«Danse avec les stars»: «On ne peut pas être quatre béni-oui-oui dans le jury», note Patrick Dupond

INTERVIEW Les notes attribuées par le danseur étoile dans « Danse avec les stars » sont conspuées par de nombreux téléspectateurs de TF1. Avant le prime spécial Halloween de ce samedi, Patrick Dupond explique ses critères à « 20 Minutes »…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Patrick Dupond, au premier plan, figure dans le jury de la saison 9 de «Danse avec les stars», aux côtés de Shy'm, Chris Marques et Jean-Marc Généreux.
Patrick Dupond, au premier plan, figure dans le jury de la saison 9 de «Danse avec les stars», aux côtés de Shy'm, Chris Marques et Jean-Marc Généreux. — PHILIPPE LE ROUX/TF1
  • Patrick Dupond a intégré le jury de Danse avec les stars à l’occasion de la saison 9 de l’émission de TF1 lancée fin septembre.
  • Le danseur étoile est accusé par une partie du public de saquer certains candidats et d’en favoriser d’autres, moins talentueux.
  • « La danse est un art trop difficile pour que l’on soit aléatoires dans nos jugements », répond Patrick Dupond à 20 Minutes.

« Le mec ne sait clairement pas noter et fait preuve de favoritisme ! C’est une honte ! » « Totalement à côté de la plaque. On dirait qu’il note en fonction de ses affinités et non en fonction des danses. » « Vu les notes qu’il met il doit être jury dans une émission parallèle à la nôtre, il ne voit pas la même chose que nous et que les autres membres du jury c’est pas possible… » Ces réactions glanées sur Twitter ne sont qu’un infime aperçu des critiques des téléspectateurs de Danse avec les stars – celles-ci font partie des plus softs – à l’égard de Patrick Dupond.

Le danseur étoile, qui a rejoint l’émission de TF1 à l’occasion de cette saison 9, est accusé de saquer les bons candidats et de surnoter les moins talentueux. Samedi dernier, il a ainsi attribué un 6 à Clément Rémiens – l’un des favoris – et un 7 à Basile Boli, habitué à la queue de peloton. « Mon rêve, c’est un jour de mettre un 10. On y arrive, on va dans cette direction », assure Patrick Dupond à 20 Minutes qui lui a demandé d’expliquer ses critères d’évaluation et de raconter comment il vit la polémique.

Vos notes, notamment celles que vous avez attribuées samedi dernier, font l’objet de nombreuses critiques de téléspectateurs. Comment le vivez-vous ?

Je trouve que c’est très bien. On est quatre jurés. On ne peut pas être quatre béni-oui-oui et les candidats ne peuvent pas faire tout le temps l’unanimité. J’avais dit que j’étais dans l’émission pour guider. Je ne me place pas en juge. Ceux qui peuvent aller plus loin, je les encourage. J’ai mis des 8 et des 9. Mais même à ceux que j’aimerais voir en finale, je ne leur passerai rien pour ne pas qu’ils me disent après coup « Tu aurais dû me dire que ça ou ça n’allait pas. »

Vous avez attribué une meilleure note à Basile Boli qu’à Clément Rémiens, par exemple. Beaucoup n’ont pas compris pourquoi…

Clément, je fais un travail sur lui, pour qu’il sorte de son côté sportif – qu’il a raison d’utiliser puisque ça l’aide dans son déploiement d’énergie. Mais il peut aller plus loin en écoutant nos remarques. S’il sort de sa coquille, il a tout le potentiel pour véritablement déployer ses ailes et livrer des performances de l’ordre d’un danseur professionnel. Pour ce samedi, j’ai donné à Clément et sa partenaire Denista [Ikonomova] un challenge qui est diamétralement opposé à ce qu’ils ont fait la semaine dernière. Vous verrez.

Et donc donner une bonne note à Basile Boli est un moyen de l’encourager…

Oui, c’est pour qu’il continue. Basile a appliqué à la lettre toutes nos recommandations. Shy’m lui avait dit de resserrer les pieds, Jean-Marc Généreux de danser sur la plante du pied et non sur le talon, et moi, je l’avais mis en garde pour ne pas que le plaisir, par un excès d’enthousiasme, ne vienne gommer tout le travail lors des entraînements. Quand on est juge, voir une mise en pratique des conseils donnés, c’est plus gratifiant que de voir Clément Rémiens qui a un vrai potentiel. C’est vrai que je vais le favoriser. A chaque fois, j’essaie de faire du sur-mesure avec bienveillance.

Vous comprenez les réactions, parfois vives, sur les réseaux sociaux ?

Je ne maîtrise pas les réseaux sociaux. Quand on est juge, on ne peut pas être le méchant, le gentil ou le béni-oui-oui. La danse est un art trop difficile pour que l’on soit aléatoire dans nos jugements. Je suis juge depuis l’âge de 18 ans. J’ai été directeur de danse au ballet de l’Opéra de Paris. Il faut garder la tête froide. Même si on se trompe. Cela fait neuf ans que je regarde Danse avec les stars et il se trouve que, dans la majorité des cas, mes pronostics se vérifiaient toujours.

Il vous arrive de revenir sur vos jugements ?

Soit le vote du public corrobore nos notes, soit ce n’est pas le cas et on reréfléchit. Au lendemain de chaque émission, je fais un débrief avec Leïla da Rocha [sa compagne danseuse] sur ce qui a été dit et fait. Avec les élèves de notre académie de danse à Bordeaux ce débriefing fait l’objet d’un exercice de deux heures au cours desquelles on passe l’émission au crible. Et je reconnais qu’à froid, je n’aurais pas toujours les mêmes réactions que lors du direct. Ce qu’avec les trois autres jurés de Danse avec les stars nous voyons en live, c’est un peu différent de ce que le public peut voir à la télé, installé dans son canapé. Et il ne faut pas oublier que le public a son mot à dire. Il peut défaire ce que l’on a fait avant. C’est le juge à voix prépondérante, comme on dit, celui qui a le plus de poids.