Chaque 8 décembre, les Lyonnais posent des lumignons sur le rebord de leurs fenêtres.
Chaque 8 décembre, les Lyonnais posent des lumignons sur le rebord de leurs fenêtres. — E. Frisullo / 20 Minutes

TRADITION

Lyon: Des médiateurs pour vous conter la véritable histoire de la Fête des lumières

A l'occasion du 8 décembre, les musées Gadagne de Lyon organisent des échanges avec des médiateurs pour démêler le vrai du faux...

  • A l'occasion du 8 décembre, les musées Gadagne de Lyon organisent des échanges avec des médiateurs pour démêler le vrai du faux.
  • L'occasion de revenir sur l'origine de cette fête qui remonte à 1852.

L’histoire du 8 décembre liée à la peste ? Ou à l’invasion de la France par la Prusse ? Depuis longtemps, les rumeurs vont bon train sur l’origine de la fête lyonnaise. Sans toujours savoir ce qui est vrai et ce qui relève de la légende urbaine. A l’occasion de la Fête des lumières qui se déroule jusqu’au 9 décembre, les Musées Gadagne proposent des temps d’échange de 30 minutes avec des médiateurs, qui démêleront le vrai du faux et vous conteront toute l’histoire du 8 décembre.

A quand remonte l’origine de cette tradition ? La date précise à retenir est le 8 décembre 1852. Si la tradition de mettre des lumignons (petites bougies cannelées) à ses fenêtres une fois la nuit tombée, perdure, elle a toutefois été interrompue à plusieurs reprises. « La première fois, c’était en 1870 lors de la guerre avec la Prusse », révèle Cécile Lonjon, responsable de la médiation et du développement des publics au sein des musées Gadagne. Rebelote en 1930 lorsque la colline de Fourvière s’est effondrée.

Cette année-là, une partie de la colline s’est écroulée dans la nuit du 12 au 13 novembre. Des nombreux bâtiments avaient été détruits et 39 personnes ont trouvé la mort dans cette catastrophe, dont 19 pompiers.

Troisième coup d’arrêt : 1939-1949. « Avec la guerre, les gens avaient beaucoup moins de facilité à trouver des bougies. Le système des tickets de rationnement, mis en place à l’époque, a perduré longtemps. Ce qui explique la raison pour laquelle les Lyonnais ne parvenaient plus à acheter des bougies », raconte Cécile Lonjon.

Pourquoi parle-t-on du 8 septembre ? Cette date correspond à la fête de la nativité de la Vierge. Le 8 septembre 1643, les édiles de la ville de Lyon décident d’organiser un pèlerinage en direction de la colline de Fourvière pour remercier Marie de les avoir épargnés de la peste. A cette époque, l’épidémie qui fait rage dans le Sud de la France, gagne du terrain. Lyon a déjà été frappée plusieurs fois par le passé. Craignant que la maladie ne touche à nouveau la ville, les élus et les religieux implorent la protection de la Vierge. Ils montent sur la colline et font alors la promesse de l’honorer tous les 8 septembre si elle parvient à les sauver. Ce qui sera le cas.

Depuis ce jour-là, les élus grimpent chaque 8 septembre sur la colline de Fourvière. De là, le cardinal bénit la ville et le maire offre un cierge et une pièce d’or. Des coups de canon sont tirés. C’est ce que l’on appelle le vœu des échevins.

Comment en arrive-t-on au 8 décembre ? Au milieu du XIXe siècle, l’église de Fourvière, dédiée à Marie, menace de tomber en ruine. Il est donc décidé de remplacer l’édifice et de construire la basilique dès 1849. Deux ans plus tard, la ville de Lyon lance un concours pour la réalisation de la Vierge qui ornera la coupole. Le sculpteur Joseph-Hugues Fabisch remporte le marché et annonce, un peu plus tard, qu’il livrera symboliquement la Vierge dorée le 8 septembre 1852. C’était sans compter sur les caprices de la météo. Les intempéries frappant le nord-est de la France provoquent une inondation de la Saône et l’atelier de l’artiste est envahi par l’eau.

Une nouvelle date est alors proposée : l’inauguration est ajournée au 8 décembre 1852. Mais là encore, le ciel va s’en mêler. La pluie s’abat sur la ville. Les autorités décident de reporter l’événement au 12 décembre. Déçus, les Lyonnais, qui attendaient avec impatience de découvrir le visage de la Vierge, vont spontanément placer des bougies sur leurs fenêtres pour illuminer la ville.

A quand remonte la fête païenne ? En 1989, Michel Noir, maire de Lyon, lance un plan de lumière de la ville, qui consiste à éclairer certains monuments de la ville. « Il a eu l’idée d’accompagner la fête spirituelle par la création d’une fête plus grande », expose Cécile Lonjon. Mais ce n’est qu’en 1999 que l’événement va prendre une autre ampleur. La fête est étendue à quatre jours. Des animations plus importantes sont alors proposées par la municipalité et les professionnels du spectacle.

Il s’agit désormais de projeter des spectacles son et lumière sur les principaux édifices de la presqu’île lyonnaise. Le concept a fait des émules. Il s’est étendu à une quarantaine de villes dans le monde.