«Danse avec les stars»: De la danse, ok, mais des «stars» il n'y en pas vraiment, et c'est très bien comme ça

TELEVISION Samedi, le concours de danse revient sur TF1 pour une neuvième saison avec, au casting, une poignée de « stars » peu connues. Un paradoxe qui n’est absolument pas un problème pour l’émission. Explications…

Fabien Randanne

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Terence Telle, Carla Ginola et Clément Rémiens, candidats de la saison 9 de «Danse avec les stars».
Terence Telle, Carla Ginola et Clément Rémiens, candidats de la saison 9 de «Danse avec les stars». — LAURENT VU / TF1
  • Le programme de TF1 « Danse avec les Stars » est parfois moqué pour le manque de notoriété de ses candidats.
  • Pourtant, ce sont souvent les candidats les moins connus qui obtiennent le smeilleurs résultats.
  • La mécanique de l’émission est également plus efficace avec des participants méconnus qu’avec des « stars ».

Danse avec les stars  revient samedi soir sur TF1 pour une neuvième saison. Onze candidats se déhancheront sur le parquet de l’émission. Parmi eux : Terence Telle, Clément Rémiens, Héloïse Martin et Carla Ginola.

Terence qui ? Héloïse quoi ? Si vous n’êtes pas familiers de la série Demain nous appartient, des aventures de Tamara au cinéma ou de l’univers des influenceurs Instagram, ces noms ne vous disent assurément rien du tout. Peut-être faites vous partie de ceux qui, nombreux, taclent l’émission en disant qu’elle porte bien mal son titre. Même TF1 s’en est amusée dans l'un de ses spots de promo.

« Je suis conscient de ne pas être très connu »

« Mon frère me vanne beaucoup par rapport à ce qui est écrit sur les réseaux sociaux. Chaque fois que je le vois, il me lit un tweet qui dit "C’est qui ce mec ?", etc. Je suis blindé par rapport à ça », sourit Terence Telle. Le mannequin, installé à New York depuis cinq ans, est lucide : « Je suis conscient de ne pas être très connu, je n’ai jamais voulu l’être, je n’ai jamais essayé d’avoir plus de followers, par exemple. » Pour le coup, le beau gosse va sans doute glaner  de nouveaux abonnés sur Instagram et Twitter avec cette exposition en prime time.

Shy’m, la gagnante de la saison 2 qui retrouve cette année son fauteuil de jurée aux côtés de Jean-Marc Généreux, Chris Marques et Patrick Dupont, a moins le cœur à rire. « Cela fait plusieurs saisons où on entend dire que les danseurs professionnels sont plus connus que les stars et ça devient un peu agaçant. Les danseurs, sont les même depuis 2011, donc heureusement qu’ils ont gagné en notoriété en passant dans une émission diffusée tous les samedis et vue par des millions de téléspectateurs. » Autrement dit, rien d’étonnant à ce qu’une Fauve Hautot, un Maxime Dereymez ou une Denitsa Ikonomova soient des figures désormais bien identifiées des téléspectateurs.

« Découvrir des talents sous un angle hyper humain »

Selon l’interprète de Et alors !, il faut d’abord regarder Danse avec les stars - DALS, pour les intimes – comme un divertissement plutôt que comme une compétition entre célébrités : « C’est une émission qui intègre des personnalités un peu moins connues. Le public français peut donc découvrir des talents sous un angle hyper humain parce qu’on voit les candidats répéter, transpirer, pleurer… »

Le palmarès tend d'ailleurs à donner raison à Shy’m. L’an passé, les finalistes étaient les méconnus Agustin Galiana et Lenni Kim alors qu’Arielle Dombasle et Camille Lacourt, bien plus médiatiques, se sont classés respectivement 8e et 6e. En saison 7, Laurent Maistret s’est imposé loin devant Olivier Minne et Julien Lepers. Loïc Nottet a remporté la saison 6 et Olivier Dion a fini troisième tandis que le footballeur Djibril Cissé a dû se contenter de la onzième place. Ophélie Winter a quitté le jeu après seulement trois semaines à l’antenne en saison 5, les téléspectateurs préférant faire triompher Rayane Bensetti.

Ce qui prime, pour le public qui envoie des SMS surtaxés afin que ses chouchous continuent de souffrir sur un mambo ou un cha cha d’un samedi à l’autre, ce n’est pas le degré de notoriété des candidats, mais leurs compétences en danse, leur évolution, les efforts fournis et la sympathie qu’ils inspirent.

Des stars bien rares, même aux Etats-Unis

Quand Muriel Robin tacle l’émission, comme elle l’a fait ce dimanche sur RTL, en disant qu’elle participerait s’il y avait « vraiment des stars » telles que « Emmanuelle Béart, Michèle Laroque ou Carole Bouquet » au casting, elle ignore donc ce qui fait l’ADN du show. Les propos de l’humoriste prouvent également que la notion de « star » est subjective – loin de nous l’envie de manquer de respect à Michèle Laroque.

D’ailleurs, dans tous les pays (une cinquantaine) où le concept est décliné, les « stars » à proprement parler sont rares. Aux Etats-Unis, Dancing With The Stars a ainsi vu passer Nicole Scherzinger mais pas Nicole Kidman, Meryl Davis mais pas Meryl Streep, Lance Bass mais pas Lance Armstrong. L’ironie, dans tout ça, c’est que c’est aux Américains que l’on doit la référence aux « stars » dans l’intitulé. L’émission originale, créée au Royaume-Uni, se nomme Strictly Come Dancing, que l’on pourrait traduire librement par « Entrez dans la danse » (voir encadré ci-dessous).

Pour Lio, la star, c’est Pamela Anderson

« Nous, c’est sûr qu’on est attaché au titre : Danse. Avec. Les. Stars, insiste Jean-Marc Généreux. Il y a certaines saisons où le terme était un peu moins [pertinent], c’étaient des stars à découvrir. » Mais, qu’on se le dise, le juré québécois est ravi par le casting de cette saison 9 : « Ils ont frappé fort cette année. Avoir Lio sur notre plateau, vraiment, ils ont été très convaincants parce qu’elle n’a pas besoin de faire DALS, si elle participe, c’est avec son cœur et sa passion », flatte-t-il alors que la chanteuse est à son côté.

Lio, elle, la joue modeste. « Pour moi, Pamela Anderson est la star de la saison. Je n’ai aucun problème avec ça. J’ai une énorme tendresse et une admiration incroyable pour elle. » Et si on rebaptisait l’émission « Danse avec les fans de stars » pour mettre tout le monde d’accord ?

Let’s dance !

La BBC a diffusé, de 1950 à 1998, Come Dancing, une compétition de danses de salon. En 2004, la chaîne britannique a relancé le concept en remplaçant les candidats anonymes par des personnalités. L’émission a été rebaptisée Strictly Come Dancing. Le mot « Strictly » (« rigoureusement ») est une référence à Strictly Ballroom, le film de Baz Luhrmann (sorti en 1992 en France sous le titre Ballroom Dancing) qui se déroule dans l’univers des concours de danse.