« Ovni(s) » : « J’ai été étonnée que la série touche toutes les générations », confie Daphné Patakia

INTERVIEW A l’occasion du lancement de la saison 2 d'« Ovni(s) » ce lundi sur Canal+, Daphné Patakia se prête au jeu (de mots) de l’interview extraterrestre de « 20 Minutes »

Daphné Patakia incarne Véra dans la série « Ovni(s) » sur Canal+.
Daphné Patakia incarne Véra dans la série « Ovni(s) » sur Canal+. — Montebello Productions
  • La saison 2 d’Ovni(s) est lancée ce lundi 21 février 2022 sur Canal+ à 21h10. Les douze épisodes sont d’ores et déjà disponibles sur myCanal.
  • Dans cette série mêlant humour fantasque et bravoure fantastique, Daphné Patakia incarne Véra.
  • « J’adorerais retrouver Véra pour une saison 3 d’Ovni(s). On se connaît tellement bien avec les autres acteurs et toute l’équipe, confie la comédienne à 20 Minutes. La confiance s’est installée donc on peut encore aller plus loin et oser pousser les limites. J’aimerais beaucoup ressembler à Véra dans son côté libre. »

Ils reviennent ! La joyeuse bande d’Ovni(s), objet télévisuel non identifié dédié à l’âge d’or de l’ufologie, fait son retour ce lundi à 21h10 sur Canal+. L’intrigue reprend un an après les événements de la saison 1 alors que Didier Mathure ((Melvil Poupaud), ex-directeur du Gepan, le bureau d’enquête sur les Ovnis, sillonne la France à bord d’un combi Volkswagen à la recherche de nouveaux témoins de phénomènes inexpliqués. A son côté, on retrouve avec jubilation l’irrésistible et lunaire Véra (Daphné Patakia), ex-standardiste du Gepan. Dans cette nouvelle salve d’épisodes aussi brillants que désopilants, la troupe tentera de comprendre l’apparition d’une barbe à papa de 500 kg au beau milieu d’une centrale nucléaire… Pas de quoi perturber la singulière Véra, l’alien à qui Daphné Patakia prête sa délicatesse, sa fantaisie et sa poésie. L’actrice a gentiment accepté de se prêter au jeu (de mots) de l’interview extraterrestre de 20 Minutes.

Le succès de la saison 1 d'« Ovni(s) », c’est un phénomène inexplicable ?

J’ai été étonnée de l’impact de la série sur les gens et, surtout, du fait qu’elle ait touché toutes les générations et des personnes avec des profils très différents. Elle a parlé à tout le monde, pour des raisons diverses. Il y a un côté retour à l’enfance que l’on peut savourer, un humour très bienveillant, un mélange des genres qui va du fantastique au comique en passant par le burlesque, ainsi que toutes les références aux années 1970 que connaissent les personnes qui ont vécu à cette époque.

Au départ, qu’est-ce qui vous a plu chez Véra, ce personnage un peu lunaire ?

J’aime bien justement qu’elle soit décalée. Elle croit en tout, rien ne lui parait bizarre. Elle est très ouverte. Elle réussit à élucider les cas d’ovnis parce qu’elle est vraiment attentive aux gens. J’aime son écoute, sa bienveillance, sa façon de communiquer avec les autres, son envie de comprendre. On a l’impression que tous ses sens sont aiguisés constamment. Elle ne juge rien et comprend tout. J’apprécie son envie d’aller vers les autres et de les comprendre instinctivement. Elle est dotée d’une immense empathie, ça me touche. Son rapport à l’enfance me touche aussi beaucoup.

Selon vous, qu’est-ce qui fait d’« Ovni(s) » une entité un peu à part dans le PAF ?

Les auteurs ont écrit Ovni(s) avec des références de sitcoms. Je le sens notamment quand on tourne les scènes au Gepan. Et en même temps, l’intrigue est très complexe, ce qui n’est pas le cas dans les sitcoms. Il y a aussi plein de références à la SF, de Rencontre du 3e type à E.T. en passant par X-Files. Même si on ne suit pas l’intrigue, on peut prendre du plaisir grâce à la comédie, aux musiques de Thylacine ou aux clins d’œil d’Antony Cordier [le réalisateur] au cinéma des années 1970. C’est ce mélange qui en fait une série fantastique.

A quel moment se sent-on le plus extraterrestre : quand on tourne avec un flamant rose ou un cochon ?

Avec le flamant rose, c’était beaucoup plus dur, même si le cochon hurlait souvent ! C’était très compliqué pour l’ingénieur du son. Je ne suis pas douée avec les animaux et cette expérience de tournage avec eux a révélé quelque chose. Je me suis beaucoup attachée au premier petit cochon, mais comme il prenait un kilo par jour, on a dû changer pour un second, tout aussi attachant. Les flamants roses sont plus indépendants, il est plus difficile de créer un lien avec eux.

Cela vous aurait plu de travailler au Gepan comme votre personnage ?

Je pense que oui, je trouve cela super intéressant. Je me suis un peu plongée dans cet univers-là pour la préparation de la série. L’espace est un domaine fascinant. Le métier de Véra, sorte de standardiste du Gepan qui essaye de comprendre les gens et d’aller au-delà du rationnel, est génial. Même s’il n’y a pas d’explication rationnelle sur les ovnis, elle va dans quelque chose qui relève presque de la quête existentielle. C’est très profond même si cela n’en a pas forcément l’air de prime abord. Il y a une vraie vulnérabilité chez ces gens qui appellent le Gepan à l’aide.

Concernant les vies extraterrestres, vous êtes plus « ils existent » ou « méthode scientifique » ?

J’aime bien me dire qu’il y a une possibilité de vie extraterrestre. Pas forcément sous la forme de petits bonshommes verts. Qu’une autre forme de vie existe, je me dis pourquoi pas. Cela me paraît très égocentrique de se dire que nous sommes les seuls dans l’univers et cela pourrait me foutre la trouille. L’idée de fantasmer là-dessus me va bien. Après, je suis cartésienne.

Si, comme la Nasa, vous aviez la possibilité d’envoyer un « Golden Record », un disque contenant des sons et des images de la Terre, aux confins du système solaire, que mettriez-vous dessus ?

C’est un choix difficile ! Je suis plutôt d’accord avec la liste de ce qui a été mis sur les Golden Records. Personnellement, j’ajouterai le roman L’attrape-cœur de J. D. Salinger, mais je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce que c’est un antihéros qui représente bien la complexité humaine. Il est vraiment touchant, attachant mais, en même temps, tout en comprenant sa psychologie, on peut avoir des doutes sur son éthique.

Votre premier contact avec la comédie ?

Je faisais du théâtre avec mes parents. Tous les deux sont grecs. J’ai d’ailleurs fait toute mon éducation en grec dans une école grecque à Bruxelles (Belgique). Ils s’occupaient d’une troupe amateur qui avait une annexe pour les enfants. On montait des pièces de théâtre pour le jeune public. Les familles venaient et jouaient… On jouait avec nos parents et c’était très amusant. Ma première comédie, c’était L’Assemblée des femmes d’Aristophane. Sinon, j’adore aussi Friends. Juste pour dire que je suis fan de sitcoms, je connais certains épisodes presque par cœur.

Vous avez grandi en Belgique, fait vos armes en Grèce, et vous travaillez à Paris. En tant qu’actrice, que vous apportent ces cercles de culture ?

Sur la question de l’appartenance, je ne sais pas trop. En Belgique, je ne me sens pas vraiment Belge, en Grèce, oui, je suis plus Grecque… Mais en vrai, je crois que je me sens davantage Européenne.

A défaut de maîtriser le klingon, vous préférez tourner en français, en grec ou en espéranto, cette langue universelle qu’affectionne Véra ?

J’ai la chance de pouvoir parler trois langues, et j’espère pouvoir en apprendre d’autres, peut-être l’italien. Le fait de pouvoir travailler en Grèce, en France… c’est une chance. J’aime pouvoir passer la barrière de la langue. J’ai beaucoup voyagé et j’aimerais bien m’imprégner encore davantage d’autres cultures. Comme je ne comprends pas l’espéranto, j’ai découvert la liberté de n’avoir aucune attache avec les mots. Avec le grec, ma langue maternelle, j’ai beaucoup d’attaches, c’est du concret, chaque mot est comme une madeleine de Proust pour moi. Je n’ai pas ce lien avec le français. C’est drôle : lorsque j’apprends un texte en français, il y a souvent des mots que je ne connais pas, pour lesquels je n’ai aucune mémoire affective, donc il y a une grande liberté.

Au cinéma ou à la télé, quelles sont les étoiles qui vous inspirent ?

J’aurais tellement aimé connaître Gena Rowlands ! J’aime sa liberté. Elle n’a pas peur, elle y va à fond. Pendant le tournage d’Ovni(s), je craignais d’en faire trop alors je pensais à cette actrice qui, même si elle n’est pas dans un registre de comédie, n’a pas peur du ridicule. Du coup, elle ne l’est jamais et elle est juste très touchante. Ce serait mon modèle.

Quand on monte les marches à Cannes pour présenter un film de Paul Verhoeven (« Benedetta »), qu’on est pré-sélectionnée aux César, on a l’impression d’être une étoile ou on a peur d’être une comète ?

Je ne me pose pas ces questions-là parce qu’elles sont trop effrayantes et trop grandes. Je suis juste contente de faire partie de la galaxie cinématographique. J’essaye d’intégrer vos jeux de mots ! Je me rends compte tous les jours de la chance que j’ai d’avoir fait partie de ce monde-là – et j’espère continuer à en faire partie. Benedetta et Ovni(s) sont des choses si différentes, qui n’ont rien à voir… J’essaye de m’imprégner de ces univers à chaque fois. C’est d’une richesse incroyable.

Votre horizon futur ?

J’ai tourné un film de Léa Mysius, intitulé Les Cinq Diables, qui sortira cette année. C’est un film génial et j’ai adoré tourner avec Adèle Exarchopoulos. Je l’aimais déjà en tant qu’actrice et je l’ai trouvée d’une telle générosité… J’avais aussi adoré Ava, le long-métrage précédent de Léa Mysius. Nous sommes devenues très amies, proches et complices. Son univers me plaît beaucoup. Ce qu’elle écrit et les histoires qu’elle crée et la manière dont elle les tourne sont vraiment intéressantes. J’adorerais aussi retrouver Véra pour une saison 3 d’Ovni(s). On se connaît tellement bien avec les autres acteurs et toute l’équipe. On a passé huit mois sur les deux saisons ensemble. La confiance s’est installée donc on peut encore aller plus loin et oser pousser les limites. J’aimerais beaucoup ressembler à Véra dans son côté libre. Et comme les personnages qu’on joue déteignent un peu sur notre vie pendant le tournage… J’étais réellement heureuse pendant le tournage de cette saison !