Avec « The Sandman », Netflix mise sur le marchand de sable pour nous arracher à la plage

FANTASTIQUE Le geant du streaming mise sur une adaptation de la BD « The Sandman » pour tirer son épingle du jeu face à House of the Dragon et aux Anneaux de pouvoir

Xavier Héraud
Tom Sturridge dans The Sandman
Tom Sturridge dans The Sandman — Netflix
  • La série The Sandman est disponible sur Netflix. Elle se compose de 10 épisodes.
  • Elle est tirée de la BD du même nom, écrite principalement par Neil Gaiman entre 1989 et 1996.
  • C’est la première adaptation à l’écran de cette œuvre, même si la série Lucifer s’inspirait déjà de l’un de ses personnages.

« Mister Sandman, bring me a dream… » Si l’évocation du marchand de sable (sandman, en anglais) vous fait penser à cette bluette des années 50, vous allez peut-être mettre à jour vos références. Netflix a mis en ligne vendredi dernier The Sandman, l’adaptation d’une BD écrite entre 1989 et 1996 par l’auteur à succès Neil Gaiman, avec l’aide de Sam Kieth et Mike Dringerberg, et publiée par DC Comics. Et on est loin de l’univers acidulé de la chanson.

The Sandman raconte l’histoire de Rêve le « Marchand de sable », qui règne sur le Royaume des rêves. Après avoir été le captif d’un sorcier humain pendant près d’un siècle, l’Infini – une sorte de dieu – se met à la recherche d’outils qui lui ont été dérobés. Il en a besoin pour restaurer son pouvoir et redonner vie à son Royaume, qui s’est délabré pendant son absence. Sur son chemin, celui qui se fait appeler aussi Morphée va croiser les Parques, Abel et Caïn (avec le second qui ne peut pas s’empêcher d’assassiner le premier encore et encore), aller jusqu’en enfer, frayer avec ses frères et sœurs Mort ou Désir ou affronter quelques humains sans scrupule…

Une série aux allures de conte philosophique

Quand les rêves sont menacés, ce sont les cauchemars qui montent en puissance. La série de Netflix explore la noirceur de l’âme humaine lorsqu’elle est livrée à elle-même, sans rêve pour lui permettre de décompenser. Certains épisodes, comme le cinquième, tiennent d’ailleurs quasiment du conte philosophique.

Pour servir l’histoire, on notera le travail excellent du très large cast, avec en tête Tom Sturridge, impeccable dans le rôle de Rêve ou encore l’excellent David Thewlis qui interprète un John Dee tour à tour pathétique, inquiétant et touchant. Les auteurs ont également pris soin de composer un cast moderne en féminisant certains rôles : le bibliothécaire du Royaume des rêves Lucien devient Lucienne (Vivienne Acheampong), et Lucifer apparaît ici sous les traits de Gwendoline Christie (Brienne de Tarth dans Game of Thrones). Enfin, les fans LGBT de fantasy ou de séries fantastiques seront heureux de retrouver ici ou là quelques personnages gays, lesbiens ou non-binaires.

15 millions de dollars par épisode

Visuellement on navigue entre Tim Burton et Harry Potter… Warners Bros et DC Entertainment, qui produisent, ont mis 15 millions de dollars sur la table pour chaque épisode et ça se voit. Londres se prête décidément bien aux univers fantastiques et sombres. Si l’idée était de concurrencer les autres grosses sorties fantasy des concurrents, comme House of the Dragon pour HBO ou Les anneaux de pouvoirpour Amazon Prime, c’est plutôt réussi. Mais c’est le public qui tranchera. Une saison 2 serait déjà en cours d’écriture.

Le Britannique Neil Gaiman est l’un des auteurs les plus populaires de fantastique et de fantasy au monde. Deux de ses œuvres, American Gods et Good Omens ont déjà été adaptées à l’écran. La série Lucifer, avec Tom Ellis dans le rôle-titre, était également tirée de l’univers The Sandman.