«Pekin Express»: Nos conseils pour vous faire détester des téléspectateurs

TELEVISION Alors que la saison 11 est en cours de diffusion sur M6, la chaîne vient d'ouvrir son appel à candidatures pour une douzième saison de «Pekin Express». Avis aux futurs participants et participantes : le bon moyen de faire parler de soi est de crisper les téléspectateurs...

Fabien Randanne

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Maxime et Alizée, le «couple BCBG» de la saison 11 de «Pekin Express».
Maxime et Alizée, le «couple BCBG» de la saison 11 de «Pekin Express». — Patrick ROBERT/M6

Alors que M6 diffuse ce jeudi soir le cinquième épisode de la saison 11 de Pekin Express, la chaîne a confirmé qu’une douzième saison est en préparation pour l’an prochain. Les candidatures sont à déposer en rubrique « casting » sur le site 6Play. L’aventure vous tente et si vous êtes sélectionné-e vous espérez bien faire parler de vous ? 20 Minutes vous propose de prendre un peu d’avance en potassant ces quelques conseils pour vous faire détester. Car, comme Cécilia en saison 5 ou Maxime cette année, le meilleur moyen de marquer à coup sûr l’esprit du public est de lui déplaire.

  • Clamer ses goûts de luxe

Qui dit Pekin Express, dit crapahutage sur des routes caillouteuses et/ou défoncées de nids de poules sous un temps pas forcément clément et sans un euro en poche. Autrement dit, si vous voulez vous faire mal voir, commencez par déplorer à haute voix le manque de confort. L’idéal est de glisser dans votre portrait que vous ne pouvez ab-so-lu-ment pas (détachez les syllabes, cela vous aidera à apparaître encore plus inconséquent-e) vous passer de votre trousse à maquillage ou que l’idée de ne pas prendre deux douches par jour vous colle de telles sueurs froides que vous voudriez en prendre une troisième. Les téléspectateurs se demanderont ce que vous faites là et les fans vous en voudront de vous montrer à ce point déconnecté-e de « la réalité de l’aventure ». Inspirez-vous d’Alizée qui, durant cette onzième saison, a fini en larmes car elle devait passer une nuit sous une tente.
 

  • Faites en sorte que votre second degré passe pour du premier degré

Dans Pekin Express, si vous dites « Je suis content-e », c’est que vous êtes content-e. Si vous dites « Je suis en colère », c’est que vous êtes en colère. Et pas l’inverse. Oubliez l’ironie. Sauf si vous voulez être détesté. Maxime en fait l’expérience cette saison. Avec sa compagne Alizée, il forme « le couple BCBG » (c’est comme ça, dans les jeux télé, il faut coller à un stéréotype ou pouvoir être identifié par une formule lapidaire – cette saison, cela va du précis « la patronne et son employé » au plus vague « les amis d’enfance » ou « les copines belges »). Le Francilien a réussi à se faire pourrir sur les réseaux sociaux pour avoir glissé dans son portrait de présentation que, aujourd’hui, avec « 100.000 euros, tu ne fais plus rien ». Une réplique qui colle parfaitement avec l’image « BCBG » et qui a donc été par beaucoup prise au pied de la lettre. « C’était vraiment de l’humour. Je ne me souvenais même plus que j’avais dit ça. Après c’est de la télé ! », a plaidé le jeune homme auprès de Voici après la diffusion de l’épisode incriminé. Les phrases qui ont choqué, c’était des phrases dites sur le ton de l’humour. En lisant les commentaires, nous n’avons pas été énervés mais blessés d’avoir choqué des gens. »

  • Parlez mal à la population locale

En racontant le « moment d’émotion » que vous avez vécu au sein de la famille qui vous a généreusement offert le gîte et le couvert, il est de bon ton de lancer, avec un trémolo dans la voix : « Ils n’ont rien et pourtant, ils nous donnent tout ». Aux yeux du plus grand nombre, cela ne passera pas pour de la condescendance mais, au contraire, pour une leçon de sagesse, comme si vous aviez compris ce qui était vraiment important dans la vie et que cela allait « aider à relativiser les petits tracas du quotidien ». Pour vous aliéner le public, il convient donc de faire l’inverse. Ce n’est pas si difficile : il suffit de se comporter comme un touriste français à l’étranger.

- Hurlez sur le conducteur en lui reprochant de ne pas parler trois mots dans la langue de Molière puis mettez-lui un coup de pression en maltraitant celle de Shakespeare : « More fast, more fast ! I go back in France if I arrive last ! »

- Moquez-vous du confort rudimentaire que vous offre votre hôte : « alors [rires] il fallait se laver avec un seau d’eau froide [yeux levés au ciel] ».

Cécilia, en 2010, s’est ainsi particulièrement distinguée lors de la troisième étape en criant sur l’ambulancier qui les conduisait et hébergeait, elle et son partenaire Matthieu. Elle n’a pas non plus ménagé Luz, l’Equatorienne en surpoids qui devait les accompagner durant l’étape.

  • Oubliez le fair-play

Les épreuves de Pekin Express sont fréquemment pimentées par des accessoires (drapeau noir, balise infernale…) qui impliquent différentes pénalités. Généralement, les candidats l’utilisent parce que les règles du jeu sont ainsi et s’excusent souvent de mettre des bâtons dans les roues de leurs adversaires. En saison 5, Cécilia, elle, ne s’est pas embarrassée de scrupules. Son binôme ayant bénéficié du drapeau rouge - qui, agité devant d’autres participants, impose à ces derniers de s’immobiliser pendant quinze minutes -, elle en a profité au maximum. Pourtant arrivée en première position, elle s’est postée devant la ligne pour décider du classement final. Elle a donc agité le drapeau devant les équipes qu’elle n’appréciait pas tant que les équipes qu’elle préférait n’étaient pas arrivées. Autrement dit, c’est elle qui a décidé de l’élimination d’un binôme, en l’occurrence, Stéphanie et Sabine, « la nièce et la tante ». Evidemment, Cécila et Matthieu n’ont pas manqué de se faire détester pour cette attitude. Dans une interview accordée à Télé Loisirs lors de la diffusion en 2010, la Montpelliéraine déclarait : « [Les insultes], on s’en fout ! En France, la critique est facile : on ne soutient jamais les compétiteurs qui ont envie de réussir. De toute façon, ces gens-là n’ont que ça à faire devant leur poste de télé. Moi, je sais que je ne suis pas le robot tueur que les images montrent. » Quelques semaines plus tard, le binôme conspué remportait la finale et la somme de 69.000 euros. Détesté, mais gagnant.