Accusé d’agression sexuelle, Frédéric Haziza a reçu un rappel à la loi et se présente comme «un plaisantin»

METOO Le présentateur vedette de LCP avait reçu un avertissement de la part de la chaîne en 2014...

B.C. avec AFP

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Le journaliste Frédéric Haziza
Le journaliste Frédéric Haziza — Eric Fougere

Frédéric Haziza, présentateur de la Chaîne parlementaire (LCP) visé par une enquête après des accusations d’agression sexuelle portées par la journaliste Astrid de Villaines dans une plainte, a fait l’objet d’un rappel à la loi. « Le parquet de Paris lui a remis une convocation devant le délégué du procureur qui lui a notifié un rappel à la loi », a précisé une source judiciaire, confirmant l’annonce faite par le journaliste dans la matinée sur le site La Règle du jeu.

« Je n’ai jamais été un agresseur sexuel », s’est défendu Frédéric Haziza dans une tribune sur ce site, évoquant un « pincement aux mollets blagueur » alors que la journaliste l’accuse d’un pincement à la fesse. « J’ai toujours contesté cette histoire. Je suis un blagueur, mais ce n’est pas parce qu’on est un plaisantin qu’on est un agresseur sexuel », a déclaré à l’AFP Frédéric Haziza. Il ajoute que depuis la plainte il « ne plaisante plus » : « j’ai complètement changé de comportement, je serre à peine la main ».

« Une offense pour toutes les victimes d’abus sexuels »

« Il m’a juste été rappelé, le 11 juillet, qu’il valait mieux éviter désormais les blagues vaseuses », a commenté Frédéric Haziza au sujet de ce rappel à la loi, une mesure alternative aux poursuites pénales devant un tribunal. Cet avertissement judiciaire met un terme à l’enquête confiée par le parquet à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne après la plainte pour agression sexuelle déposée le 19 novembre dernier par son ancienne collègue de la chaîne, Astrid de Villaines.

Dans un communiqué diffusé sur Twitter, la journaliste et son avocat Simon Clemenceau ont dénoncé « une offense pour toutes les victimes d’abus sexuels. Nous examinerons dans les prochains jours toutes les suites à donner à cette décision » de nature selon eux « à décourager toutes les victimes qui hésitent encore » à porter plainte. Le parquet a notifié ce rappel à la loi en présence « de versions contradictoires », a de son côté affirmé l’avocate de Frédéric Haziza, Jacqueline Laffont. Selon elle, son client a reconnu « qu’il avait eu un geste lourd mais jamais à connotation sexuelle ».

MeToo et des remous

Dans sa plainte révélée par le site Buzzfeed, Astrid de Villaines relatait qu’en novembre 2014, Frédéric Haziza lui avait pincé la fesse après lui avoir bloqué le passage dans les bureaux de la chaîne, un geste qui avait valu à l’époque un avertissement au présentateur, selon LCP. La journaliste affirmait s’être décidée à parler à la faveur du mouvement planétaire #Metoo consécutif au scandale Weinstein.

Les accusations d’Astrid de Villaines avaient suscité des remous au sein de la chaîne qui avait suspendu dans la foulée son présentateur vedette avant de le réintégrer début janvier. Ce retour avait suscité la colère d’une partie de la rédaction, qui avait voté une motion de défiance à l’encontre des dirigeants de la chaîne, et motivé en partie l a décision en février de son accusatrice de démissionner.

La direction avait justifié cette réintégration par le fait qu’une enquête interne avait conclu que, depuis la sanction reçue en 2014, Frédéric Haziza n’avait pas eu de comportements inappropriés.

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