TF1, n’a que des éloges à la bouche : « Julien a plus de cinquante ans de carrière, il fait une tournée de 130 Zénith, quatre scènes musicales et il vient faire The Voice avec un enthousiasme d’un mec de 30 ans, c’est super ! »

Du haut de ses 71 ans, l’interprète de Cœur de rockeur se prête au jeu avec le même enthousiasme que ses collègues trentenaires Jenifer, Mika et Soprano. Mais avec davantage de sobriété. 20 Minutes a pu le constater lors de la deuxième soirée de tournage des auditions, au studio du Lendit, à La Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

« Je sentais que j’allais passer à l’as si je n’intervenais pas »

Si les autres coachs grimpent sur leur fauteuil et surjouent leurs argumentaires pour convaincre des talents de rejoindre leurs équipes respectives, Julien Clerc reste fixé à son fauteuil rouge et attend patiemment son tour. Parfois, il lui faut se rappeler au bon souvenir de ses acolytes qui ont tendance à monopoliser la parole : « Je sentais que j’allais passer à l’as si je n’intervenais pas », glisse-t-il avec un sourire.

Quand le septuagénaire ouvre la bouche, ce n’est pas pour dire n’importe quoi, ni n’importe comment. Mika, Jenifer et Soprano sont emballés par une performance vocale cavalant dans les aigus ? Julien Clerc est là pour tempérer en s’adressant à la candidate : « J’ai eu peur pour vous, vous êtes sûre que vous ne forcez pas trop sur votre voix ? »

Face aux talents qui l’ont moins séduit, il utilise des formulations qui arrondissent les angles… « Je me dois de vous dire pourquoi je ne me suis pas retourné. The Voice, c’est un voyage où il faut prouver que l’on peut changer de style et j’ai eu ce doute avec vous », avance-t-il à une participante qui a repris Besame Mucho à la sauce flamenco. A un autre qui s’est illustré avec dynamisme sur Can’t Hold Us, il assume avec humilité : « J’ai adoré la chanson et votre voix mais je me suis senti moins qualifié que certains de mes camarades pour travailler avec vous. »

« Je me suis demandé si vous étiez plusieurs »

« Julien est quelqu’un de très précis, avec un humour anglais parfait et beaucoup d’érudition. Il a des anecdotes sur tout le monde », avait prévenu Matthieu Grelier. Ce que Clerc prouve quelques heures plus tard en décortiquant le Loving you de Minnie Riperton au sujet duquel il semble incollable.

De l’aperçu que l’on a eu de ces auditions à l’aveugle, Julien Clerc exprime une préférence pour les chansons francophones, pour les candidats qui respectent les mélodies et il dit « bravo aux talents qui maîtrisent les parties basses car la plupart ont tendance à vouloir envoyer [dans les aigus] ». « J’étais un peu perdu au début et je me suis demandé si vous étiez plusieurs », confie-t-il à un trentenaire qui a restructuré Réseaux, de Niska avec sa loop station.

Et face à une tornade qui a mis le feu avec sa reprise de Me, Myself and I, avant d’apporter des réponses aussi lunaires qu’hilarantes aux coachs - « Je parle espagnol parce que j’ai fait un stage aux îles Canaries et là-bas personne ne parle anglais » - Julien Clerc reste littéralement sans voix, comme déstabilisé. Il le sera encore plus après que la candidate aura quitté le plateau non sans lui avoir glissé quelques mots à l’oreille. Un échange dont on n’a rien entendu, assis dans le public, mais qui aurait, paraît-il, beaucoup touché le chanteur…

Le plus souvent cependant, il a le sens de la répartie et des mots qui vont bien. Quand, par exemple, une candidate explique la difficulté de chanter en pensant aux paroles tout en s’accompagnant au vibraphone, il rétorque : « C’est pareil pour moi au piano. Ça reste un problème pour moi depuis cinquante ans. » On n’en croit pas un mot, mais c’est élégant. A l’image du chanteur qui porte beau dans le costume noir et sobre choisi pour le tournage de toute la session d’auditions.

 

Soprano, l’autre « nouveau »

Pour la saison 8 de The Voice, Mika reste fidèle à son fauteuil tandis que Jenifer retrouve le sien après trois ans d’absence. Soprano, qui a fait ses preuves dans le rôle de coach de The Voice Kids, en cours de diffusion les vendredis sur TF1, a été convié à officier dans la version « adulte ». L’artiste marseillais est celui qui, lorsque les caméras ne tournent pas, échange le plus avec le public autour du plateau. Le courant passe plutôt bien entre Mika et lui, à en juger par leur propension à se chambrer généreusement l’un l’autre… Soprano apporte beaucoup d’humour à l’émission, avec un vrai sens de l’autodérision. Quand Jenifer déclare sérieusement : « Nous sommes tous des épicuriens ici », il réplique : « Euh, moi, non… J’avoue, même les surgelés je les fais griller. » Une légèreté bienvenue dans la mécanique de l’émission construite sur la tension et le suspense.