«Ils ont échangé mon bébé» sur TF1: Sophie Serrano a voulu «laisser une trace de son combat»

HISTOIRE VRAIE Un téléfilm diffusé ce lundi soir retrace l'histoire de cette Azuréenne dont la fille a été échangée à la naissance dans une maternité de Cannes...

Propos recueillis par Fabien Binacchi

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Sophie Serrano et Manon (à droite), en décembre 2014 au palais de justice de Grasse
Sophie Serrano et Manon (à droite), en décembre 2014 au palais de justice de Grasse — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Dix ans après la naissance de Manon, l’Azuréenne Sophie Serrano apprenait qu’elle n’était pas sa fille biologique.
  • Cette histoire qu’elle a racontée dans un livre a été adaptée par TF1 dans un téléfilm.
  • « J’ai accepté de raconter mon histoire pour laisser une trace. Nous, nous étions seuls face à cette situation. Mais, si ça m’est arrivé, ça peut arriver à d’autres parents », explique Sophie Serrano.

Dix ans après la naissance de Manon, Sophie Serrano apprenait qu’elle n’était pas sa fille biologique. Cette incroyable histoire, qui a depuis valu la condamnation d’une maternité de Cannes - 1,88 millions d’euros ont été versés aux deux familles, l’Azuréenne avait choisi de la raconter dans un livre (Ils ont échangé mon enfant, Editions City). Et TF1 l’a porté à l’écran dans un téléfilm diffusé ce lundi soir, avec Julie de Bona et Sonia Rolland.

Pourquoi avoir choisi de partager votre expérience ?

On m’a approché plusieurs fois pour en faire un livre. J’avais toujours refusé. Puis Pierre [Pernez, le co-auteur] est venu me voir avec beaucoup de bienveillance. Et j’ai finalement accepté pour laisser une trace. Nous, nous étions seuls face à cette situation. Mais, si ça m’est arrivé, ça peut arriver à d’autres parents.

Ça vous aide, vous aussi ?

Se retrouver face à sa propre histoire, dans des pages ou sur un écran, ça fait du bien. On a mené un vrai combat. On m’a accusée de ne pas m’être aperçue de l’échange assez tôt [les parents biologiques de Manon sont d’origine réunionnaise]. Ca a été dur. Aujourd’hui, le film est comme une reconnaissance, après celle de la justice. C’est une magnifique expérience sur le chemin de la guérison.

Les premières minutes de la fiction de TF1…

Comment réagit l’autre famille ?

On a tous traversé ça à notre manière. Je ne les ai pas consultés avant le livre car je raconte l’histoire comme je l’ai vécue moi-même. Aujourd’hui, nous n’avons plus trop de contact. Il n’y a pas de guerre, mais chacun a continué sa vie de son côté.

Je ne vois pas ma fille biologique très souvent. Manon aussi a décidé de mettre ça derrière elle. Elle ne s’est pas impliquée. Encore une fois, on a tous eu besoin de vivre les choses différemment.

Comment vivez-vous aujourd’hui ?

Après avoir vécu 4 ans à Grasse, je suis repartie dans le moyen-pays où je suis toujours accompagnatrice de balades à cheval. Je vis avec mes deux autres enfants, un garçon et une fille de 3 ans qui ressemble d’ailleurs beaucoup à Manon.