Biologistes, médecins, chercheurs... «Il était une fois... la Vie» a donné un sens à leur vie

NOSTALGIE Le dessin animé culte des années 1980 a eu plus de répercussions qu’on ne le pense sur les Millennials…

Clio Weickert

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Maestro et ses amis ne se sont pas contentés de divertir les enfants, ils ont aussi suscité des vocations
Maestro et ses amis ne se sont pas contentés de divertir les enfants, ils ont aussi suscité des vocations — Procidis

« Et voici la vie, la vie/La belle vie qui coule dans nos veines… » Fabuleux et entêtant, le générique d’Il était une fois… La Vie s’est emparé de la tête de plus d’un enfant. Des enfants qui sont devenus grands (le dessin animé fête ses trente ans au Grand Rex à Paris, dimanche), mais qui n’ont pas pour autant oublié Maestro, Petit Gros, le Teigneux et cie. Car en plus d’avoir marqué toute une génération, Il était une fois… La Vie, a également suscité des vocations chez les Millennials, qui désormais scrutent, pour de vrai, les tréfonds du corps humain.

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« J’adorais les représentations des muscles et de la graisse »

C’est le cas de Laurent Chatre, chercheur au CNRS à l’institut Pasteur, spécialiste du stress, des cellules-souches et de la médecine régénérative. Du sérieux, quoi. « Depuis que je suis enfant, j’ai toujours voulu faire de la biologie, et cette série m’a inspiré et conforté dans l’idée de travailler sur le vivant », confie ce biologiste de 38 ans. Il a d’ailleurs fait de son épisode préféré, « La Planète cellule », sa spécialité. « J’adorais aussi les représentations des muscles et de la graisse, mais je ne saurais pas vous dire pourquoi ! », ajoute-t-il en riant.

Pour Gabrielle, 35 ans, consultante dans le domaine de la vulgarisation scientifique avoue « avoir mangé des heures de télé » quand elle était petite. Il était une fois… La Vie « a éveillé son émerveillement » et lui a ouvert une « porte d’entrée » du monde de la biologie dès sa plus tendre enfance. « Les globules qui transportaient l’oxygène étaient les héros du dessin animé », se remémore-t-elle notamment. Pour ceux qui ne les ont plus en tête, il faut reconnaître que ces petits personnages rouges qui jonglaient avec des bulles d’oxygènes étaient particulièrement craquants.

Maître Globus et cie
Maître Globus et cie - Procidis

« A la fac, on se rend compte que c’est un peu plus compliqué »

C’est justement grâce à leur forte dose de mignonnerie, que les héros d’Il était une fois… La Vie ont rempli à merveille leur rôle pédagogique au sein de l’une des meilleures séries animée de vulgarisation scientifique. « C’était assez malin et ludique, développe Laurent Chatre, même si à la fac on comprend que c’est un peu plus compliqué ! Je me suis rendu compte en cours de bio que ce n’était pas des petits bonshommes avec des petites pattes », plaisante-t-il.

« Objectivement il y a beaucoup de conceptions incomplètes, erronées ou obsolètes dedans. Une "humanisation" des phénomènes pas forcément judicieuse, mais un côté merveilleux qui attire et donne envie d’en savoir plus », ajoute la médiatrice scientifique. Le sage Maestro a visiblement rempli sa mission haut la main.

Et ce dessin animé culte du siècle dernier n’en a pas fini de susciter des vocations, puisque depuis mars dernier, les 26 épisodes sont diffusés surFrance 4 en version restaurée. Et n’oublions pas les petits frères et petites sœurs d’ll était une fois… La Vie : Il était une fois… l’Homme, Il était une fois… l’Espace et Il était une fois… les Explorateurs, qui eux aussi ont probablement engendré toute une génération de curieux.