L'arrêt de France Ô? Pour Delphine Ernotte, «c'est à la ministre de la Culture de trancher»

MEDIAS Dans une interview accordée au « Parisien dimanche », la présidente du groupe France Télévisions présente les contours des transformations qui attendent les chaînes du groupe ces prochains mois…

F.R.

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Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, à Lille, le 3 mai 2018.
Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, à Lille, le 3 mai 2018. — Sarah ALCALAY/SIPA

Lundi dernier, le couperet est tombé pour France 4 : Françoise Nyssen, la ministre de la Culture a annoncé sa disparition prochaine du petit écran, dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel public. Concernant France Ô, que la rumeur annonçait également sur la sellette, rien n’a été officialisé. Mais elle n’est pas pour autant sauvée. « C’est à la ministre de trancher », avance Delphine Ernotte dans les colonnes du Parisien Dimanche. La présidente de France Télévisions explique : « De la Martinique à La Réunion, les habitants regardent surtout notre réseau de chaînes locales, la Première, qui mixe déjà télé, radio et numérique. Il n’est pas question d’y toucher : c’est notre modèle pour France 3. La question est : A-t-on besoin d’une autre chaîne spéciale pour parler de ces territoires ? »

Autrement dit : puisque les réseaux La Première existent, France Ô est-elle utile ? La réponse ne devrait pas tarder à poindre car les prochains mois seront cruciaux pour les bouleversements et réaménagements stratégiques de la télévision et de la radio publiques.

Des « tests » à Paris et Marseille pour France 3

Si le sort de France 4 est scellé, Delphine Ernotte ne précise aucune date pour l’arrêt de sa diffusion. Les dessins animés et magazines familiaux tels que Une saison au zoo, qui composaient une grande partie de la programmation de la chaîne, seront-ils diffusés ailleurs ? La présidente de France Télés « n’écarte aucune hypothèse. Il y aura des émissions pour enfants sur les chaînes et d’autres uniquement sur le numérique. (…) On va remettre totalement à plat nos offres, réinventer nos chaînes. Nous lancerons une consultation auprès de nos téléspectateurs cet automne », prévient-elle.

France 3 devrait ainsi connaître de sensibles transformations. « Nous garderons des émissions nationales. Mais le public attend qu’on lui parle davantage de la vie culturelle, économique, sportive, de leur région », poursuit Delphine Ernotte en annonçant que des « tests » seront menés à la rentrée à Paris et Marseille.

Interrogée sur sa phrase sur les « hommes blancs de plus de 50 ans », la présidente des chaînes de télévision publiques a remis les points sur les i : « Je n’ai jamais dit que je ne voulais pas d’hommes blancs de plus de 50 ans, mais qu’il ne fallait pas seulement des hommes blancs de plus de 50 ans à l’antenne ! A la rentrée, on sera contents de retrouver Michel Drucker, Patrick Sébastien… »