« This is Us » : Comment se termine la série des petits riens et des grandes émotions ?

THIS IS THE END L’ultime épisode de « This is Us » a été diffusé mardi soir aux Etats-Unis et est disponible sur MyCanal

V. J.
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Les Big Three réunis une dernière fois pour dire adieu à « This is Us ».
Les Big Three réunis une dernière fois pour dire adieu à « This is Us ». — NBC
  • Lancée à l’automne 2016, la série américaine This is Us s’est achevée mardi soir aux Etats-Unis, le dernier épisode est disponible sur MyCanal.
  • Comment dire adieu aux Peason qui nous ont accompagné et ému pendant tant d’années ? La fin de la série était attendue, à l’instar de Lost ou Six Feet Under.
  • L’article contient, bien sûr, des spoilers sur toute la série et sur sa fin.

[Cet article contient des spoilers sur la saison 6 et le grand final de This is Us]

Il y a des adieux plus difficiles que d’autres. Surtout en séries. Le journaliste Olivier Joyard expliquait d’ailleurs dans son documentaire, Fin de séries, l’art de terminer une série qui est souvent «un moment de deuil collectif» Dans la droite lignée de Six Feet Under, The Leftovers, Lost ou Mad Men, la fin de This is Us était très attendue, elle qui n’a jamais cessé de jouer avec le temps, les souvenirs, les surprises aussi. L’ultime épisode, le dix-huitième de la saison 6, était diffusé mardi soir sur la chaîne américaine NBC, et est maintenant disponible sur MyCanal.

Un enterrement à surmonter et un samedi à ne rien faire

This is Us a consacré une grande partie de sa saison 6 à montrer qu’avec les années, le temps passe de plus en plus vite, un constat fait par Randall lors du mariage de Kate et Phillip. Beaucoup de choses sont ainsi arrivées dans les derniers épisodes : Kate s’est séparée de Toby et a épousé Phillip, Kevin a retrouvé son amour de jeunesse Sophie, Randall se lance à la conquête du Sénat voire plus, sa fille adoptive Déjà est enceinte, Miguel est décédé et Rebecca a « retrouvé » Jack après un voyage en train métaphorique, une manière de revisiter la série à travers ses yeux, à l’aube de sa mort.

Lorsque commence le dernier épisode, tous les enjeux de la série sont résolus, et même si elle nous a habitué à quelques twists et cliffhangers, dès son pilote, pas de ça ici. L’épisode se construit en miroir avec, dans le présent, le jour de l’enterrement de Rebecca, dont on ne verra presque rien, et, dans le passé, un samedi « à ne rien faire ». C’est la belle idée de ce final, et de la série, le fameux « collecting the little things », ces petits riens que l’on ne prend pas le temps d’apprécier trop inquiets qu’ils se terminent, ou trop occupés à regarder de l’avant, et que l’on essaye de se souvenir le reste de sa vie.



Pas de drame, pas de mort, juste « des petits riens »

« J’ai toujours voulu et toujours prévu que le dernier épisode soit plus un épilogue, la continuité de notre histoire, plutôt qu’un moment précis, explique le créateur Dan Fogelman à Variety. Je voulais que nous pussions vivre une journée vraiment normale dans la vie d’une famille, avant que quelque chose de dramatique n’arrive. Il était important de finir la série sur la façon dont la condition humaine et l’esprit humain perdurent et avancent, plutôt que juste un moment, un mort, qui aurait vu tout le monde pleurer hystériquement. »

Un peu de balançoire, une séance de rasage, un jeu en famille… « Des petits riens » et des flash-back tournés il y a 3-4 ans, alors que les interprètes de Randall, Kate et Kevin enfants étaient encore jeunes, la preuve que Dan Fogelman avait la fin en tête depuis le début. La série ne joue pas la carte du flash-forward comme Six Feet Under, même si l’on sait déjà, dans un futur plus lointain, que Jack, le fils de Kate et Toby, deviendra une star de la pop. Mais au détour d’une conversation, les Big Three teasent ce que pourrait être leur avenir : Kate veut ouvrir des écoles de musique pour les malvoyants à travers le monde, Kevin veut se consacrer à ses engagements à but non lucratif, et Randall compte bien continuer son parcours politique, jusqu’à la présidence des Etats-Unis.

Un plan final à la fois simple et bouleversant

La seule petite surprise de ce final, frustration pour certains, satisfaction pour d’autres, est à quel point Randall se trouve légèrement plus au centre de l’épisode que son frère et sa soeur, pour la simple et bonne raison, commente le créateur, qu’il va « avoir un petit-enfant » : « Cet épisode parle de l’héritage et de l’avenir. J’ai pensé à penser à lui comme représentant des Big Three dans ce dernier moment. »

Il a même le droit au plan final, avec un jeune Randall regardant son père Jack avec profondeur et tendresse, et appréciant le moment pour ce qu’il est, « a little thing ». « J’ai toujours su que je voulais terminer sur ce sentiment d’enfants qui regardent leurs parents, captant quelque chose qu’ils garderont avec eux toute leur vie, raconte Dan Fogelman. La fin, et en fait toute la série, est une promesse très simple : les personnes que l’on perd vivent à jamais à travers celles qui restent. »

Il continue et conclut : « Nous allons tous, dans nos vies, vivre inévitablement des pertes, des chagrins, mais il y a quelque chose à savoir : à différentes échelles, ils vivront toujours avec vous. C’est un peu difficile à comprendre, mais lorsque vous vous élargissez – comme la série l’a fait, espérons-le, en suivant plusieurs générations d’une même famille – vous pouvez voir comment les personnes que vous perdez restent dans l’image tout le temps. C’est ça que raconte la fin de la série, que raconte ce plan final. »