«Prodiges»: «20 Minutes» a repéré de jeunes talents au casting de la prochaine édition

AUDITIONS «20 Minutes» a pu assister au casting des enfants parmi lesquels seront sélectionnés les prochains petits génies de «Prodiges», diffusé sur France 2 fin octobre...

Claire Barrois

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Un jeune pianiste passant l'audition de «Prodiges», le 26 avril.
Un jeune pianiste passant l'audition de «Prodiges», le 26 avril. — C. Barrois / 20 Minutes

Le concours ne sera tourné que les 25 et 30 octobre, pendant les vacances de la Toussaint, mais les équipes de production ont déjà auditionné 150 enfants talentueux pour la prochaine émission Prodiges. L’an dernier, l’émission avait attiré 3,5 millions de téléspectateurs. 20 Minutes a assisté aux prestations d’une dizaine d’enfants devant un jury aux petits soins, à Pantin (93), le 26 avril.

« Prends le temps de boire, minette, tranquille, glisse Caroline Gavignet. Est-ce que tu es contente de ce que tu as fait ? » Face à Chloé, danseuse de 9 ans, qui acquiesce, la directrice de programmes de l’unité Entertainment d’Endemol Shine France qui produit l’émission, répond : « Ben tu as raison ! » Directe, pas avare de petites blagues, attentive… Celle qui s’impose comme présidente du jury sait mettre les enfants à l’aise. Et ça n’était pas gagné.

150 enfants sélectionnés « parmi 600 vidéos »

Si certains ont déjà du bagou, pour d’autres, le stress a provoqué une crise de larmes dans le couloir où les enfants attendent leur tour. Jeanne, la directrice de casting qui a sélectionné les 150 enfants « parmi 600 candidatures vidéo » va réconforter ceux qui en ont besoin, faire une petite blague pour détendre tout le monde avant cette épreuve difficile pour un enfant. Dans la salle, elle indique au talent où se placer, prend son CD pour lancer la musique si besoin, indique le pupitre pour poser leurs partitions aux petits musiciens…

Une petite danseuse un peu crispée mais talentueuse pendant le casting.
Une petite danseuse un peu crispée mais talentueuse pendant le casting. - C. Barrois / 20 Minutes

« Je suis ton assistante », glisse-t-elle souvent à l’arrivée d’un enfant. Caroline Gavignet plaisante : « Elle tient le bar, elle est DJ… » Pour Chloé, ça marche : La fillette est rayonnante, elle garde le sourire tout le long de la chorégraphie qu’elle a imaginée avec sa prof. Elle se prépare pour son deuxième extrait, se dépêche de reprendre son souffle.

Pas des « singes savants »

« Nous ne voulons pas des singes savants, précise Caroline Gavignet. On leur demande toujours s’ils ont des amis, s’ils veulent participer à l’émission, s’ils aiment la musique, s’ils font autre chose. C’est important qu’ils ne soient pas instrumentalisés par leurs parents. » Avant tout, l’équipe a envie que les enfants qui participeront au concours télévisé transpirent la joie de jouer de la musique, de chanter ou de danser.

Après Chloé, arrive Ambroise, 14 ans. Il étudie le piano en horaires aménagés, à raison de trois heures par jour, mais il aime beaucoup le VTT aussi. Pourquoi s’est-il présenté à Prodiges ? « C’est mon rêve de jouer avec un orchestre et de donner de la joie aux autres. J’aimerais composer. J’ai écrit des variations jazz sur A vous dirais-je maman. » Se succèdent Norah, une pianiste de 9 ans qui parle cinq langues, Jérémy, un Belge de 12 ans timide, dont le visage s’anime quand il chante (avec une voix puissante). Antoine, 13 ans, joue de la trompette, comme son père. « Tu lui mets la taule, non ? Tu assures, Antoine », rigole le jury.

« Ici ce n’est pas "l’Ecole des fans" »

Il y a aussi des catastrophes, comme une violoniste qui ne se rend pas du tout compte qu’elle a fait n’importe quoi. Imperturbable, le jury lui demande, comme aux autres, si elle est satisfaite de sa prestation, l’encourage à continuer la musique, et lui promet de la tenir au courant. Mais elle n’a aucune chance de passer cette étape, comme un autre violoniste, adolescent, beaucoup trop dilettante. « Nous avons des critères de niveau, rappelle Nicolas Missoffe, le responsable des programmes musicaux d’Endemol Shine France. Prodiges, ce n’est pas l’Ecole des fans, même si on voit des bouts de chou super-mignons, il faut qu’ils aient un vrai talent. »

Un talent doit avoir une pratique assidue, en général entre dix et quinze heures par semaine. Aux aptitudes propres s’ajoute quelque chose que les enfants maîtrisent moins… Leur télégénie. « C’est vrai que plus ils sont petits, plus ils sont mignons, reconnaît Caroline Gavignet. Mais on se fait des trombinoscopes pour équilibrer les profils. Chez les chanteurs c’est différent : plus ils sont âgés, plus ils sont formés pour le chant. Les voix ne sont pas matures avant 16 ans. » Et il faut se concentrer car, en trois jours, le jury doit en sélectionner quinze, soit cinq pour chaque catégorie - chant, instrument et danse.

« Nous avons un succès d’estime »

Et pour l’instant, ce jury composé de représentants de la production et de France 2 a plutôt bien fait son travail, puisque l’émission est un succès. « Le nombre de candidats augmente parce que nous avons plus de crédibilité après cinq ans d’émission. Nous avons un succès d’estime, c’est un indice de qualité, se félicite Caroline Gavignet. Dans le jury à la télévision, nous n’avons pas fait appel à n’importe qui ! Nous avons des orchestres nationaux qui travaillent avec nous. Tout ça compte. » Côté audiences, c’est aussi une réussite, avec une finale l’année dernière à 3,5 millions de téléspectateurs.

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Et un pari gagné pour l’émission : « L’idée est de montrer que la musique classique n’est pas réservée à une élite. On leur fait souvent jouer des musiques de pubs pour rappeler que ça fait partie de la vie de tous les jours, indique Caroline Gavignet. L’année dernière, c’était génial de faire découvrir le cor aux gens. Mais on ne va pas prendre un enfant moyen juste parce que son instrument est original. On va beaucoup vers les œuvres connues pendant les primes. Parfois on en choisit des inconnues, mais qui dégagent une émotion directe. »