Depuis la fermeture des clubs, les Open Air donnent de l'oxygène à la nuit parisienne

SORTIES Entre bain de soleil, concerts et mesures sanitaires, les fêtes en plein air ne se sont jamais aussi bien portées dans la capitale

Marjorie Le Meur

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Un DJ au Petit Bain pendant un Open Air
Un DJ au Petit Bain pendant un Open Air — Amélie Roca

Les clubs resteront fermés tout l’été mais vous avez voulu moquer les règles. Chaque soir depuis le déconfinement, vous vous trémoussez sur les quais avec vos amis, playlist « années 2000 », volume maximal et enceinte grésillante. Depuis peu, vous avez comme un doute : et si la vie nocturne finissait par avoir raison de votre santé ? N’ayez crainte : faire la fête décemment tout en respectant les règles sanitaires c’est possible grâce aux Open Air ! Vous savez ces soirées à l’air libre avec de vrais artistes, une vraie sono, qui ne désemplissent pas depuis le retour des beaux jours…

Le relais des clubs

« Ça manquait clairement aux gens, tout le monde vous le dira. Après tant de temps confinés, les gens n’attendaient que ça ! », confie Coralie Arnould, chargée de communication du Petit Bain. À peine arrivé aux pieds de la BNF, à Paris, où les gens attendent pour garer leurs vélos devant des stations Velib bondées, l’engouement se ressent déjà. Après le pont qui lie la grande bibliothèque à la succession de péniches sur la Seine, des Parisiens patientent sous les derniers rayons du soleil dans les transats qui jalonnent les quais. Il est 21 h.

Guidé par la musique, on arrive enfin au Petit Bain : le public est varié à part quelques similitudes, lunettes de soleil sur le nez, bière à la main. Le concert bat son plein, beaucoup sont assis à leurs tables d’autres commencent à danser et on en oublierait presque le contexte si les mesures sanitaires et les gestes barrières n’étaient pas respectés. « Le masque est obligatoire lorsqu’on se déplace, on a aussi renforcé la sécurité pour surveiller que les gens respectent bien les règles, on a limité la jauge et on essaie aussi de sensibiliser le public », commente Coralie Arnould.

Concerts, restaurant-bar, DJ sets… Tous les jours à partir de 18 h, Petit Bain organise des évènements festifs en plein air. Car, si en effet les bars ont rouvert et les terrasses éphémères se sont allongées le long des trottoirs, peu d’endroits encore dans la capitale permettaient de danser et d’écouter de la musique.

Large affluence et succès sans précédent

« Les gens ont eu besoin de ça » : même phénomène remarqué par le Jardin 21, îlot de verdure de 1.500 m2 installé dans le Parc de la Villette. Comme tous les étés, le jardin 21 laisse carte blanche aux collectifs parisiens lors de DJ sets. Mais cette année, le succès est considérable : « Les gens arrivent très tôt. Parfois on ne peut plus accueillir à partir de 21 h ». Car si le plein air limite le risque de propagation du coronavirus en comparaison aux lieux clos, il ne dispense pas de toute mesure de sécurité. Les organisateurs veillent ainsi à modérer l’affluence et exigent de respecter les strictes mesures sanitaires : « On limite la jauge en fonction du nombre de places assises, le port du masque pour les personnes debout est obligatoire et dans ce cas on peut danser à côté de sa table » confirment les organisateurs.

Les toits se réinventent

Pour répondre à cet été unique, certaines structures ont été obligées de se réinventer pour que « les gens puissent venir faire la fête dans des conditions respectueuses de leur santé » affirme Romain Pigenel, directeur de la stratégie et de la communication de l’Institut du monde arabe. Cet été, le toit de l’Institut du Monde arabe duquel il est possible de balayer du regard Tour Eiffel, Gare de Lyon, et Notre Dame se transforme en IMA Summer club, « le nouveau rooftop incontournable de l’été.

Peu connue jusqu’ici, la terrasse rencontre un succès fulgurant depuis son ouverture : « on s’est rendu compte qu’il y avait une grosse demande car à peine a-t-on annoncé l’ouverture la semaine dernière que notre standard a été bombardé d’appels » poursuit Romain Pigenel.

Cet été, le public investit les Open Air avec un appétit inédit. Sans doute parce que « beaucoup de gens ne peuvent pas partir et sont donc à la recherche d’endroits comme celui-ci », avance le directeur. Car, si clubs, festivals et concerts en lieux clos sont prohibés jusqu’à nouvel ordre, « les gens ont besoin de danser ! » témoignait la responsable des guinguettes Rosa Bonheur, Michelle Cassaro pour Télérama.

Sautez dans le petit bain musical !A l'IMA, des oeuvres d'art se font la malle et réapparaissent
  • En raison de la crise sanitaire, les clubs, festivals, concerts en lieu clos sont fermés ou annulés jusqu’à nouvel ordre.
  • Ces vacances, seuls les évènements en plein air sont autorisés
  • Depuis le début de l’été, les Open Air rencontrent un large succès auprès du public et deviennent les nouveaux lieux pour faire la fête.